juillet 2020

Ducis : une année à l’étranger

Chaque année, une trentaine d’élèves de l’IUT de Besançon-Vesoul partent ailleurs pour étudier. Rien de mieux pour améliorer ses compétences linguistiques et s’enrichir de la culture du pays.
Photo Laurent Cheviet
Ducis : une année à l’étranger

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Mis en place il y a de nombreuses années à l’IUT Besançon-Vesoul, le Ducis est un diplôme universitaire en communication internationale spécialisée qui s’insère dans le programme de mobilité Erasmus+. Il propose aux étudiants de partir étudier pendant un an dans une université partenaire, essentiellement en Europe (Irlande, Autriche, Espagne, …) mais également au Québec, afin d’obtenir une troisième année d’étude. Basé sur la réciprocité, ce programme envoie des étudiants de l’IUT à l’étranger et en reçoit dans son établissement. La reconnaissance du Ducis en tant que L3 n’est pas systématique ; il appartient à chaque titulaire de ce diplôme de demander une équivalence auprès du responsable de filière dans laquelle il souhaite poursuivre ses études. Tant sur le point culturel que linguistique, cette expérience est pour chaque étudiant à la fois unique, enrichissante et inoubliable.
Comment être sélectionné pour y partir ?
Pour partir en DUCIS, certains critères sont à respecter : tout d’abord il faut étudier à l’IUT Besançon-Vesoul, que cela soit en DUT ou en LP. Les étudiants sont choisis fin janvier de l’année universitaire par un jury composé de professeurs coordinateurs de l’IUT ainsi que de Marie-Claude Basset, enseignante responsable du service des relations internationales (SRI) et du Ducis à l’IUT.
Tout au long de l’année précédant le départ, l’étudiant doit suivre une procédure d’inscription bien précise pour avoir la chance de pouvoir intégrer un Ducis. Celle-ci débute en octobre avec un formulaire dans lequel l’étudiant doit choisir 3 destinations ; à la mi-novembre l’inscription définitive se fait sur le site de mobility online. En février, la liste des étudiants acceptés est diffusée et celle-ci est envoyée courant avril aux établissements partenaires étrangers. A partir de fin avril, les étudiants accomplissent diverses démarches administratives (dossier d’inscription dans l’université partenaire, contrats d’étude et de mobilité, …). Début juillet, l’étudiant peut s’inscrire au Ducis auprès du service scolarité de l’IUT. Il passe également un test de langue avant son départ ainsi qu’à son retour pour établir le progrès fait durant son année à l’étranger.
Comment obtenir son année ?
Afin de valider son année en Ducis, l’étudiant doit passer avec succès ses épreuves dans l’université partenaire. A l’IUT Besançon-Vesoul, il devra rédiger une fiche synthèse de 5 pages en anglais, allemand ou espagnol, un mémoire de 25 pages et passer une soutenance de 30 minutes. La réussite des épreuves dans l’université partenaire et la moyenne à l’épreuve terminale (fiche synthèse, mémoire et soutenance) détermineront l’attribution du Ducis..

Pour l’année scolaire 2019-2020, Eva Bourgin (photo 2) est partie faire son Ducis à Alicante en Espagne. Retour sur un séjour des plus enrichissants :
Qu’est-ce qui t’as poussé à faire un Ducis ?
Au début j’avais été acceptée en troisième année à l’Iscom Lyon, puis l’idée de partir en Espagne me trottait toujours dans la tête. Partir à l’étranger est une expérience unique, qui nous permet de prendre du recul sur nos ambitions personnelles et professionnelles. J’avais beaucoup travaillé lors de mes deux années à l’IUT, et j’avais envie de voyager et de rencontrer du monde.  J’avais également cette envie de m’améliorer dans la langue, et de développer mes compétences dans le secteur publicitaire. Partir seule à l’étranger c’est aussi l’occasion de voir de quoi nous sommes capables. C’est une adaptation constante, et c’est à nous de nous intégrer dans le pays, c’était un réel défi pour ma part.

Pourquoi l’Université d’Alicante ?
La culture espagnole et le pays en lui-même ont toujours attisé ma curiosité. Comme beaucoup, j’aime la chaleur humaine et le beau temps. Alicante était une ville que je connaissais seulement à travers de Valentine Fauconnet, une ancienne étudiante à l’IUT qui elle aussi a effectué son Ducis dans cette ville. Elle m’a fait découvrir la ville à travers ses expériences, ses photos et ses rencontres. Je me suis aussi renseignée sur Alicante et j’ai tout de suite accrochée. Au-delà de ses atouts locaux et touristiques, l’université d’Alicante m’a paru propice à la réussite. Elle proposait de nombreux cours sur les relations presses et publiques, mais aussi sur la publicité. Tous les cours étaient en espagnol, et je pouvais également choisir des cours en anglais.

