Parcours
Je voulais être menuisier ébéniste… Je voulais faire le « rebelle », parce que mon grand-père et mon père étaient ferronniers d’art. Mais finalement, j’ai suivi leur voie, et obtenu un BEP et un baccalauréat professionnel en ferronnerie d’art, aux Compagnons du devoir, à Dijon. Ce qui me plaît dans ce métier, c’est l’aspect historique, car je fais de la restauration de patrimoine. Quand je dois restaurer une grille par exemple, je dois d’abord l’expertiser, comprendre comment elle a été fabriquée… Mais le travail du métal offre plein d’autres possibilités : on peut exercer dans des usines, dans les microtechniques, dans le secteur de l’automobile… C’est très varié !
Concours MOF
J’ai toujours eu envie de me perfectionner. Durant mes premières années en entreprise, je me demandais à quel moment je pourrais être réellement considéré comme ferronnier d’art. À 28 ans, j’ai donc décidé de m’inscrire pour passer le concours des Meilleurs Ouvriers de France. Après les qualifications, j’ai été admis en finale. Durant plusieurs mois, je me suis préparé ; j’ai passé plus de 300 heures dans mon atelier personnel et les soirs dans mon entreprise, pour réaliser un prototype du sujet imposé : un siège d’apparat contemporain, en acier forgé. J’ai également constitué un dossier pour expliquer ma démarche. Le jour de la finale, j’avais 80 heures pour fabriquer en direct ce siège, devant un jury. Les résultats sont tombés un mois plus tard ; j’étais le seul lauréat de ma catégorie. Pour moi, le MOF est devenu une philosophie. Je dois respecter ce titre en étant toujours dans l’excellence, que ce soit pour fabriquer une pièce, que vis-à-vis des clients.
Deux entreprises
J’ai exercé dans plusieurs entreprises. Après le MOF, je suis devenu formateur au sein des centres de formation des apprentis de Dijon et d’Autun. Puis en 2017, je me suis associé avec l’un de mes apprentis pour créer l’entreprise
Brio Manufacture, qui propose des prestations haut de gamme aux particuliers, mais qui est surtout spécialisée dans la restauration du patrimoine de ferronnerie d’art. C’est un travail technique, chirurgical : il faut préserver l’ouvrage au maximum. En 2025, nous avons créé une deuxième entreprise,
Gelin Manufacture, qui réalise des escaliers, des portails, des fenêtres, plus accessibles aux particuliers. Je suis moins dans l’atelier aujourd'hui, mais j’aimerais y retourner.
Ses conseils
La ferronnerie d’art est un métier qui nécessite de réussir à projeter son projet dans l’espace. Il faut aussi être méthodique, savoir quel acier utiliser, déterminer les phases de la fabrication… De manière plus générale, je pense qu’il faut faire preuve de persévérance : ce n’est pas parce que l’on connaît un échec qu’il faut s’arrêter. Pour le concours MOF par exemple, je recommanderais de le tenter si vous en avez envie, et de le prendre comme une expérience en cas d’échec… et recommencer !
Recueilli par Camille Jourdan
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