Comment est né MV ?
Au début, Sabotage est un collectif créé en 2003 par Vincent Arbelet, Xavier Kaczmarczyk et moi. On avait chacun une spécialité, ça tournait autour de la photo, de la musique du DJ set de la création artistique. Au bout de 2 ou 3 ans, on s’est centré sur l’organisation de concerts, avec 2 dates par mois et le festival Kill Your Pop qui est devenu MV après 10 éditions.
Pourquoi ce changement ?
En 2014, on pensait pertinent de créer à plusieurs structures un événement collégial. Il était notamment question de fusionner avec Novosonic, en intégrant la Vapeur dans le projet, car les deux festivals étaient sur les mêmes esthétiques et les mêmes envies. Mais rapidement, l’Atheneum (NDR structure d’accueil de Novosonic) a fait évoluer Novosonic vers un tremplin régional. On s’est rendu compte également que le côté collégial ne marchait pas tant que ça. C’est mieux si une structure porte le projet. Ce qui ne nous empêche pas de continuer à travailler avec de nombreux partenaires comme la Vapeur, le Consortium Museum, l’Atheneum, Ici l’onde, les musées de Dijon, Un Singe en Hiver…
Pourquoi ce nom ?
Au départ, c’était Mu, mais quand on a appris qu’une autre structure utilisait ce nom, l’Atelier Tout va bien, qui nous accompagne depuis le début, avait déjà bien avancé sur le visuel. Pour aller au plus simple, on a changé le U en V. Ce qui tombait bien, puisque le festival associe Musiques actuelles et arts Visuels, pour mettre en avant le graf, la photo, le cinéma, le flash tattoo.
Le bilan des dernières éditions est-il bon ?
Notre fonctionnement, c’est de monter des partenariats avec des structures et des lieux, en restant sur des petites jauges de 50 à 250 personnes, donc le risque est limité. On a des tarifs gratuits, libres ou abordables. On a forcément une évolution faible et on accueille toujours le même nombre de personnes à 50 près. Et on est tout le temps quasi plein. Mais on définit plutôt notre succès par rapport aux prestations des artistes, aux retours du public, aux émotions.
Il y a beaucoup de festivals à Dijon, notamment à cette période. C’est plutôt une concurrence ou une émulation ?
La seule concurrence, c’est celle des dates. Mais on s’entend bien, on essaie toujours de ne pas programmer en même temps. Je viens déjà de recevoir les dates du festival Tribu 2027 pour qu’on s’entende sur le calendrier. Et on n’est pas non plus sur des esthétiques totalement semblables. On a tous une identité assez forte.
Comment s'élabore la programmation ?
C’est 50/50 entre des artistes que j’ai envie de programmer et ceux qu’on me propose. C’est avant tout une question de coups de coeur et de budget. Ce sont nos deux critères, qui impliquent que l’on aille vers des groupes « découvertes ». On essaie aussi de rester diversifié. Cette année, on aura du postpunk, de l’electro, du rap, de l’indie, de l’ambient, de l’avant-garde, du noise…
Peut-on annoncer quelques noms (NDR : la programmation n’était pas encore dévoilée au moment de l’entretien) ?
Pour donner 3 noms nationaux ou internationaux, DJ Startup, Roomer, LEO LA NUIT. Sur 15 artistes, on en aura 4 de la région : Alberville, King Cau, Poltergeist et Club Yaourt. Ces derniers viennent en préfestival le 15 octobre pour proposer un travail réalisé en atelier avec une classe du lycée Clos Maire à Beaune, autour de l’IA dans la vidéo.
Et pour les arts visuels ?
Il y aura, entre autres, Roca Balboa et Anna Wanda Gogusey, deux artistes de flash tattoo et d’illustrations qui font un travail graphique dans la presse et dans les livres pour enfants. Mais je précise qu’on essaie de trouver des propositions musicales qui insistent en même temps sur l’aspect visuel. On aura par exemple Gaiko, DJ qui associe musique et création visuel et dont le show s’appelle justement A/V live.
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