janvier 2016

Que retenir de la Cop 21 ?

En novembre dernier, 150 chefs d’Etats et plus de 1000 représentants étaient réunis pendant 15 jours à Paris pour sauver la planète du réchauffement climatique et de ses conséquences. Un accord a été signé, ce qui était un premier objectif pas si évident. Qu’implique-t-il ?
Dessin Christian Maucler

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Le texte a été adopté par 195 pays. Voici les principales décisions :
- Contenir le réchauffement climatique. L’empêcher est sans doute trop ambitieux. Les signataires espèrent le maintenir «nettement en dessous de 2 ° C». A savoir, 1,5 ° C de chaleur en plus d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle. Pour les observateurs, scientifiques et ONG, atteindre ce chiffre serait inespéré. Selon certains scientifiques, il  faudrait pour cela laisser 80 % des énergies fossiles qui sont encore à exploiter dans le sol, ce qui n’est pas vraiment la tendance. Rappelons qu’en l’état actuel de la situation, la planète se dirige droit sur un +3° C qui équivaut à une catastrophe écologique.
- Coupables désignés d’office, les gaz à effet de serre. Parvenir au point 1 suppose de lutter contre leur émission. Les signataires espèrent les plafonner rapidement et atteindre un équilibre entre propagation et absorption de CO2 (pour cela, compter essentiellement sur les plantes vertes. L’avenir de la planète est entre leurs feuilles). Ce ne sera pas avant 2050 dans l’hypothèse la plus optimiste. Bémol à l’accord, aucun objectif chiffré de réduction des émissions n’a été défini pour atteindre l’objectif de 1,5°. Un groupe d’experts intergouvernementaux doit proposer une évaluation en 2018
- Tout le monde doit s’y mettre, ce qui était plus ou moins l’idée des 20 Cop précédentes (car 21 ne signifie pas 21e siècle mais bien 21e Conférence des parties). Chaque pays devra élaborer son plan national, rendre compte des moyens mis en œuvre et des résultats. Le premier bilan doit être établi d’ici 2020. Après cette date, chacun est enjoint de faire de nouveau part de son bilan et ses engagements tous les 5 ans. Ces derniers devront être à chaque fois plus ambitieux que les précédents.
- Grande différence de la Cop 21 avec les précédentes : les pays eux-mêmes se sont décidés ensemble alors qu’auparavant, le texte était imposé par la Nations unies. Cela laisse espérer que des réfractaires comme la Chine ou les Etats-Unis seront plus enclins à respecter un accord qu’ils ont eux-mêmes contribuer à établir.
- Atteindre l’objectif fixé suppose énormément de dépenses, notamment pour aider les pays pauvres à s’orienter vers les énergies propres ou à éviter l’agriculture intensive, la surpêche, etc. ainsi qu’à lutter contre les conséquences du réchauffement. Le fonds verts de l’Onu financé par les pays développés dispose pour l’instant de 100 milliards d’euros par an à cette fin. Lui aussi est censé être revu à la hausse d’ici 2025. Parallèlement, le texte souhaite que soient favorisés la coopération, le transfert de technologies et le transfert des bonnes pratiques en matière de lutte contre le réchauffement. Education, formation et sensibilisation du public font partie des objectifs.
- Le texte de l’accord est applicable à partir de 2020, mais la Conférence des parties «décide  de faire en sorte que les efforts d’atténuation soient portés au plus haut niveau possible avant 2020».
- Parmi les principales critiques formulées à l’égard du texte, figurent l’absence d’instance de contrainte et de sanction, le manque de possibilité de contrôler les bilans nationaux, une date butoir de 2020 déjà trop lointaine et l’omission de mention des transports aériens et maritimes, pourtant de plus en plus propagateurs de gaz à effet de serre.
Lire le texte complet
unfccc.int/resource/docs/2015
/cop21


Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Et si on dessinait une Europe verte ?


