Pour casser les clichés, le principe de réalité est un bon moyen. « Notre parcours intégré est en lien avec l’Université de Wuppertal. Quand on en parle à nos étudiants, on ne peut pas dire que ça les fait rêver. Mais une fois là-bas, ils ne veulent plus revenir ! » Laurence Jehle-Blanc est responsable de la licence franco-allemande à l’Université Marie et Louis Pasteur. Avec sa collègue du département d’allemand Ida Hekmat, elle se démène pour faire vivre la section. Y compris en organisant des animations extérieures à la fac, comme les CinéKino organisés depuis 2013 avec les 2 Scènes. Ils proposent 4 fois par an des projections de films germanophones au Kursaal. Dernières propositions : L’Âme sœur de Fredi Murer et Langue étrangère de Claire Burger. « Il y a un public, c’est visible constate Ida Hekmat. On a entre 80 personnes et la salle pleine, selon les séances ». Autre proposition en 2026, 4 journées franco-allemandes seront organisées en avril. Au-delà des cours, les deux professeures aiment « faire partager la langue, la culture des pays germanophones ».
Cette année, le département allemand compte 5 étudiants en master, une vingtaine en licence auxquels ajouter une cinquantaine en LEA. Des effectifs faibles mais qui restent stables selon les enseignantes. « La tendance est nationale, c’est un souci pour l’ensemble des formations en allemand. Les gens s’intéressent moins à l’allemand. On n’a pas les mêmes effectifs qu’il y a 20 ou 30 ans. »
Mais les freins ou les clichés ne sont pas nouveaux. « C’est vrai qu’il y l’idée que l’allemand est difficile à apprendre, que c’est élitiste, qu’il faut être excellent. Mais c’est faux. On ne prend pas que des étudiants qui ont passé l’abibac. En première année, on fait du renforcement de la langue, donc c’est ouvert. On les accompagne comme de grands lycéens. Et nos collègues d’espagnol ou d’italien ont les mêmes problèmes que nous, l’apprentissage n’est pas forcément plus facile, les élèves ne sont pas tous bons ». Autre problème, « même si on aime la syntaxe allemande qui est magnifique, on entend le discours que les études sont faites pour avoir du travail et que l’allemand ne mène qu’à enseigner l’allemand » reprend Laurence Jehle-Blanc. Là encore, il faut nuancer. « L’allemand peut aussi être un avantage car il permet de se démarquer. On est dans une région à proximité de pays germanophones. On a d’anciens étudiants qui nous disent que c’est grâce à ça qu’ils ont trouvé du travail, notamment en Suisse ».
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