Pour Vivien De Abreu, l’approche de l’esport est semblable à celle du sport traditionnel. Qu’il accompagne les U17 du FC Sochaux-Montbéliard ou les gamers d’Omit EU, sa préoccupation est de les aider à acquérir un mental solide pour optimiser leurs performances en compétition.
« Le contexte change, mais c’est également le cas entre secteurs sportifs. J’utilise les mêmes outils supports. Je pars de la personne et du terrain, de son ressenti, de ses questionnements. S’il y a des problèmes de communication, de gestion des émotions, de concentration, cela perturbe la performance dans les deux cas. Et dans les deux cas, je fais attention à ne pas marcher sur les plates-bandes de l’entraîneur, du préparateur physique ou du kiné quand il s’agit d’une blessure qu’il faut aider à surmonter ».
Originaire de Belfort, il a créé
VDA Coaching en 2018. Il vit de cette activité de coach ou préparateur mental depuis 1 an et demi.
« L’activité grandit à son rythme, principalement par bouche à oreille ». Aujourd’hui, il s’occupe à 80 % de sportifs, 10 % d’esportifs, 10 % étant consacrés aux particuliers et aux interventions en entreprise.
« Pour moi, le jeu vidéo, c’était un loisir récréatif que je pratiquais de manière basique depuis gamin. Un jour, j’ai vu passer une info de joueurs qui faisaient un bootcamp pour se préparer. J’ai pris contact au culot, je leur ai dit ce que je faisais et c’est parti comme ça ! »
Son coeur d’activité vient d’une passion pour le sport. Il écrit sur son site :
« Depuis mes 5 ans je suis passionné de sport en général et plus particulièrement de football, que je pratique depuis cet âge. Je me suis aujourd'hui tourné vers la pratique du futsal. Cette pratique sportive associée à la prise en charge de l'entraînement de différentes catégories (moins de 6 ans au moins de 15, section sportive de collège, sélection départementale), m'a confirmé mon besoin de me tourner vers les problématiques mentales qui peuvent être des freins à l'épanouissement du sportif ».
Un métier d'écoute
Le second aspect du métier vient lui aussi de loin.
« Ça remonte à l’adolescence. J’aimais écouter mes proches, aider mes amis à régler leurs problèmes, mais sans vocation professionnelle particulière. Je voulais plutôt être footballeur et quand on me demandait, je disais que je voulais travailler dans le sport. J’ai entamé un cursus dans ce domaine, en me formant au métier d'entraîneur via une licence en entraînement sportif à l'UFR Staps de Besançon, en passant en parrallèle des diplômes fédéraux d'éducateur de football puis un brevet d'Etat 1er degré option football. J'ai ajouté un BPJEPS option sports collectifs. Pendant ce parcours, j’ai rencontré de nombreuses personnes dans l’encadrement du haut niveau, dont Alain Groslambert, préparateur mental de l’équipe de France de cyclisme aux JO de Pékin. Son métier cochait toutes les cases de ce que j’aimais ! »
La performance mentale ne s’adresse pas seulement aux sportifs de haut niveau. Il la définit comme
« réalisation humaine qu'elle soit sportive, professionnelle ou personnelle et individuelle ou de groupe. Le coaching s'adresse de manière générale aux personnes cherchant le "bien-être", l'équilibre interne de la personne. L'équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. » Pour acquérir les compétences nécessaires, il a complété son cursus avec un master en psychologie, contrôle moteur et performance sportive (à l’UFR Staps Paris Sud) et un diplôme universitaire de coaching et performance mentale (à l’UFR Staps de Dijon). Ils lui permettent d’aborder diverses problématiques telles que
« gestion du stress, fixation d'objectifs réalisables, gestion de l'estime de soi, gestion de l'énergie, communication au sein du collectif, vision partagée d'un collectif, concentration sur le moment présent... » Avec 9 ans d’expérience, il pense que la principale difficulté du métier est
« d’être patient, car tout ne va pas venir du premier coup ». Pour ceux qui aimeraient suivre sa voie, il conseille de passer des diplômes adéquats et de
« rencontrer des gens, à la fois dans le monde universitaire et côté clubs, pour construire un réseau le plus tôt possible ». Il faut surtout avoir une grande qualité d’écoute,
« savoir laisser l’autre s’exprimer, poser ses questions ».
S.P.
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