janvier 2023
En partenariat avec Eurodesk, le CIDJ lance la seconde édition de concours de bandes dessinées « Je dessine mon Europe verte », un projet participatif qui a pour objectif de sensibiliser et faire dialoguer les jeunes autour des enjeux citoyens et environnementaux. Ce concours leur donne l’occasion de laisser libre cours à leur créativité et à leur engagement en réalisant 2 planches de BD pour bâtir une Europe verte. Format : histoire courte de deux planches format A4. Les créations représentant un seul dessin ne sont pas admises. Seules les bandes dessinées rédigées en langue française sont acceptées. Thèmes possibles : pollution atmosphérique, énergies renouvelables, l’agriculture ou l’alimentation, l’environnement et la santé, pêche, transports, tourisme, eau, tri et recyclage, économie circulaire. Lots : 1 week-end pour 2 personnes vers une destination au choix : Bruxelles, Anvers, Cologne, Amsterdam. Participation réservée aux 15 à 25 ans, avec accord parental pour les mineurs, avant le 19 mai 2023. Règlement.

Cigarette et impact écologique


octobre 2022
S'il fallait un argument supplémentaire pour arrêter de fumer, cette info : selon Génération sans tabac, la cigarette pollue plus que la viande rouge. Les effets environnementaux du tabagisme ne se limitent pas à la pollution générée par les mégots. La culture du tabac, par les ressources qu’elle exige, est une activité énergivore, bien plus importante que celle d’autres secteurs agroalimentaires, comme l’élevage. Selon une étude publiée en 2018 par l’Imperial College de Londres, la culture du tabac requiert 1300 mètres carrés pour faire pousser une tonne de tabac, la surface équivalente pour cultiver six tonnes de tomates. Il faut 670 mètres cubes d'eau pour une tonne de tabac ; autant que pour le riz, et cinq à huit fois plus pour une quantité équivalente de tomates ou de pommes de terre. Selon l’étude, chaque cigarette nécessite 3,7 litres d’eau, 3,5 grammes de pétrole et une empreinte carbone équivalente à une émission de 14g de CO2 dans l’atmosphère.
Un fumeur moyen consomme cinq fois plus d’eau et deux à dix fois plus de pétrole qu’un consommateur moyen de viande rouge. D'après Ecotree, les cigarettes fumées chaque année sont responsables de 0,2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, de 5% de la déforestation mondiale. L'industrie du tabac utilise autant d’énergie que la production de deux millions de voitures et émet presque 9 millions de tonnes de CO2.

Déchets/tri


octobre 2022
Que faire de ses déchets ? Où apporter les médicaments, emballages, pots de peinture, appareils, etc. qui ne servent plus ? L'Ademe a mis en ligne un module très pratique permettant d'obtenir la réponse en quelques secondes. C'est ici.

Pitch your project 2022


septembre 2022
Ce concours destiné à renforcer l’attractivité et de développement durable de la région Alpine est ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans de l’ensemble de l’espace alpin (Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Slovénie, Suisse) qui ont des idées ou des projets pour la région alpine. Il est possible de participer seul ou en groupe en soumettant son idée avant le 16 octobre sur l'un des quatre thèmes proposés :
- Comment faire pour que l'espace alpin reste un espace de vie attractif ?
- Renforcer les synergies intergénérationnelles dans l'espace alpin.
- Solutions pour s'adapter au changement climatique dans l'espace alpin.
- Énergie verte, efficacité énergétique et neutralité carbone dans la région alpine.
Comment se passe le concours ?
Troix prix de 2000 à 5000 euros permettront de développer 3 projets. Infos et formulaire de candidature ici.

Empreinte carbone


août 2022
Pour ceux qui sont préoccupés de leur empreinte carbone et se sentiraient concernés par le réchauffement climatique, l'association Avenir climatique a mis en place un simulateur en ligne. Il permet de connaître sa propre empreinte et donne des solutions pour la réduire. C'est ici.
Voir tout