novembre 2023

« Avant, les journées c'était l'enfer »

Atteinte d'une maladie neuro-évolutive, Marine Saugeon, fondatrice de l'association Make-it-Possible (1) parle des vertus apaisantes du CBD.

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Marine Saugeon est une battante. Il y a 17 ans, on lui diagnostiquait une maladie auto-immune et neuro-évolutive. Depuis, sa vie s'est transformée en combat quotidien. « Acheter une maison, avoir des enfants, trouver du travail : tout devient très compliqué quand on a une maladie de ce genre ». Il y a un an et demi, elle est licenciée pour inaptitude médicale. « Je travaillais pour une association qui défend les droits des personnes handicapées. Quand je suis arrivée, j'ai cru être enfin à ma place. Et puis à force d'heures supplémentaires, j'ai demandé un aménagement de poste qui m'a été refusé. Je me suis fait licencier pour inaptitude. » Ce type de discrimination ne fait malheureusement pas figure d'exception dans le parcours des personnes atteintes de handicap invisible. Propos injurieux, regards désapprobateurs, remarques déplacées... Une lutte qui s'ajoute à celle contre la maladie.

Faire face à la douleur

« Avant, les journées c'était l'enfer. Sur une échelle de 1 à 10, le matin je me réveillais avec des douleurs à 5 et ça ne faisait qu'augmenter au cours de la journée pour finir par atteindre 10 le soir. » Malgré un lourd traitement médicamenteux, les douleurs chroniques sont devenues insupportables. « Je pouvais aller jusqu'à 20 comprimés de codéine par jour et autant d'opiacées, sinon je ne tenais pas debout. C'est un cercle vicieux. On augmente la médication parce qu'on a mal et ça développe des douleurs par abus d'antalgiques. J'ai déjà fait des crises de manque et plusieurs sevrages médicamenteux.» Tout cela, la jeune femme l'a appris à ses dépens : « on m'a dit que mon rein ne fonctionnait plus à cause de la codéine ».
C'est lors d'un séjour à travers l'Europe en 2018 qu'elle décide de diminuer les médicaments et d’essayer le CBD. « Beaucoup de pays européens prônaient déjà le CBD avant que ça arrive en France. » L'effet a été quasiment immédiat : diminution des douleurs et de la nervosité, détente musculaire, amélioration du sommeil. Elle a même constaté une baisse de sa dépendance à la nicotine. « Il existe une solution non invasive, plus naturelle et sans effet secondaire ni accoutumance pour toutes les personnes qui souffrent de douleurs chroniques. » Marine Saugeon a pu bénéficier d'une AAC (autorisation d'accès compassionnelle) au Marinol, un cannabinoïde synthétique qui ne dispose pas d'autorisation de mise sur le marché en France, mais peut être prescrit dans le cadre de certaines maladies rares et invalidantes. (2) Au terme de son tour de l'Europe, la trentenaire se lance le défi de gravir le Mont Olympe. « Le premier jour j'ai essayé avec la médication française, le lendemain matin j'avais mal partout, alors j'ai pris les gélules de Marinol. J'ai réussi à marcher 5 jours et à arriver au sommet grâce à ce traitement et au mental, qui est indispensable. » Comme l'aurait dit Mark Twain : elle ne savait pas que c'était impossible, alors elle l'a fait.

Sensibiliser la population autour du handicap invisible

Grâce à l'association Make-it-Possible (anciennement Sep & Go), créée il y a cinq ans, Marine Saugeon souhaite s'adresser à tout le monde. Elle se déplace en entreprise, dans les écoles, fait des conférences, écrit des articles et réalise des vidéos. « J'ai même fait des sensibilisations en maternelle. Avant 7 ans, les enfants n'ont pas de préjugés. » Son objectif : déconstruire les a priori autour des personnes en situation de handicap et informer les personnes malades de leurs droits. « Il faut continuer à se battre, même si parfois on a l'impression que ça ne sert à rien. Ma vie c'est un peu ça, chercher des solutions. » Et les rendre possible.

Lauriane Noel


Notes
(1) Association à but non lucratif destinée à sensibiliser le public à la SEP et aux MNE, afin de déconstruire les préjugés et les idées reçues liées au handicap invisible. Informer les patients de leurs droits en tant que personnes en situation de handicap. Prouver qu'il est possible d’adapter son mode vie à ses capacités et son handicap (emploi, activités physiques ou vie privée) en créant des guides pratiques.
make-it-possible.fr
facebook
linkedin

