Avec l’association Benkadi Joie Production, on parle de musique, de culture(s), de développement équitable. Et de joie, à l’image de la responsable Joyce Tape, musicienne auteure, compositrice, interprète ivoirienne basée à Besançon.
« Le but c’est l’échange entre l’Afrique et l’Europe, entre la Côte d’Ivoire et la France ». Depuis deux ans, il s’accompagne d’un festival de blues organisé alternativement en Côte d’Ivoire et en France. L’édition 2026 du
Dongri’n blues est proposée les 12 et 13 juin au château de Choye, en Haute-Saône. Outre l’organisatrice, du beau monde est convié sur scène : Fred Chapelier, Neal Black, Mountain Men, etc. pour deux soirées réunissant une dizaine d’artistes.
La musicienne est attentive au développement durable et à l’éducation. A travers l’échange et les liens d’amitié, l’idée initiale est de favoriser l’économie agricole à Hermankono-Garo, en Côte d’Ivoire, en donnant des opportunités de revenus à des familles. L’association a su agréger les partenariats (Union européenne, Côte d’Ivoire, Région Bourgogne-Franche-comté, Ville de Besançon, Anbader) pour la mener à bien. Depuis 20 ans
Benkadi Joie Production œuvre à favoriser la production agricole locale, l’autonomie alimentaire et l’emploi. La
chocolaterie Bendi, dernière née du projet, est une nouvelle option qui s’ajoute à divers légumes, cultures vivrières, café ou vanille - qui n’existait pas en Côte d’Ivoire.
« On produit le cacao en Côte d’Ivoire, on le transforme en tablettes de chocolat à Bucey-les-Gy. On y a aussi une expo photo sur la culture du cacao et une salle de dégustation ». Elle a pu voir le jour l’an dernier grâce à Antoine Ney, dont la brasserie de Bucey-les-Gy sert de site production.
Dans une moindre mesure, ces idées ont des répercussions ici. Pour l’épauler dans la mise en place du festival, Joyce était accompagnée d’Estelle, 20 ans, en stage de licence de com et d’un chargé de développement culturel de 26 ans, Marvin, remplacé depuis le mois de mai par Christiane, 21 ans, en licence de droit.
« Je suis venu de Normandie pour ce travail et là je pars à Paris pour m’occuper d’un festival de film raconte Marvin. Le jeune homme qui a déjà l’expérience d’un festival en Croatie ne retire
« que du positif de cette expérience à Besançon. J’ai vu des secteurs que je ne connaissais pas, je me suis diversifié ». Encore étudiantes, Estelle et Christiane citent quant à elles les aspects culturels, associatifs, humains. L’importance accordée par Joyce à la rencontre, aux échanges, aux liens leur parle. En complément de son activité d’artiste, elle mène
Grandir avec la musique, parcours d’interventions dans les écoles, les collèges et les lycées, pour initier les jeunes au processus de création musicale.
« C’est aussi ce que je dis dans mes chansons reprend celle qui se considère comme artiste engagée.
Grandir avec la musique est une activité qui me permet d’être indépendante mais qui est aussi l’occasion d’aller à la rencontre des jeunes, de les aider à ouvrir les yeux, à savoir qui est l’autre. Je vais en milieu rural, là où les élèves n’ont pas souvent l’occasion de côtoyer une musicienne noire qui leur parle de blues. Ça apporte de la diversité culturelle et de l’ouverture. J’utilise le balafon, le djembé, je crée avec eux des chansons en français et en africain. Les voir chanter en bambara, c’est ouf ! »
Commentaires
Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.