En mars,
Pixel bisontin a organisé Pixel Art avec le Musée des beaux-arts et d’archéologie.
« C’était la 5e édition, on a eu 1400 visiteurs » annonce Simao Sanchez, l’un des membres de l’association. Au programme : jeux vidéo dans le musée, let’s play commentés par des archéologues, visites guidées thématiques, ateliers créatifs, conférences jouées, rencontres avec des créateurs de jeux, conférences et concerts de musique de jeux vidéo.
« Il y a un rapport entre les jeux vidéo et le monde de l’art » assure-t-il.
S’ils sont près à débattre du jeu vidéo en tant qu’art, les membres de Pixel bisontin ont leur petite idée sur la question.
« Pour nous, c’est plus qu’un divertissement. Il y a des jeux qui sont de véritables œuvres, qui parlent de sujets graves, qui ont une esthétique forte. Ils ont une vocation artistique sur laquelle travaillent des scénaristes, des graphistes, des metteurs en scène, des musiciens. » Simao Sanchez évoque aussi des musées qui ouvrent, des chercheurs qui s’intéressent au sujet.
« Ça me fait penser au début du cinéma. On a détruit des bobines qu’on regrette aujourd’hui de ne pas retrouver. Aujourd’hui, on ne peut plus jouer à la première version de Fortnite, détaille-t-il.
Tous les jeux ont ligne peuvent disparaître car c’est au bon vouloir des éditeurs de garder les données. Ils peuvent fermer le serveur ou le mettre à jour. Certains fans de World of Warcraft ont réussi à reprogrammer la version initiale et finalement l’éditeur a relancé sa version, mais en changeant des choses, donc ce n’est pas vraiment la première version. Le côté historique disparaît ».
Pour le conserver, les membres de l’association font de la récupération et tentent d’entretenir la matériel.
« On préserve ce qu’on peut. Ce n’est pas évident car les matériels électroniques évoluent, les supports comme les les lecteurs de disquette ou les modes de connexion disparaissent, les cartouches de jeu s’effacent. »
Nostalgie et consoles rares
Ces thèmes ne sont pas nouveaux. Présidée par Morgane Branger et Charlotte Couchoud, l'association Pixel Bisontin a déjà 14 ans d’existence. Ils sont aujourd’hui une quinzaine à faire vivre l’amour du jeu vidéo ancien.
« A l’origine, j’avais plein de jeux vidéo dans des placards et je trouvais dommage de ne plus les utiliser. J’ai eu envie de faire découvrir d’anciens jeux, d’anciennes consoles ». A partir de quand, un jeu devient-il rétro ? Ce n’est pas évident car l’origine est elle-même floue. Le premier jeu serait Tennis for Two créé sur un oscilloscope en 1958, la première console, Magnavox Odyssey commercialisée en 1972.
« Les consoles ont une durée de vie d’environ 10 ans. Une première définition situe comme retrogaming ce qui n’est plus vendu en magasin. Mais une autre le définit comme ce que les gens ont vécu jeune, donc ce n’est pas possible de faire une délimitation nette. » Simao Sanchez situe cependant le début de cette nostalgie au début des années 2010.
« Le matériel que l’on présente intéresse d’abord les gens qui ont déjà joué. Beaucoup d’adultes sont contents quand de vieux jeux ressortent. Le retro qui marche en ce moment, c’est Pokemon. Mais il y a retrogaming et très retrogaming. Quand on montre de très anciennes consoles, ça interpelle beaucoup moins. »
Lors d’événements auxquels Pixel bisontin participe, le stand avec d’anciennes consoles et d’anciens jeux attire par curiosité ou par intérêt.
« On fait pas mal de fêtes de village relate Simao. Le jeu crée du lien. Les gens ne se connaissent pas, font une partie de Mario Kart, se découvrent ; à l’inverse du jeu vidéo en ligne et son côté isolement, même si on peut aussi se faire des amis en ligne ».
La préoccupation patrimoniale s’ajoute au problème écologique initial lié à des constituants en métaux rares et d’aures difficiles à recycler.
« Il vaut mieux garder que jeter. D’autant que le retrogaming apporte un nouvel argument : certains supports commencent à valoir cher. J’ai une console rare que je ne sors plus par peur de l’abîmer ».
S.P.
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