janvier 2020

En maraude avec les barbus bourguignons

Depuis deux ans, chaque premier samedi du mois, l’association Burgundians Beard Club (le club des barbus bourguignons) intervient dans les rues de Dijon. L’objectif est d’apporter un soutien matériel aux sans domicile fixe mais également de créer du lien social auprès de ces personnes isolées.
Photo Matthieu Fort
En maraude avec les barbus bourguignons

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Le rendez-vous est donné place Grangier à 19 heures. Petit à petit, une vingtaine de bénévoles se rassemblent. Certains sont habitués, d’autres viennent pour la première fois, pour donner un coup de main. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas que des barbus. Ce soir-là, les filles sont même majoritaires, « mais tout le monde a une barbe à l’intérieur » plaisante Laurent, un des membres de l’association en se touchant le cœur. 
En attendant l’arrivée de la soupe, il précise le déroulement de la maraude. Deux équipes vont être créées. L’une restera sur place, l’autre ira à la rencontre des sans-abri à travers les rues dijonnaises. Après quelques minutes, une voiture se gare. Le potage est là. Il a été conçu par le restaurant Les Bistrottines à partir de légumes bios fournis par des partenaires maraîchers. « Ce n’est pas parce qu’ils sont dans la rue qu’on va leur donner n’importe quoi » explique Maxime. Dans tous les cas, la nourriture distribuée doit respecter certaines normes d’hygiène. Les bénévoles ne pourraient pas amener des plats confectionnés chez eux par exemple.
Un par un, des SDF commencent à arriver. Certains ont pu être alertés au préalable. Quand c’est possible, l’association récolte les numéros de portable pour pouvoir anticiper des besoins particuliers et prévenir de sa venue. Après avoir bu un bol de soupe ou mangé un sandwich, les conversations s’engagent. « On n’est pas là pour faire l’aumône, atteste Maxime, mais aussi pour discuter avec eux ».
Nous nous retrouvons à parler avec Didier, un passionné de photos, qui nous a alpagué lorsqu’il a vu notre appareil. Il nous parle technique, diaphragme, ouverture, profondeur de champ, il évoque sa passion pour les photos de montagne et notamment les fleurs sauvages qu’on peut y trouver. Il ponctue chacune de ses explications par « enfin, tout ça c’était avant mes problèmes ». Sans en dire plus. Nous nous gardons de lui demander. En préambule, Laurent avait expliqué « ne leur parlez pas directement de leurs problèmes. S’ils en ont envie, ils le feront d’eux-mêmes. Mais en général, ils préfèrent parler d’autres choses. »
Certains sont pudiques et préfèrent rester à l’écart. Les barbus (ou barbettes) vont à leur rencontre pour leur apporter un bol de soupe. Les retours sont positifs. « Vous êtes formidables ! s’exclame un des sans-abri. Votre soupe est top, je suis bidonné » poursuit-il en se frottant le ventre. Un peu avant 21 heures, l’équipe partie en expédition revient. Il leur reste pas mal de sandwichs dans les bras, ils n’ont rencontré que deux personnes. Mais rien ne sera perdu. L’association est en lien avec le foyer d’accueil d’urgence Sadi-Carnot, à qui elle redonne tout ce qui n’a pas été distribué. Au total, ce soir-là, c’est une dizaine de personnes qui auront pu obtenir un peu de réconfort. Un réconfort bienvenu en plein hiver, où le thermomètre affichait 0°C, dont chacun a pu mesurer les effets après quelques heures passées dehors. « J’ai froid, lâche une des bénévoles avant de se reprendre, gênée, enfin c’est un peu mal venu de me plaindre. »

Matthieu Fort
En savoir plus
Burgundians Beard Club
20 rue Charles le téméraire
21000 Dijon
facebook

Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

SNU


février 2020
Le Service national universel s’adresse à tous les jeunes de 15 à 17 ans et s’articule en trois étapes : un séjour de cohésion de deux semaines puis une mission d’intérêt général de 12 jours ou au minimum 84 heures et la possibilité d'un engagement de trois mois minimum. 2000 jeunes l'ont expérimenté l'an dernier. Ceux qui aimeraient suivre leurs traces peuvent s'inscrire jusqu'à la fin du mois de mars sur snu.gouv.fr.

Stéréotypes stéréomeufs


janvier 2020
Adosen lance son 3e concours de scénarios pour lutter contre les stéréotypes de genre. Il est ouvert jusqu'au 7 février aux jeunes de 10 à 19 ans, y compris dans le cadre scolaire. Infos.

Campus car


janvier 2020
Un site de covoiturage local imaginé par les étudiants de l'IUT de Belfort-Montbéliard. Opérationnel depuis 2015, il permet de proposer ou chercher un trajet : campus-car.fr

Solidarité


novembre 2019
Jusqu’au 31 mars les détenteurs de la carte Avantages jeunes sont invités à aider les plus démunis en faisant un don aux Restos du cœur (jeux, jouets, équipements pour bébé, vêtements enfant, soin du corps…). Chaque don sera accompagné de repas financés par le Crédit Mutuel et la Région Bourgogne Franche-Comté. Infos sur avantagesjeunes.com

Restos du coeur


novembre 2019
Jusqu'au 31 mars, la carte Avantages jeunes invite ses détenteurs à aider les plus démunis en faisant un don matériel aux Restos du coeur. Un double geste puisque ce don (jeu, jouet, equipement pour bébé, soin du corps, vêtement enfant) sera accompagné de repas financés par le Crédit Mutuel et la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Voir tout