juin 2015

Travail précieux

A Morteau, le lycée Edgar Faure propose 2 des 3 options de la formation «bijou» : joaillerie et sertissage. Patience et précision exigées.
Photo Laurent Cheviet
Travail précieux

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Elles insistent sur un mot : la dextérité. L’une des principales qualités à détenir si l’on veut se lancer dans une formation en bijouterie, selon Sandrine Dodane et Céline Cuenot, enseignantes au lycée Edgar Faure, à Morteau. «C’est également extrêmement exigeant en termes de précision mais aussi de réflexion et de vision dans l’espace. Il faut être manuel, logique, rigoureux, patient, doté d’un esprit créatif et d’une bonne maîtrise du dessin. Il faut être capable de rester 8 h assis à un poste de travail, concentré».
Autant de qualités minimales nécessaires qui expliquent le regret des deux formatrices vis-à-vis des modifications récentes des critères de sélection. Pour intégrer les sections CAP puis BMA (1), il faut un bon dossier scolaire. Mais les qualités décrites sont de l’ordre d’un ressenti que les logiciels informatiques dévolus à la sélection ne détectent pas. «Cela engendre une certaine standardisation qui ne tient pas compte des spécificités inhérentes au métier. Et certains élèves se découragent car ils n’ont pas les qualités adaptées. Ce n’est pas parce qu’on a un bon dossier scolaire que l’on sait gérer ses gestes avec précision. A l’inverse, il y a des élèves en échec qui feraient d’excellents professionnels mais ils ne nous arrivent plus. Or des difficultés en enseignement général peuvent être plus facilement compensées que des problèmes en atelier»

   Répéter, répéter, répéter

Leur conseil : avant toute envie de travailler dans les bijoux, vérifier que l’on est apte. La dyspraxie ou la phobie du chalumeau, comme elles les ont déjà rencontrées, sont rédhibitoires. «Avoir 18 de moyenne en arts plastiques au collège ne présage pas forcément la qualité du geste attendu en dessin».
Le joailler conçoit et réalise un bijou. Le sertisseur en vérifie la facture et y fixe les pierres. Deux métiers très spécifiques. «Pour l’apprentissage de ces métiers, on a besoin de répéter, répéter, répéter les gestes. Et dans la pratique, on n’a jamais la même pièce, donc il faut être capable de s’adapter». Les deux sections sont exigeantes mais au bout du compte, «dans l’ensemble, nos élèves travaillent, ont de belles places et s’épanouissent». Quelques précautions cependant : «Nous sommes tributaires de l’ambiance en Suisse, entre autres. En ce moment, il y a de l’embauche en sertissage mais c’est plus difficile en joaillerie. Et comme le bassin d’emploi local ne peut absorber tous les élèves formés, il faut être prêt à bouger».
Des pistes s’ouvrent cependant aux élèves sur des formations et métiers aux techniques proches : la prothèse dentaire, l’anglage et le guillochage dans l’horlogerie, le polissage dans l’industrie.
Après le BMA, il existe une possibilité de poursuite d’études en DMA, proposé dans 8 établissements en France (2). «Si l’on veut travailler à l’établi, en atelier, le BMA suffit précisent les formatrices du lycée Edgar Faure. Le DMA peut servir pour aller vers des postes de responsable d’atelier ou s’orienter vers le design ou la restauration». Quoi qu’il en soit, la formation est une base pour une profession où l’expérience est primordiale. «C’est un métier très riche mais exigeant. Pour s’adapter au monde du travail, il faut une dizaine d’années d’exercice. Mais au final, il est gratifiant de réaliser un bijou de A à Z, ou de finaliser un produit en sertissant des diamants d’exception sur une boîte de montre de luxe».

Stéphane Paris








Notes
(1) En BMA, le lycée propose 2 des 3 options de la formation bijou : joaillerie et sertissage (pour cette dernière il est l’un des 4 établissements français à la proposer).
lycee-morteau.org

(2) CFA de la bijouterie joaillerie, Ecole privée de la bijouterie joaillerie et lycée-ESAA-Ecole Boulle à Paris, CFA de la CCI du Maine et Loire à Saumur, lycée professionnel Amblard à Valence, lycée professionnel de la SEPR à Lyon, lycée professionnel Jean Guéhenno à Saint-Amand-Montrond,  lycée Clément de Pémille à Graulhet.

Lire aussi
Témoignage : "Je suis en BMA bijouterie-joaillerie"




Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Styliste en herbe


janvier 2026
Un concours de l'école Modart International destiné aux jeunes de 17 à 21 ans. Thème 2026 : le corps mutant & denim manifeste. A la clé pour le gagnant, une année d'études dans la prestigieuse école offerte. Le concours est ouvert aux bacheliers, aux lycéens en terminale, aux étudiants (sauf ceux inscrits dans une école de mode) ou aux personnes en reconversion professionnelle, parlant français ou anglais. Il faut s'inscrire avant le 29 mars. Règlement et modalités ici.

Bac pro technicien de scierie


janvier 2026
Après vingt ans d’interruption, depuis la fermeture de la formation au lycée du bois de Mouchard, cette formation est réouverte dans la région pour répondre aux besoins grandissants en main-d’œuvre qualifiée du secteur de la scierie. Cette formation par apprentissage de 2 ans est proposée au centre de formation de Châteaufarine.

mobiklasse.de


janvier 2026
Ce programme vise à promouvoir l’apprentissage de la langue allemande, à encourager la mobilité internationale et à renforcer les échanges interculturels. En offrant des animations ludiques de sensibilisation, il s’adresse aux élèves de tous niveaux scolaires. mobiklasse.de

Eustory


janvier 2026
Membre du réseau européen Eustory depuis 2014, Eustory-France est un concours d’histoire franco-allemand qui s’adresse aux élèves en France et en Allemagne (de la 8. Klasse à l’Abitur ou de la 4e au bac). Individuellement, en groupe ou en classe entière, les élèves peuvent soumettre leurs contributions sous toutes les formes. Un premier et deuxième prix sont décernés chaque année aux lauréats des différentes catégories (collège, lycée, tandem). D’autres prix sont éventuellement attribués selon des critères comme l’originalité ou l’actualité.

Cursus intégré


janvier 2026
ll est possible pour un étudiant français ou allemand d’effectuer des cursus d’études binationaux, voire trinationaux et d’obtenir un diplôme dans chaque pays. Ces formations se déroulent dans le cadre de l’ Université franco-allemande (UFA), constituée par un réseau d’établissements d’enseignement supérieur français et allemands. Dans la région, il est possible de suivre un cursus intégré avec l’Université Marie et Louis Pasteur en partenariat avec l’Université de Wuppertal , avec Supmicrotech en partenariat avec la Hochschule de Karlsruhe ou l’Université technique d’Ilmenau et avec l’Université Bourgogne Europe en partenariat avec l’Université de Mayence (il y a aussi un cursus trinational qui associe l’Université d’Opolski en Pologne). Ces cursus prévoient des études alternativement dans les 2 pays. Par exemple l’élève passe 1 an en Allemagne puis 1 an en France puis 6 mois/6 mois.
dfh-ufa.org
Voir tout