Le numérique peut-il apporter sa contribution à des métiers d’extérieur tels que ceux de la gestion et de l’exploitation forestières ? Assurément, au moins en ce qui concerne la formation. C’est l’un des messages envoyés par le
centre de formation Châteaufarine de Besançon lors du lancement du projet A2forbois, le 6 novembre. Pour l’illustrer ce jour-là, plusieurs outils en démonstration, dont
Silva Numérica, outil de simulation de sylviculture, des casques virtuels ou encore un module reproduisant le poste de travail d’un technicien de scierie (photos 2 et 3).
« C’est comme un jeu vidéo » s’amuse l’un des utilisateurs installé dans le siège lui permettant de piloter le simulateur de scierie de tête.
Intégrer les outils numériques, les jumeaux pédagogiques, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle dans les formations est l’un des objectifs d’A2forbois, projet ambitieux fédérant de nombreux acteurs de la filière forêt-bois (1). Il est rejoint par la volonté de renforcer l’attractivité des métiers notamment auprès des jeunes.
« Evidemment, les jeunes en formation continuent à aller en forêt, rappelle James Dat (photo 4), directeur du Campus des métiers et des qualifications d’excellence forêt-bois de Bourgogne-Franche-Comté,
mais il y a beaucoup de choses qu’on peut désormais apprendre en classe grâce aux outils numériques. Ces derniers intègrent des paramètres permettant d’imaginer des évolutions, simulent des situations qu’on ne trouvera pas forcément sur le terrain ». Sans compter que certains exercices coûtent moins cher à simuler qu’à réaliser effectivement. Lors de la présentation, il était rappelé que la forêt joue un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, que le bois est un matériau clé pour la transition écologique et les constructions durables ou que
« le contexte particulièrement sensible est marqué par un dépérissement forestier sans précédent qui affecte par exemple fortement le quart Nord-Est de la France ». L’offre de formation doit répondre aux défis environnementaux, économiques et technologiques de la filière.
« Nous devons intégrer des problématiques comme celles de la biodiversité, du réchauffement climatique, de la gestion de l’eau précise James Dat.
Le numérique et le virtuel facilitent cette nécessité ».
Gros besoin de main d'oeuvre
Il ne s’agit pas seulement de concevoir des parcours de formation en phase avec les besoins du secteur. L’autre problème de la filière concerne le recrutement.
« Nous avons de gros besoins confirme James Dat.
Dans les cinq prochaines années, nous allons avoir des départs à la retraite, de l’ordre de 40 % chez les cadres et 30 % chez les salariés. Il y aura un besoin de remplacement et ce, alors que nous connaissons des problèmes d’attractivité, en partie parce que les métiers et leur diversité sont mal connus. La filière bois, c’est des scieries et des pépinières, mais aussi des parcs naturels, du pilotage de drone, de la prévention de feux de forêt, des technico-commerciaux… Les jeunes pensent souvent bûcheron et difficultés, mais les métiers traditionnels eux-mêmes ont évolué avec des technologies qui les rendent plus accessibles. » James Dat reconnaît qu’il faut encore beaucoup communiquer, en notant par exemple que les professions sont toujours très peu féminisées (15 à 20%). Le taux de remplissage des formations n’atteint que 42 %.
« Tous ceux qui sortent à tous les niveaux de diplôme trouvent du travail assure-t-il.
Il y a environ 400 recrutements pas an dans la région et on ne sort pas 400 jeunes par an ».
S.P.
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