(2) ansm.sante.fr


Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Santé : « À chaque situation, son numéro »


janvier 2026
Après les fêtes, voici le froid et le verglas et leur lot de blessures : en période de forte tension sanitaire, les besoins de soins augmentent fortement. S'y ajoutent les vagues épidémiques (grippe, bronchiolite, Covid…), les fermetures temporaires de cabinets médicaux pendant les congés et les grèves du personnel médical. L'afflux de patients peuvent conduire à une saturation du Centre 15, qui gère les appels d’urgence pour le Doubs, le Jura, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort. Afin d’anticiper ces situations, le CHU de Besançon et l’Acoreli, association regroupant les médecins régulateurs libéraux, lancent une campagne d’information à destination du grand public : « À chaque situation, son numéro ». Résumé :
Le 15 doit être appelé sans hésiter dès lors qu’une situation paraît grave ou urgente : malaise, douleurs thoraciques, difficultés respiratoires, perte de connaissance, accident, symptômes soudains et inquiétants, etc. Chaque appel est traité par des professionnels de santé, assistant de régulation médicale puis médecin régulateur urgentiste, qui évaluent la situation et apportent la réponse la plus adaptée.
Lorsque la situation ne relève pas de l’urgence, il est important de privilégier d'autres circuits :
- contacter son médecin traitant.
- en cas d’indisponibilité, consulter le site sante.fr, qui permet d’identifier les lieux de soins et professionnels disponibles sur le territoire.
- enfin, si vous ne trouverez pas de médecin généraliste, appelez le 116 117, numéro de la permanence des soins, accessible la nuit en semaine de 20 h à 8 h, le samedi de 12 h à 20 h, le dimanche et les jours fériés de 8 h à 20 h. Un médecin régulateur libéral de l’Acoreli prendra en charge votre appel.
Le CHU rappelle qu'en adoptant les bons réflexes, chacun contribue à réduire la saturation des lignes d’urgence, garantir une réponse rapide aux patients en détresse, préserver l’efficacité du système de soins pour tous.

Numérique et dépendance


janvier 2026
L'addiction aux jeux vidéos est pour l'instant la seule reconnue comme maladie par l'Organisation mondiale de la santé. Les autres formes de dépendance au numérique, de l'attachement à l'objet au besoin de consultation et à l"usage intensif sont classés dans différentes catégories de troubles du comportement comme l'anxiété ou les comportements compulsifs. A noter que l'isolement social peut-être cause, conséquence et/ou symptôme de la dépendance au numérique. 

Alcools


octobre 2025
Le neurobiologiste Mickael Naassila vient de publier J'arrête de boire sans devenir chiant (éditions Solar, 18 euros). Son propos : à aucun moment l'alcool n'est bénéfique à la santé et toute consommation, même minime, comporte des risques. Les seuils de déclenchement de cancers sont par exemple assez bas. Sinon : risques cardiovasculaires, atteintes au foie, déficits congitifs, démence précoce, violence, accidents de la route. Et si chacun souhaite faire le point sur sa consommation : mydefi.life. Santé !

Centre garatuit d'information, de dépistage et de diagnostic du Doubs-Jura


octobre 2025
Cet organisme assure un accueil anonyme, confidentiel et gratuit pour le dépistage, la prévention, le traitement et le suivi des infections sexuellement transmissibles. Il propose également un service de vaccination (hépatite A et B, HPV), une évaluation des risques, la délivrance de contraception d'urgence et des conseils personnalisés en santé sexuelle. Accueils à Besançon (15 avenue Denfert Rochereau, 0381634450), Montbéliard (40 faubourg de Besançon, 0381993700); dole (CH, 73 avenue Léon Jouhaux, 0384798077), Lons (CH, 55 rue du Dr Jean Michel, 0384356206). Infos sur ahs-fc.fr.

Deuil périnatal


octobre 2025
Peu évoqué dans le débat public, le deuil périnatal concerne les pertes de grossesses précoces du premier trimestre (200 000 par an en France) et la mortalité périnatale (interruption médicale de grossesse, décès in utero, à la naissance ou au cours des 7 premiers jours de vie) touchant près de 7 000 femmes et couples chaque année. Ce drame conduit à un traumatisme qui varie selon le moment de la grossesse ou encore, selon l'expérience personnelle propre à chaque femme et chaque couple. D'après le CHU de Besançon, les grossesses arrêtées précocement (GAP) concernent 15 à 20 % des grossesses au premier trimestre. Un chiffre conséquent " mais une prise en charge morcelée et hétérogène, avec des parcours peu lisibles, des moyens limités et un accompagnement insuffisant, ce qui aggrave la souffrance des patientes et des couples" . Pour répondre à ces lacunes, le CHU a mis en place une nouvelle filière de soins novatrice dans notre région dédiée entièrement aux GAP pilotée par un médecin référent, visant à offrir un parcours structuré, coordonné, plus humain, alliant prise en charge médicale adaptée et soutien psychologique. Parmi les actions mises en oeuvre figurent des consultations post-GAP spécifiques, des parcours mieux identifiés, un protocole standardisé, des supports pédagogiques pour les patientes etr les fratries, la création d’une box ressource à disposition. Le CHU souhaite aménager une nouvelle pièce dédiée appelée « salon des anges » et la rendre propice au recueillement. Pour mener à bien cette initiative, le fonds Phisalix (fonds de dotation du CHU) est à la recherche de 10 000 €. Chacun peut y contribuer ici.
Voir tout