mars 2010

Cyberaddiction : "l'abus est souvent révélateur de fragilité"

Avant d'être nommée dans le Pas-de-Calais, Emilie Gerard était professeur d'espagnole au lycée Pasteur, à Besançon. L'an dernier, elle a organisée pour ses élèves de première une intervention de Jean-Luc Sumi, psychologue de la société d'entraide et d'action psychologique de Dijon.
Photo Yves Petit

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Pour quelles raisons avez-vous souhaité cette intervention à propos de cyberaddictions ?
Le choix de ce sujet a été motivé par le constat flagrant et inquiétant du nombre d'élèves parcourant mes classe ne pouvant se défaire de leur MP3, venant en cours casque rivé aux oreilles, ou de leur portable qui ne peut sortir de leur champ de vision et se vantant parfois d'envoyer plus de 300 SMS par semaine. 

Qu'était-il entendu par cyberaddiction ?
L'intervenant a fait le choix, suite a un sondage  auprès des élèves, de ne pas se limiter à une dépendance mais de parler de toutes les dépendances liées aux écrans et technologie (portable, MP3, jeux en ligne,...). 

Que peut-on retenir de cette intervention ?
Le message clair qu'il nous a transmis, c'est qu'aucune technologie n'est mauvaise en soi mais qu'il faut faire attention à notre utilisation personnelle de ces techniques, qu'elles peuvent être dangereuses, néfastes. Par exemple, un portable allumé durant la nuit, à moins d'un mètre de la personne, cause fatigue, nervosité et troubles du sommeil. L'utilisation abusive est généralement révélatrice de fragilités : un “addict” est fragile psychologiquement et les écrans sont des concrétisations de ces problèmes liés souvent à la famille et à la place dans la société. Les “no-life”, ces ados enfermé chez eux sans lien social sont des ados en souffrance avant d'être des addicts aux jeux. Il faut plutôt soulager leur détresse psychologique que d'interdire l'ordinateur.

Comment les élèves ont-ils réagi ? 
Je crois qu'ils étaient au courant de ces phénomènes Ce sont eux qui ont évoqué les “no-life”. Par contre, ils ne se sentaient absolument pas concernés, même si dans les faits, ils l'étaient. J'avais réalisé auprès d'eux un sondage anonyme qui a mis en évidence le fait que certains avaient des conduites plus que limites (trop d'heure de jeux ou de musique, trop de portable, impossibilité de s'en détacher) et que les parents ne contrôlaient absolument pas leurs utilisations. Ils ont librement parlé du sujet et ont “philosophé” sur tout ce qui est dépendance et psychologie, ce qui m'a fait prendre conscience qu'ils avaient vraiment besoin de parler et d'être écoutés et que le système scolaire ne leur laisse pas cette possibilité.  A la suite de l'intervention les élèves ont réalisé une affiche et des tracs qui ont été placé au CDI pour une diffusion de leur message. Un blog a également été créé : addiction-media.blogspot.com
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Santé : « À chaque situation, son numéro »


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Le 15 doit être appelé sans hésiter dès lors qu’une situation paraît grave ou urgente : malaise, douleurs thoraciques, difficultés respiratoires, perte de connaissance, accident, symptômes soudains et inquiétants, etc. Chaque appel est traité par des professionnels de santé, assistant de régulation médicale puis médecin régulateur urgentiste, qui évaluent la situation et apportent la réponse la plus adaptée.
Lorsque la situation ne relève pas de l’urgence, il est important de privilégier d'autres circuits :
- contacter son médecin traitant.
- en cas d’indisponibilité, consulter le site sante.fr, qui permet d’identifier les lieux de soins et professionnels disponibles sur le territoire.
- enfin, si vous ne trouverez pas de médecin généraliste, appelez le 116 117, numéro de la permanence des soins, accessible la nuit en semaine de 20 h à 8 h, le samedi de 12 h à 20 h, le dimanche et les jours fériés de 8 h à 20 h. Un médecin régulateur libéral de l’Acoreli prendra en charge votre appel.
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