janvier 2026

A la relance de la filière forêt-bois

Les professionnels du secteur annoncent un fort besoin de main d’oeuvre. Le rendre attractif est l’un des objectifs du projet A2ForBois, lancé en novembre.
Photo Laurent Cheviet
A la relance de la filière forêt-bois A la relance de la filière forêt-bois A la relance de la filière forêt-bois

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Le numérique peut-il apporter sa contribution à des métiers d’extérieur tels que ceux de la gestion et de l’exploitation forestières ? Assurément, au moins en ce qui concerne la formation. C’est l’un des messages envoyés par le centre de formation Châteaufarine de Besançon lors du lancement du projet A2forbois, le 6 novembre. Pour l’illustrer ce jour-là, plusieurs outils en démonstration, dont Silva Numérica, outil de simulation de sylviculture, des casques virtuels ou encore un module reproduisant le poste de travail d’un technicien de scierie (photos 2 et 3). « C’est comme un jeu vidéo » s’amuse l’un des utilisateurs installé dans le siège lui permettant de piloter le simulateur de scierie de tête. 
Intégrer les outils numériques, les jumeaux pédagogiques, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle dans les formations est l’un des objectifs d’A2forbois, projet ambitieux fédérant de nombreux acteurs de la filière forêt-bois (1). Il est rejoint par la volonté de renforcer l’attractivité des métiers notamment auprès des jeunes.
« Evidemment, les jeunes en formation continuent à aller en forêt, rappelle James Dat (photo 4), directeur du Campus des métiers et des qualifications d’excellence forêt-bois de Bourgogne-Franche-Comté, mais il y a beaucoup de choses qu’on peut désormais apprendre en classe grâce aux outils numériques. Ces derniers intègrent des paramètres permettant d’imaginer des évolutions, simulent des situations qu’on ne trouvera pas forcément sur le terrain ». Sans compter que certains exercices coûtent moins cher à simuler qu’à réaliser effectivement. Lors de la présentation, il était rappelé que la forêt joue un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, que le bois est un matériau clé pour la transition écologique et les constructions durables ou que « le contexte particulièrement sensible est marqué par un dépérissement forestier sans précédent qui affecte par exemple fortement le quart Nord-Est de la France ». L’offre de formation doit répondre aux défis environnementaux, économiques et technologiques de la filière. « Nous devons intégrer des problématiques comme celles de la biodiversité, du réchauffement climatique, de la gestion de l’eau précise James Dat. Le numérique et le virtuel facilitent cette nécessité ».

Gros besoin de main d'oeuvre

Il ne s’agit pas seulement de concevoir des parcours de formation en phase avec les besoins du secteur. L’autre problème de la filière concerne le recrutement. « Nous avons de gros besoins confirme James Dat. Dans les cinq prochaines années, nous allons avoir des départs à la retraite, de l’ordre de 40 % chez les cadres et 30 % chez les salariés. Il y aura un besoin de remplacement et ce, alors que nous connaissons des problèmes d’attractivité, en partie parce que les métiers et leur diversité sont mal connus. La filière bois, c’est des scieries et des pépinières, mais aussi des parcs naturels, du pilotage de drone, de la prévention de feux de forêt, des technico-commerciaux… Les jeunes pensent souvent bûcheron et difficultés, mais les métiers traditionnels eux-mêmes ont évolué avec des technologies qui les rendent plus accessibles. » James Dat reconnaît qu’il faut encore beaucoup communiquer, en notant par exemple que les professions sont toujours très peu féminisées (15 à 20%). Le taux de remplissage des formations n’atteint que 42 %. « Tous ceux qui sortent à tous les niveaux de diplôme trouvent du travail assure-t-il. Il y a environ 400 recrutements pas an dans la région et on ne sort pas 400 jeunes par an ».

S.P.
(1)
Porté par Arts et Métiers, A2ForBois est un projet soutenu par l’État dans le cadre du programme France 2030. Le projet bénéficie d’une enveloppe de 21,3 millions d’euros. Il réunit un consortium de 16 membres issus de trois régions — Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes (37 % du couvert forestier national) : des établissements de formation (Arts et Métiers, EPL de Besançon, AgroParisTech Nancy, Institut Agro Dijon, Université Marie et Louis Pasteur, Université Bourgogne Europe, Institut européen de formation des Compagnons du Tour de France), des opérateurs/employeurs (Fibois BFC, Coopérative forestière Bourgogne Limousin, Office national des forêts), des partenaires techniques (Institut FCBA, Fondation Unit, CMQE forêt-bois), des partenaires institutionnels (direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt, Conseil régional, rectorat de région académique, Ville de Besançon).

En savoir +
Campus des métiers et des qualifications d’excellence forêt-bois de Bourgogne-Franche-Comté

Centre de formation Châteaufarine

Bac pro technicien de scierie
Après près de vingt ans d’interruption, depuis la fermeture de la formation au lycée du bois de Mouchard, cette formation est réouverte dans la région pour répondre aux besoins grandissants en main-d’œuvre qualifiée du secteur de la scierie. Cette formation par apprentissage de 2 ans est proposée au centre de formation de Châteaufarine.
En savoir +

Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Bac pro technicien de scierie


janvier 2026
Après vingt ans d’interruption, depuis la fermeture de la formation au lycée du bois de Mouchard, cette formation est réouverte dans la région pour répondre aux besoins grandissants en main-d’œuvre qualifiée du secteur de la scierie. Cette formation par apprentissage de 2 ans est proposée au centre de formation de Châteaufarine.

mobiklasse.de


janvier 2026
Ce programme vise à promouvoir l’apprentissage de la langue allemande, à encourager la mobilité internationale et à renforcer les échanges interculturels. En offrant des animations ludiques de sensibilisation, il s’adresse aux élèves de tous niveaux scolaires. mobiklasse.de

Eustory


janvier 2026
Membre du réseau européen Eustory depuis 2014, Eustory-France est un concours d’histoire franco-allemand qui s’adresse aux élèves en France et en Allemagne (de la 8. Klasse à l’Abitur ou de la 4e au bac). Individuellement, en groupe ou en classe entière, les élèves peuvent soumettre leurs contributions sous toutes les formes. Un premier et deuxième prix sont décernés chaque année aux lauréats des différentes catégories (collège, lycée, tandem). D’autres prix sont éventuellement attribués selon des critères comme l’originalité ou l’actualité.

Cursus intégré


janvier 2026
ll est possible pour un étudiant français ou allemand d’effectuer des cursus d’études binationaux, voire trinationaux et d’obtenir un diplôme dans chaque pays. Ces formations se déroulent dans le cadre de l’ Université franco-allemande (UFA), constituée par un réseau d’établissements d’enseignement supérieur français et allemands. Dans la région, il est possible de suivre un cursus intégré avec l’Université Marie et Louis Pasteur en partenariat avec l’Université de Wuppertal , avec Supmicrotech en partenariat avec la Hochschule de Karlsruhe ou l’Université technique d’Ilmenau et avec l’Université Bourgogne Europe en partenariat avec l’Université de Mayence (il y a aussi un cursus trinational qui associe l’Université d’Opolski en Pologne). Ces cursus prévoient des études alternativement dans les 2 pays. Par exemple l’élève passe 1 an en Allemagne puis 1 an en France puis 6 mois/6 mois.
dfh-ufa.org

Abibac


janvier 2026
C’est la contraction de Abitur (bac allemand) et baccalauréat. Il s’agit de l'obtention simultanée des deux diplômes proposée dans certains lycées depuis 1994. Il donne accès à l'enseignement supérieur en France et en Allemagne.
Voir tout