avril 2014

Une allergie non traitée peut devenir sévère

Le terme générique allergie représente la 4e maladie mondiale selon l’OMS. Et encore : en France, près de la moitié des allergies respiratoires ne sont pas diagnostiquées et les patients attendent en moyenne 7 ans avant de consulter un spécialiste. Une situation sans doute due au côté bénin de la plupart des allergies. Mais elles ne le sont pas toujours. Le point avec le docteur Michèle Pipart, allergologue à Champagnole.
Dessin Chrisitan Maucler

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Notez-vous une augmentation des patients allergiques ?
Les allergies sont de plus en plus fréquentes, c’est indéniable. Mais il faut rappeler que l’allergie est un mécanisme de défense de l’organisme.  A la limite, tout le monde présente une allergie à un moment ou un autre de sa vie.

Comment explique-t-on l’évolution actuelle ?
L’environnement a complètement changé. La pollution, les particules fines modifient l’agressivité des pollens. On le voit car ils ne sont pas les mêmes en zone polluée et en zone non polluée. Dans le premier cas, ils vont être plus résistants aux défenses naturelles. Nos conditions de vie ont également changé : depuis le choc pétrolier, avec les économies d’énergie, on s’est complètement calfeutrés. On a des maisons excessivement isolées où l’air ne circule plus. Il est toujours à la même température et plus humide ce qui favorise les moisissures et les acariens.  Il y a de plus en plus d’animaux à l’intérieur des maisons. Eux aussi favorisent les allergies. Un hamster dans la chambre d’un enfant, c’est une aberration.

On parle d’une maladie, mais elle prend des formes diverses.
Oui. Les allergies peuvent être respiratoires (rhume des foins, rhinite, certaines formes d’asthme), alimentaires (chez les jeunes, c’est essentiellement liée à l’arachide), cutanées avec des réactions de contact à une matière, un parfum, un colorant. Comme c’est la grande mode des tatouages, il faut savoir que certains contiennent du PPD, colorant noir extrêmement agressif et allergisant. C’est en particulier le cas des tatouages temporaires. Enfin, il y a aussi les allergies aux médicaments et aux venins. Toutes ces allergies se manifestent différemment : pour les respiratoires, c’est le nez qui coule, les éternuements, les yeux qui pleurent et piquent. Pour l’asthme, c’est une gêne respiratoire. Pour les cutanées, c’est de l’eczéma ou de l’urticaire voire un œdème.  Après une piqûre d’insecte, c’est un choc anaphylactique parfois très violent. Les conséquences des allergies sont multiples : du simple écoulement nasal à la mort.

Est-ce fréquent ?
Non, ce sont quelques cas extrêmes.  La majorité des allergies sont embêtantes, désagréables, mal supportées mais sans risque vital.  Les chocs anaphylactiques ou l’œdème de Quincke sont moins fréquents. Les patients à haut risque doivent avoir à portée une seringue d’adrénaline qu’ils doivent être capables de s’administrer.

Comment explique-t-on le faible nombre de diagnostics et de personnes traitées ?
Ces symptômes ne font pas obligatoirement penser à l’allergie. En général, la personne se rend chez son médecin traitant qui lui donne un traitement et tout rentre dans l’ordre jusqu’à la saison suivante ou à la reconduction des éléments qui ont favorisé l’allergie. Or une allergie, c’est un peu comme les règles d’unité de temps, de lieu et d’action du théâtre classique : c’est toujours dans les mêmes circonstances, au même moment, de la même façon.  Si l’on prend les allergies au pollen, elles auront lieu toujours à la même période mais de façon momentanée. Du coup, on a tendance à attendre que ça passe. Il n’y a qu’en cas d’aggravation des signes cliniques que l’on se rend chez l’allergologue. Mais en général, l’allergie s’aggrave avec les années. En étant allergique, on est plus sensibilisé, le terrain est plus favorable.

Comment traite-t-on les allergies ?
D’abord par la prévention qui consiste à détecter l’allergène et l’éviter. Les tests allergologiques sont faciles à faire. Le diagnostic peut être rapide ce qui permet de savoir ce que l’on dit éviter ou supprimer.  C’est plus ou moins facile en fonction des cas. Quand il y a des allergies liées au milieu professionnel, ce n’est pas toujours évident. Il existe également des traitements médicamenteux.  Enfin, il y a la désensibilisation qui consiste à accoutumer l’organisme à l’allergène pour l’amener à une tolérance. Mais cela n’est pas possible pour toutes les allergies : celles au latex, celles qui sont liées au lait ou aux arachides chez les enfants et les ados, posent par exemple problème.

Recueilli par Stéphane Paris
Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Pass'sport forme


décembre 2018
Le Réseau de prévention et prise en charge de l'obésité pédiatrique a mis en place un Pass'sport forme destiné aux jeunes de 7 à 17 ans qui se trouvent en difficulté à cause de leur poids. Moyennant 30 euros, il leur permet de participer à des ateliers éducatifs sportifs hebdomadaires dans une vingtaine de villes du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. +infos 0381219002

#MoisSansTabac


octobre 2018
Sous ce hashtag, un défi collectif : proposer aux fumeurs d’arrêter pendant un mois (voire plus) avec le soutien de leurs proches. Pour cela, une campagne d’information a désormais pris ses habitudes en novembre. Elle est accompagnée de nombreux outils : un kit d’aide à l’arrêt pour mettre toutes les chances de son côté, une appli e-coaching qui sert aussi de rappel quotidien, un numéro de téléphone permettant de joindre des tabacologues du lundi au samedi de 8 h à 20 h (38 89) et des comptes facebook et twitter sur lesquels sont partagés les astuces et conseils des participants. En savoir plus.

Tabac


mai 2018
Pour continuer à lutter contre le tabagisme, le gouvernement vient de décider que deux traitements de substitution nicotinique sont désormais remboursables : des « gommes à mâcher »  depuis le 22 mars 2018 et des « patchs » depuis le 16 mai 2018. Cette prise en charge permet à tous les patients l’accès à ces traitements de substitution,  supprime l’avance de frais, tout en permettant une durée de traitement adaptée à la dépendance.

Drogues


octobre 2017
En France, l'alcool est de loin la plus répandue des substances psychoactives (47 millions d'expérimentateurs, 43 millions d'usagers dans l'année, 9 millions d'usagers réguliers, 5 millions d'usagers quotidiens) devant le tabac (38 milions d'expérimentateurs, 17 millions d'usagers dans l'année, 14 millions d'usagers quotidiens) et le cannabis (17 millions d'expérimentateurs, 1,4 million d'usagers réguliers, 700 000 usagers quotidiens). Cocaïne : 2,2 millions d'expérimentateurs dont 450 000 usagers dans l'année. MDMA/ecstasy : 1,7 million d'expérimentateurs dont 400 000 usagers dans l'année. Héroïne : 600 000 expérimentateurs. Source : observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Pass santé jeunes


décembre 2016
Le pass santé jeunes est un site régional qui permet aux 8-18 ans de trouver conseils, astuces, ressources, adresses utiles. Plusieurs espaces donnent des réponses adaptées à chacun en fonction de son âge, de ses interrogations, expériences et inquiétudes. Des quizzes et des jeux sont l'occasion de tester ses connaissances sur tous les sujets : Internet, cannabis, audition, alcool, sexualité, sécurité routière, mal-être... Site, facebook 
Voir tout