janvier 2020

Je suis luthier

Né au pied du Jura, côté Bresse, Jean-Clément Grisard vit aujourd’hui à Paris, où il fabrique des violons.
Photo Yves Petit

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Parcours
Comme beaucoup de jeunes, je n’étais pas vraiment scolaire. J’ai suivi une formation de prothésiste dentaire qui m’a aidé à me rassurer car c’était manuel et valorisant. J’ai exercé pendant 5 ou 6 ans mais je ne me voyais pas faire ça jusqu’à la retraite. Comme j’aimais beaucoup la musique, j’ai commencé à m’intéresser à la fabrication d’instruments. J’ai rencontré un luthier qui m’a poussé dans cette voie. Finalement je suis entré dans son atelier à Grenoble et j’ai passé 3 ans à me former avec lui. On me disait qu’il n’y avait pas de débouchés, mais j’ai trouvé un job un peu par hasard à Paris, en discutant avec un luthier. Il venait de recevoir 4 commandes et comme il faut 3 mois pour faire un instrument, il avait besoin d’aide. Je suis resté 8 ans chez lui.

Formation
J’ai appris à travailler chez des artisans, mais il existe plusieurs écoles : Mirecourt en France, Cremone en Italie, Newark en Angleterre, Mittenwald en Allemagne. Il y en a également en Suisse, au Québec et probablement quelques autres à travers le monde que je ne connais pas.

Métier
Au départ, je voulais fabriquer des guitares mais en tant qu’artisan, c’est très difficile à vendre. Par rapport à la production industrielle, c’est même invivable tant la différence de prix est grande. Alors quand j’ai créé mon atelier, j’ai continué avec le violon. C’est l’instrument que l’on m’avait appris à façonner. Aujourd’hui, je ne regrette pas du tout d’avoir changé de voie.  Je fais un métier qui n’est pas menacé par les nouvelles technologies : je travaille de la même façon que les artisans d’il y a plusieurs siècles avec quasiment les mêmes outils. On ne parle pas d’obsolescence programmée. Quelqu’un qui achète un instrument à un bon luthier ne perd pas son argent.

Débouchés
Comme dans tous les métiers d'arts, "les bonnes places sont chères". Il s'agit clairement de viser l'excellence . Une bonne dizaine d'année (de travail est nécessaire pour celui qui souhaite monter sérieusement son atelier. En bref il s'agit d'être motivé, romantiques s'abstenir... Et puis il ya l'archeterie, un métier fabuleux où l'on travaille une multitude de matières telles que bois, nacres, métaux précieux, cuir, ivoire, corne...  Une micro niche dans le monde de la musique, un métier extrêmement minutieux et passionnant.

Qualités nécessaires
Il faut évidemment des aptitudes manuelles. Avoir une connaissance du bois et une sensibilité à cette matière, c’est mieux. On utilise différentes essences, notamment l’épicéa et l’érable, de différentes origines, de différentes épaisseurs, coupé de différentes façons. Il faut aussi avoir des qualités d’écoute. On peut ne pas être musicien, mais il faut pouvoir comprendre ce qu’un commanditaire raconte, ce qu’il attend de son instrument. Chaque musicien a ses propres attentes,veut un instrument sur mesure et pour y répondre, il faut une bonne oreille. Mais tout cela s’acquiert surtout par l’expérience, ce qui est le plus compliqué : on fait au maximum 6 instruments par an, le retour n’est pas rapide. Personnellement, j’ai dû travailler sur une centaine d’instruments dont une vingtaine à mon nom. Je pense qu’il faut 10 ans pour vraiment comprendre ce que l’on fait. Cela demande beaucoup de patience. On me demande souvent quel est le secret, mais il n’y en a pas, car il y a trop de paramètres et on n’a jamais le même matériau. Certains ont essayé de copier un Stradivarius à l’identique, sans obtenir la même sonorité… Le seul secret, c’est l’expérience.

Recueilli par S.P.
Luthier
Artisan fabriquant des instruments de musique à cordes pincées ou frottées et munis d'un manche.

En savoir plus
atelier-grisard.fr
0664174836

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