mars 2010

La télé ne laisse pas le temps de penser

Pour transmettre cette idée à travers conférences et ateliers, Joris Guilbert a obtenu un Défi-jeunes il y a 4 ans. Résumé.
Photo Yves Petit

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Pas évident de prendre du recul lorsqu'on naît dans un monde d'écrans et d'images. C'est pourtant ce qu'a fait Joris Guibert, aujourd'hui âgé de 33 ans, lorsqu'il a sollicité et obtenu une aide de Jeunesses et Sports par l'intermédiaire du dispositif Envie d'agir il y  4 ans : passionné d'images, de cinéma, de vidéo, ce jeune jurassien a associé sa pratique à la réflexion, notamment lors de ses études de cinéma à Lyon II. Plutôt original, son projet a reçu l'approbation de Jeunesse et Sports : il s'agissait de développer des ateliers et des conférences pour adolescents et adultes. “Mon idée était de faire réfléchir à la consommation d'images que l'on a aujourd'hui dans la société, notamment par la télé. Sachant que la moyenne est de plus de 3 h par jour, on arrive à 24 h par semaine. Si bien qu'en arrivant à 80 ans, on aura passé 7 à 10 ans de sa vie devant la télé. Je sais ce que c'est, je suis de la génération télé et je sais ce que signifie passer son après-midi devant !”.
A Lyon, il découvre l'analyse filmique et le décryptage d'images et se passionne pour le sujet. “Aujourd'hui, le langage de l'image est aussi important que le français mais on ne l'apprend pas à l'école. 50 % des enfants ont une télé dans leur chambre, on consomme et on fabrique des images mais on ne maîtrise pas leurs codes, leur grammaire, leur syntaxe. C'est aussi un facteur d'individualisation et de socialisation, il suffit d'observer comment on parle de la télé, des pubs, des marques dans les cours de récréation. Mais comme on ne sait pas décoder ce qui nous est proposé, on est manipulé”. 
Parmi ses chevaux de bataille : éviter de confondre télé et réalité, se méfier des messages publicitaires, se rendre compte que les images audiovisuelles ne laissent pas le temps de prendre du recul et d'analyser. “Cela a d'abord été une prise de conscience personnelle de comprendre que les images disent beaucoup plus que ce que l'on voit et font passer des messages subrepticement”. Il en a autant pour les journaux télévisés : “les journalistes simplifient, utilisent des stéréotypes visuels car ils ont 1 mn 30 pour décrire des réalités complexes”. Il parle de phénomène d'hypnose, pense qu'il faudrait des professeurs d'images dans les écoles, mais il a eu du mal à convaincre les chefs d'établissements de faire une intervention. “Ils ne voyaient pas l'intérêt. J'ai été plus écouté du côté de l'éducation populaire et de Jeunesse et Sports qui m'a bien soutenu”. 
Aujourd'hui, Joris Guibert ne donne plus de conférences à ce sujet. Il s'est orienté vers une pratique artistique de la vidéo, proposant notamment des performances en direct, utilisant l'image comme un instrument de musique. L'aspect théorique le passionne toujours, mais c'est la pratique qui l'occupe. “J'utilise la vidéo plutôt en tant qu'objet que comme médium”. Parmi ses sources d'échantillonnage de choix, la télé. 

S.P.
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