juillet 2026

Les derniers feux de la Paille

Aurélien Bouveret fait partie des fondateurs du festival du haut Doubs. Retour sur un quart de siècle de concerts et de fêtes, avant l’ultime édition des 24 et 25 juillet prochains.
Photo Pti Loui
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Vous l’avez annoncé tôt, ce sera la dernière édition. Peux-tu rappeler les raisons ?
L’an dernier, on perd de l’argent sur le 3e jour. Ça fait plusieurs années qu’on voit une évolution pas très encourageante alors on préfère arrêter pendant qu’on est encore dans les clous et finir proprement. Mais c’est un problème général en France : même si on fait du monde, les festivals généralistes de moyenne jauge ne fonctionnent plus. L’équilibre entrées/sorties ne se fait plus. La billetterie représente 55 % des entrées. Sur le reste, comme la restauration, la buvette, le public a tendance à économiser. Ce qui marche encore, c’est les festivals à public ciblé, type Hellfest ou les grands festivals. Nous, nous ne pouvons pas aller sur les grosses têtes d’affiche. Entre le cachet et les contraintes techniques, c’est trop cher. Il faut y ajouter toutes les contraintes de sécurité. Depuis la Covid puis les JO, c’est en forte hausse. Mais on réfléchit depuis 1 an et demi et on anticipe plutôt que de subir. Ce n’est pas anodin, car c’est un festival qui était attendu et surtout il y a l’aspect humain, avec 2 emplois à temps plein, des prestataires, des intermittents, des effets sur l’économie locale.

Rétrospectivement, pensiez-vous arriver à cette notoriété quand l’idée a été lancée, autour d’un barbecue paraît-il ?
25 ans, c’est énorme ! On a créé une histoire, une dynamique qui a marqué des générations. On a des histoires marquantes, des couples, des enfants de bénévoles...J’espère qu’on va laisser une belle image de quelque chose de beau, de généreux, de festif.

Avec une dernière qui s’annonce bien…
On a voulu rester sur ce qui a fait notre succès : des têtes d’affiche grand public qui peuvent se voir en famille, des vrais artistes de scène qui privilégient le côté spectaculaire, une scène locale de très grande qualité, des découvertes. Il y a des artistes qui sont déjà venus. Ça donne un côté fête de famille, grand banquet comme à la fin d’Astérix !

Des bons souvenirs artistiques ?
Il y en a beaucoup. A titre personnel, Stupeflip ou Uncommonmenfromars. Il y a des artistes qu’on a fait venir et qui ont explosé après : Feu Chatterton!, les Fatals Picards, Jain, Clara Luciani… On a reçu IAM, Joey Starr, c’était épique. S’il fallait retenir un concert qui m’a marqué, c’est Mass Hysteria, avec Jain et Joey Starr qui les ont rejoints sur scène. Il y a eu aussi La Rue Ketanou sur le site de Chaffois où on a fait les premières éditions. Bon, c’était énorme, mais aussi un peu n’importe quoi… Hors artistes, il y a aussi les liens qui se sont créés. Quand on se retrouve avec tous les bénévoles à 4 h du matin pour une fondue improvisée, c’est mémorable. Il y a aussi des éléments sur lesquels on a été précurseurs comme les gobelets réutilisables, les jetons cashless. On a bossé avec les assoces locales du sport, de l’insertion, du handicap, ce qui n’était pas évident à la base.

Et les mauvais souvenirs ?
La période Covid bien sûr, ce n’était pas évident. C’est à partir de là que ça a commencé à être difficile. Avant, depuis 2016, on était complet et ensuite, on n’a jamais réussi à retrouver cette dynamique. Il y a eu aussi un ou deux concerts compliqués. Et parfois des atmosphères électriques. C’est plus une sensation, l’impression que c’est chaud et qu’il peut se passer quelque chose… Dans ces cas-là, on se serre les coudes. Cela dit, on n’a jamais eu d’accident.

Y aura-t-il une suite ?
On a envie que l’association continue en essayant de voir autre chose. On a des idées, mais rien de définitif. Peut-être qu’on fera une pause. Mais il y a une certaine fatigue qui s’installe et notamment des procédures administratives qui deviennent lourdes, une forme d’usure. On aimerait revenir aux fondamentaux : s’amuser et faire en sorte que les gens passent du bon temps. Mais pour l’instant, on est surtout focalisés sur la dernière édition. On veut finir en beauté. Il y aura quelques surprises… Rien d’extravagant, parce qu’on sait qui on est et qu’on garde l’esprit de l’accueil simple du haut Doubs.

Recueilli par S.P.
La Paille 2026
Le 24 juillet : Luiza, Boulevard des Airs, Biga*Ranx, L’Entourloop, Poligone, Alexandrie, Copycat, Shao x Cinza, Follo.
Le 25 juillet : Miki, Youssoupha, Kyo, Skip the Use, Damantra, Fallen Lillies, Les Wampas, Dead Chic, THK.

festivalpaille.fr

Skip the Use
Le groupe pop rock vient à la Paille muni d’un septième album encore très . Pop rock au sens large, le groupe ne s’étant jamais limité dans ses inspirations. Et là encore, il n’hésite pas à ajouter des ingrédients punk, reggae sur Anxiety, hip-hop (Shayne en featuring sur Bull), electro, dance (We are good), tandis que Second love lorgne du côté des eighties et Good old days des nineties. Bref, un cocktail très énergique, de meilleur augure pour secouer la scène. Key track, First love résume bien la situation.
skiptheuse.fr

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