Sur la droite, un bar. Au fond, une scène. La Péniche renferme cette atmosphère authentique, typique des petites salles de concert. Même sans musique, on est déjà dans l’ambiance, avec les graffitis qui décorent les murs. Contrairement à ce que son nom laisse penser, La Péniche ne flotte pas sur l’eau ; c’est sur l’ancien site des Abattoirs, sur les quais de Saône tout de même, que l’association Mosaïques a ouvert ce lieu, fin 1999. Depuis, les concerts s’enchaînent – une cinquantaine par an.
« Historiquement, c’est une salle très rock », confie Emilie Roux, chargée de la communication de l’association, qui emploie cinq salariés. Mais la programmation s’est largement diversifiée : musiques urbaines, electro, musiques du monde, dub…
« Je fonctionne pas mal à l’émotionnel, et en me mettant à la place du public », explique Adrien Guitton. Depuis 2018, c’est lui qui chine et déniche les musiciens et musiciennes qui monteront sur scène. Le programmateur est plein de ressources : tourneurs, boîtes de production, réseaux d’artistes…
« Je traîne aussi pas mal dans les bars, les concerts, les tiers-lieux, les festivals… », liste-t-il. C’est ainsi qu’il arrive à embarquer sur la Péniche non seulement des groupes locaux émergents, souvent programmés en première partie, mais aussi des têtes d’affiche. Parmi celles qui ont fait escale sur la petite scène chalonnaise : Lomepal, Jeff Mills, Johnnie Carwash…
« Certains ont un historique avec nous et reviennent régulièrement, comme le groupe Johnny Mafia », originaire de Sens, qui se produit désormais un peu partout en France.
Plus loin que les concerts
Plus qu’un site de concert, La Péniche est aussi un lieu de résidence.
« Nous accompagnons des artistes sur leur travail scénique, pour faire des enregistrements en studio, des captations vidéo, ou même des répétitions avant un concert », énumère Emilie Roux. L’association Mosaïques navigue également hors-les-murs, avec des projets menés auprès de jeunes publics notamment : ateliers d’écriture, formation de DJ, « lutherie sauvage » pour fabriquer des instruments avec des objets recyclés…
« Cette année, nous avons aussi un projet d’écriture dans un Ehpad, ou encore une formation de prise de son avec des jeunes de la mission locale », détaille Sophie Brandibas, chargée de l’éducation artistique et culturelle. C’est également elle qui gère le bénévolat : une soixantaine de personnes, précieuses pour le bon déroulement des concerts. Côté technique, ce sont deux « permittents » ou intermittents permanents – qui gèrent le son et la lumière.
Garder des tarifs accessibles
À bord de La Péniche, pour attirer un large public, l’association tient à garder des prix accessibles : en moyenne entre 10 et 12 euros le concert, mais énormément de tarifs préférentiels pour les étudiants, les détenteurs de la carte Avantages Jeunes, le Pass culture… Pour se maintenir à flots, l’association peut pour l’instant compter sur la Ville de Chalon-sur-Saône, propriétaire des locaux et soutien historique.
« Nous recevons aussi des aides du Grand Chalon, du Conseil départemental, de la Drac, de la Région, du CNM et de la Sacem », note Emilie Roux, qui souligne toutefois l’
« inquiétude » qui traverse l’équipe face aux coupes budgétaires subies par la culture. Heureusement, le phare de La Péniche ne semble pas prêt de s’éteindre ; aux Abattoirs, la musique continue de vibrer presque tous les week-ends de l’année !
Camille Jourdan
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