Comment êtes-vous devenue facilitrice ?
Je suis éducatrice spécialisée de formation. Quand j’ai entendu parler des faciliteurs de choix de vie, je me suis retrouvée dans les missions et j’ai eu envie de me former. J’ai passé un certificat de compétences avec le Cnam. C’est un certificat de niveau VI apeès une formation théorique et pratique d’un an.
En quoi consistent vos missions ?
Les faciliteurs sont là pour soutenir les personnes en situation de handicap ou leurs proches aidants dans la formalisation de leur projet de vie. Cette mission s’appuie sur la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances. On peut aborder tous les domaines : logement, santé, travail, lien social, vie quotidienne… Il s’agit d’imaginer avec une personne les chemins à emprunter en vue d’un projet, en partant de ce qu’elle connaît et de ses compétences.
Comment est-ce formalisé ?
On organise un espace d’échange et d’écoute. C’est une coopération dans laquelle la personne reste pilote et active de son projet. Elle est sachante d’elle-même. Nous sommes là pour l’aider à affiner, sans juger sa demande. Cela passe par des discussions pour soutenir la réflexion, l’expression des besoins, la priorisation des objectifs. Nous l’aidons à prendre en compte ses capacités, à anticiper les conséquences de ses actions, à voir ce qui est possible ou non mais les démarches restent les siennes. Nous lui apportons les outils pour qu’elle puisse argumenter sa demande auprès des acteurs professionnels. Par exemple dans la recherche d’un logement, nous intervenons en amont, mais ne faisons pas les démarches à sa place. Nous nous adaptons à la demande de la personne qui peut nous solliciter tant qu’elle le souhaite et à son rythme.
Y a-t-il des difficultés particulières ?
Entrer dans l’intimité des personnes demande de créer une relation de confiance et c’est ce qui prend le plus de temps. Pour ma part, je pose beaucoup de questions lors de la première rencontre puis je propose un compte-rendu, pour une base de discussion et de réflexion. Mais comme on n’est pas dans la mise en œuvre, il faut accepter de voir les choses évoluer sans forcément de résultat concret. Ça peut être perturbant. Il faut aussi savoir faire la part des choses et gérer nos émotions. Certains aspects peuvent bouleverser. Il faut une certaine énergie mentale, savoir rester disponible. En cas de difficulté, on peut échanger entre collègues. D’ailleurs le réseau des faciliteurs est régulièrement réuni. Cela permet de partager le vécu.
Qu’est-ce qui vous motive ?
Je pense que je me suis retrouvée dans ces missions parce qu’à un moment donné, en tant qu’éducatrice spécialisée, j’avais tendance à penser à la place des personnes. Là, je ne suis plus sachante, je laisse de l’espace à la personne et çame satisfait. Et il y a le plaisir de l’échange, de la réflexion, la satisfaction de voir avancer un projet. On trouve du sens
à ce qu’on fait.
Commentaires
Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.