Comment cela se passe pour trouver un logement ? Est-ce à toi de trouver, y-a-t-il un campus pour les étudiants ?
Avant de venir en Espagne, je me suis immédiatement inscrite sur les pages Facebook pour les logements à Alicante. J’ai donc choisi un appartement sans l’avoir visité et avant d’avoir mis les pieds dans la ville. Je sais que mes amis de Murcia ont préféré choisir sur place. J’ai choisi un appartement situé près de la place des Taureaux, à 5 minutes à pieds du centre. L’université d’Alicante est située à Saint Vincent, à 20 minutes en bus du centre-ville. Il faut savoir qu’elle possède de nombreuses résidences et propose même des familles espagnoles pour accueillir les étudiants étrangers. C’est un choix à faire, soit s’écarter du centre mais être plus près de l’école ou bien l’inverse.
• Quel était le programme qui y était proposé ?
L’Université d’Alicante possède une variété immense de cursus différents. J’étais intégrée dans le secteur de la publicité et des relations publiques. Durant mes deux ans à l’IUT, j’avais comme option communication des organisations des entreprises. Ce sont deux secteurs assez différents. J’ai retrouvé des similitudes entre la formation espagnole et celle à l’IUT comme le marketing, la créativité ou encore certains cours en communication. Mais la majorité des cours en Espagne portaient sur la stratégie de relations publiques et de la publicité. Cela m’a permis de développer mes compétences et de fortifier celles que j’avais déjà acquises auparavant. J’ai pu améliorer ma perception sur le marketing et m’intéresser à la mise en place d’une stratégie en relations publiques. Disons que cette formation a très bien complétée celle que j’avais connu lors de mes années à l’IUT. 

Quelle était ta journée type ?
Ma journée type à Alicante durant mon deuxième semestre :
Je me levais la majorité du temps à 8 h, je prenais le déjeuner sur ma terrasse laissant place à une journée ensoleillée. Je me préparais et prenais le bus « 24 » pour aller à l’université. Je rejoignais mon amie française Angèle, qui a partagé de nombreux cours avec moi. J’assistais aux cours, suivant le jour de la semaine.
La plupart du temps j’apportais mon repas à l’université et je mangeais au soleil puisqu’il y avait un nombre infini de cafétérias. J’allais ensuite travailler à la BU, avec vue sur les palmiers et le jardin de l’université c’était très agréable. Je retournais en cours, je reprenais le bus puis j’allais ensuite me promener à la plage. Rien de mieux pour finir sa journée. Sans oublier le soir, où je rejoignais mes amis pour boire un verre (ou plus). Des journées chargées qui remplissaient le cœur, c’était ça Erasmus.

N’était-ce pas trop dur de partir dans un autre pays sans aucun repère ?
Pour ma part, j’ai toujours eu cette facilité à trouver des repères dans un nouvel endroit. Mais comme la majorité des étudiants Erasmus, je suis partie avec beaucoup de doutes et d’incertitudes. Et c’est lorsqu’on prend l’avion qu’on prend conscience du choix qu’on vient de faire. L’organisation Erasmus m’a considérablement aidé pour trouver mes repères. J’ai beaucoup voyagé en début de semestre, je suis beaucoup sortie et j’ai très vite crée des liens. La colocation m’a aussi aidé, je me suis retrouvée avec trois garçons dont un qui était français. Venir du même pays est un premier repère qui rassure beaucoup. Mais je me suis aussi ouverte à d’autres personnes venues du monde entier, et eux aussi étaient mes repères. La ville en elle-même est très chaleureuse et devient vite notre deuxième « casa ».

Que comptes-tu faire après ton Ducis ?
Durant le mois de février j’ai passé des concours pour rentrer en 4e année en master de journalisme à Lyon, et j’ai été acceptée. Même si j’ai passé trois ans de ma vie à étudier les stratégies de communication et de publicité, j’ai toujours eu cette même ambition : devenir journaliste. C’est un métier qui me tient beaucoup à cœur et j’espère y arriver. L’Erasmus a joué un rôle sur cette réflexion professionnelle.

