Tisseuse, raconte l'histoire de la jeune Ethel, qui vit dans une vallée où l'on peut envoyer des lettres à son propre passé pour corriger ses erreurs. Après un incident tragique, elle brise la règle d'or des Gardiennes, celles qui recueillent les souhaits. Propulsée dans un univers décalé de sept ans, elle infiltre les Tisseurs, qui manipulent le destin. Léna Canaud revient sur ce qui l'a inspirée.
Quels sont les origines de cette bande dessinée ?
Tisseuse est un projet qui est né en 2015. Après avoir abandonné l’idée d’un roman, j’en ai fait une BD. J’ai commencé à dessiner quelques planches dès 2020, que je partageais sur Instagram. Ensuite, j’ai rencontré mon éditrice chez Ankama Editions, qui m’a aidée à penser au projet comme un livre fini. Dans cette BD, on retrouve un peu de Makoto Shinkai, le réalisateur de Your Name.
Quelles sont vos inspirations ?
Your name m’a beaucoup marquée. J’ai aimé le côté entier de l'histoire d'amour et ses personnages engagés. Je me suis aussi inspirée du travail de Tilly Walden, une autrice américaine. J’aime sa gestion des couleurs, avec des camaïeux et des contrastes. Ça m'a aidée à donner une identité graphique à Tisseuse.
Quelle a été votre réflexion derrière le choix des couleurs ?
Le monde bleu devait suggérer un univers un peu rêvé, nostalgique, assez froid, rappelant l'enfance qui s'éloigne. Et le monde sépia, un peu rosé, est ancré dans le passé. Je voulais ajouter un côté automnal, réconfortant. C'était un vrai enjeu pour moi de les différencier, pour que le lecteur se repère bien.
Comment avez-vous imaginé le personnage principal, Ethel ?
Ethel est un personnage qui vit un récit initiatique avant tout. Elle a une vision idéalisée des Tisseurs. Elle apporte donc sa touche personnelle et invente sa propre façon de faire. Je l’ai imaginée pleine de volonté, entière et honnête.
Quel est votre rapport au fantastique ?
C'est le genre que je préfère. On l’associe parfois à l'œuvre de Maupassant, avec un côté inquiétant. Mais je préfère le fantastique qui suit la définition d’“un élément extraordinaire dans un paysage ordinaire”. Je n’ai pas construit un univers très différent du nôtre, pour me concentrer sur les personnages et leurs sentiments. J'avais envie que les lecteurs puissent s'identifier.
Quelle est la philosophie qui se cache dans Tisseuse ?
J’ai construit l’histoire autour de cette question : est-ce que les personnes qu’on n’a jamais croisées nous manquent ? C'est quelque chose d'extrêmement tangible, et j’aime cette tension entre le réel et l'imaginaire.
Quels paysages vous ont inspiré pour les scènes en extérieur, nombreuses ?
Il y a un grand mélange de tous les endroits où j'ai vécu. Il y a un peu d'Amsterdam, de Grenoble, de Lyon, de l'Ouest de la France. Mais il y aussi, et d’ailleurs dans une scène clé, le Jura et ses paysages magnifiques !
Recueilli par Sophie Jacquier
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