décembre 2021

Pôle nordique au plus haut niveau

En 20 ans, le centre national de ski nordique et de moyenne montagne est devenu un lieu unique d’expertise et d’entraînement. A Prémanon, les pieds dans la neige.
Photo Laurent Cheviet
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Maxence Grebil pratique le combiné nordique, Lucas Chaignard le saut à skis. Les deux lycéens de Victor Bérard (Morez), font partie du comité de ski du massif jurassien. A ce titre, ils bénéficient des équipements et de l’encadrement du centre national de ski nordique et de moyenne montagne, à Prémanon. Pour le moment, en ce jeudi matin, ils suivent les conseils de Nicolas Martin, qui les tient à bout de bras en posture de sauteur à skis. Un exercice à l’huile de coude !
Un peu plus loin dans la salle de musculation Maëla Didier est en séance de test sous les yeux de Nicolas Martin et d’Alex Villet. Mais là, la séance est suivie par ordinateur, avec enregistrement de sa performance. Le centre marie pragmatisme, expérience et nouvelles technologies pour proposer un outil performant en termes de préparation, d’entraînement, de suivi médical des athlètes. Les jeunes du comité de ski utilisent les mêmes outils que les athlètes des équipes de France qui viennent régulièrement au CNSNMM.
Dans la salle, on trouve un tapis roulant géant qui permet de modéliser des pistes avec pentes. Les sportifs l'utilisent pour des tests de performance à skis à roulettes ou à vélo. Les cyclistes peuvent pédaler à trois de front. « On a ce tapis depuis 2 ans ; il est unique en France assure Nicolas Michaud, directeur adjoint du centre. Il a la largeur nécessaire pour faire des tests d’effort à skis avec les mêmes gestes techniques qu’en compétition ».
Les jeunes sont là une dizaine d’heures par semaine. Maxime et Lucas bénéficient d’horaires aménagés par le lycée Bérard. Maëla, quant à elle, suit les cours de Sciences-po Grenoble à distance. Athlète en combiné nordique de 17 ans originaire des Vosges, elle a choisi de s'installer dans le haut Jura, séduite par le suivi et l'organisation proposés pour lui permettre d'associer sport et études..« Cela fait un an que je vis à Prémanon grâce à un partenariat entre le comité des Vosges et celui du Jura qui me permet de m'entraîner ici. Cela m'oblige à suivre les cours à distance et c’est sûr que je n’ai pas la même vie que les autres étudiants, mais je ne regrette pas. Le sport est très important pour moi et vu les moyens dont on dispose, ça me convient parfaitement ! »
« Pour les jeunes comme elles, on est attentif au double projet scolaire et sportif et on les accompagne au cas par cas pour les aider à trouver la filière de formation et la formule de scolarité sur mesure qui leur convienne au mieux » explique Mathilde Cretin, chargée de communication. Le service formations dont Christelle Grebot est responsable suit 80 personnes. Elle résume : « On veut des têtes bien faites, bien pleines, avec des muscles ! »

Un lieu de suivi de performance unique en France

L’encadrement sportif est lui aussi de choix puisque les jeunes évoluent avec les coaches du haut niveau. Sous l’égide du ministère chargé des Sports, le centre fait partie du réseau Grand Insep qui garantit l’aménagement et la qualité des sites d’entraînement et de formation des sportifs de haut niveau, ainsi que le respect d’une approche éthique de la performance. Une chose est sûre, si l’on veut devenir athlète de bon niveau dans l’une des disciplines du nordique, il est conseillé de passer par Prémanon. En termes d’atouts combinés pour la préparation et l’entraînement, le lieu est unique en France.
« On l’a construit pas à pas décrit Nicolas Michaud non sans fierté. Cela fait plus de 20 ans que l’on a commencé à créer des outils, faire des équipements. Les 3 chalets en hypoxie, réservés au haut niveau, ont été conçus en 1998 et autorisés en 2000. Ils peuvent accueillir 28 athlètes et les mettre en condition d’altitude comme s’ils étaient à 2000 ou 3000 m. On est les premiers à l’avoir fait, on est le lieu qui a l’expérience dans ce domaine ». La partie recherche et performance élaborée au fil du temps par Laurent Schmitt, coach des équipes de France de ski de fond, est aujourd’hui assurée par Jonas Forot. « Ce n’est pas une science exacte précise Nicolas Michaud. On a beaucoup d’expertise mais on continue d’avancer. Par exemple sur les tests permettant de mieux connaître l’état de fatigue d’un athlète et d’adapter l’entraînement en fonction de cela ». En matière de glisse, le centre est également en pointe grâce à une structureuse à commande numérique développée par Mickaël Monnin. Elle permet de modifier la structure et la semelle des skis en fonction de l’état de la neige. Un atout encore plus majeur pour les athlètes au moment de la polémique autour du fartage et de son ingrédient principal, le fluor, dangereux pour la santé et l’environnement. « C’est sûr que cela donne encore plus d’importance à notre méthode et au travail de recherche que l’on poursuit ici » estime Nicolas Michaud.

Se démarquer des marques

L’une des stratégies est de procéder au cas par cas en s’adaptant au plus près des besoins de chaque athlète. Meilleur exemple, Franck Badiou. L’ancien vice-champion olympique de tir à la carabine est responsable du développement tir pour le biathlon. Dans son atelier, il confectionne et modifie les armes avec chaque athlète. Idem pour les munitions : chaque membre de l’équipe de France à les siennes propres, adaptées à son canon. Derrière l’atelier, une ligne thermostatique permet de tester l’ensemble en modifiant la température. Même les combinaisons des sportifs sont fabriquées sur mesure par une couturière présente 70 jours par an. « On ne veut plus dépendre des marques. On travaille pour ne pas être comme les autres » explique Nicolas Michaud.
Le centre ne se contente pas de lauriers et ne cesse de s’améliorer. Le stade des Tuffes, qui appartient au centre, a été modernisé récemment. Le gymnase et la salle de muscu vont être revus prochainement. Une exigence dont la réputation a dépassé les disciplines de prédilection du centre. « On accueille des athlètes d’autres sports en stage. Guillaume Martin est venu préparer le Tour de France ici. Il y a eu aussi Charline Picon (planche à voile) et l’équipe de France d’aviron, entre autres ». Le centre est donc en partie responsable de 3 médailles aux Jeux d’été. Mais il n’a pas attendu 2021 pour convaincre. « On est au centre d’une entente sans faille entre la fédération française de ski, le ministère des Sports et la Région Bourgogne-Franche-Comté. Une nouvelle convention de 8 ans est en bonne voie d’être signée ».

Stéphane Paris
En photo
1 - De g. à Dr, Lucas, Maxime, Maëla attentifs aux recommandations des coaches.

2 - Nicolas Michaud dans l'atelier de la structureuse.

3 - Une salle de musucu bientôt agrandie.

En savoir +
cnsnmm.sports.gouv.fr

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