Qu’est-ce que cette formation t’a apporté ?
Disons que la formation m’a fait grandir sur tous les plans. Avoir travaillé avec des personnes qui ont une tout autre manière de faire m’a beaucoup apporté et m’a rapprochée de cette réalité professionnelle. Plus tard, je ne vais pas choisir avec qui je vais collaborer et chaque personne possède sa propre méthode. C’est à nous tous de trouver l’équilibre professionnel pour réussir et se différencier des autres. J’ai aussi amélioré mes compétences dans la stratégie publicitaire, marketing, mais aussi en relations publiques. Les Espagnols ont toujours eu un rythme de travail différent du mien, mais ce n’est pas pour autant que j’ai abandonné ou que je me suis mise de côté. La communication dans n’importe quel domaine, et dans n’importe quel pays reste la clé pour réussir. C’est aussi à travers cette formation que j’ai pu améliorer mon espagnol. Je me connais encore mieux et je sors plus forte de cette expérience professionnelle.

Quels conseils pourrais-tu donner à un étudiant qui souhaite partir en Ducis ?
Je pense qu’il faut longuement réfléchir avant de vouloir partir dans un autre pays. Un an, c’est une longue période, ce sont des mois passés dans une autre culture, loin de son cocon familial. Il faut se sentir prêt et apaisé/e de vouloir découvrir autre chose. Il faut s’informer, échanger avec d’anciens étudiants qui sont partis à l’étranger et se construire son propre avis. Il ne faut pas choisir de partir pour prouver quelque chose à qui que ce soit, il faut partir pour soi et cette soif d’aventure. Je pense que c’est une étape importante qui marque une vie. Il faut aussi être capable d’être réellement là lorsqu’on s’aventure dans un autre pays, ce que je veux dire par là, c’est « être là au moment présent ». Il faut savoir faire une place dans sa tête à toute cette nouvelle vie, pour ne pas se laisse rattraper par la nostalgie de l’ancienne. Je ne dis pas qu’il faut abandonner la vie qu’on connaît en France, mais laisser un espace dans nos vies pour toutes ces découvertes, ces nouvelles personnes et cette nouvelle culture est très important.

Mathile Etienne
En savoir plus
iut-bv.univ-fcomte.fr

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PVT


juillet 2020
Qu'est-ce qu'un programme vacances-travail ? A queles conditions les 18 - 35 ans peuvent-ils postuler ? Où peuvent-ils partir ? Toutes les réponses sont sur le site pvtistes.net, créé il y a 15 ans.

ESN Besançon recherche des bénévoles


septembre 2018
Erasmus student network (ESN) est un réseau d’associations facilitant l’intégration des étudiants internationaux (esn.org). C’est aussi un lieu d’échanges, d’émulation, d’idées et de partage.  À Besançon, ESN aide les étudiants internationaux dans leur vie, universitaire comme quotidienne. Cette association composée de bénévoles, principalement des étudiants (provenant de différentes filières) organise de nombreuses activités comme des apérocultures, des soirées à thème sur le campus, des sorties et des voyages, des actions d’engagement et d'autres événements pour promouvoir la mobilité internationale afin d'encourager Français ou autres à partir à l'étranger et à élargir leurs horizons. Pour les rejoindre, erasmus-besancon.com ou page facebook.

Eurodesk


avril 2018
Ce réseau a été créé pour aider les jeunes à se déplacer en Europe. Constitué de professionnels du réseau information jeunesse, il les guide dans l’accès aux dispositifs, dans la recherche d’aides financières, dans les possibilités de se déplacer que ce soit pour la formation, les stages, le travail, les échanges.  Renseignements au Crij 0381211616 (Besançon) / 0380441835 (Dijon) ou sur eurodesk.eu et facebook

agitateursdemobilite


février 2017
En ligne depuis le 15 février, ce site, qui s'adresse aux jeunes bourguignons et francs-comtois, recense les pistes, dispositifs, possibilités, conseils, infos pratiques et partages d'expériences pour partir à l'étranger dans les meilleures conditions. Etudes, stage, voyage... : agitateursdemobilite.fr aide à bien se préparer et à ne rien oublier. Egalement sur twitter.

Erasmus+


janvier 2017
Le dispositif d’incitation à la mobilité fête ses 30 ans. Programme européen pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport, il réunit depuis 2014 plusieurs anciens intitulés de l’Union européenne. Il permet des déplacements et des échanges dans tous les pays de l’Union, mais aussi des pays partenaires dans le monde entier. Non seulement pour les jeunes (étudiants, apprentis, actifs) mais aussi les professionnels, les porteurs de projets, les associations… A noter qu'Erasmus a fait partir 3244 étudiants européens en 1987 et qu'en 2017, ils seront près de 300 000. 
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