avril 2026

L’enfer du harcèlement scolaire

Elodie Pégeot l’a vécu quand elle était collège. Aujourd’hui étudiante, la jeune femme a trouvé la force de retracer son histoire dans "Survivante", livre publié par Le lys bleu.
Photo Laurent Cheviet
L’enfer du harcèlement scolaire

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Survivante est un titre qui suffit à placer le niveau que peut atteindre le harcèlement scolaire. Elodie Pégeot l’a vécu en classe de 3e dans une escalade qui est passée des moqueries aux insultes, menaces, violences physiques et sexuelles. Sur la 4e de couverture, on lit les mots descente en enfer, peur, honte, isolement, vie brisée, combat. Le livre décrit un parcours à la fois particulier et représentatif de ce que vivent les personnes harcelées.

Pourquoi avez-vous voulu ce livre ?
D’abord pour moi, pour mettre les choses à plat, mais aussi pour sensibiliser et briser le tabou qui entoure le harcèlement scolaire. Je veux m’adresser à tout le monde, pour prévenir. Je voulais aborder ce problème et les conséquences que ça peut avoir. La première partie parle du harcèlement que j’ai subi, la seconde du parcours de reconstruction.

Comment est-ce arrivé ?
J’ai avoué mes sentiments à un garçon. Tout le monde l’a su et à partir de là, il y a commencé à avoir des moqueries et des rumeurs, puis des menaces, des agressions physiques et sexuelles.

En avez-vous parlé à des adultes à l’époque ?
Non, seulement à une fille de mon club de sport. Quand c’est venu aux oreilles de la CPE du collège, j’ai été convoquée devant mes harceleurs, ce qui n’est pas idéal. J’ai pris peur, j’ai tout nié. Ce n’est pas allé plus loin. Les harceleurs ont continué.

Qu’est-ce qui vous a décidée à l’écrire et le publier ?
Même si on garde toujours des séquelles, j’ai attendu d’être suffisamment guérie pour avoir du recul sur ce qui s’est passé. Mais je n’avais pas en tête de publier le texte. Au départ, c’était plutôt pour moi. C’est une amie qui m’a dit qu’il fallait en faire quelque chose et le publier. Je l’ai envoyé à une maison d’édition, Le Lys bleu, qui m’a donné une réponse au bout d’un mois.

A-t-il été facile à écrire ?
Je l’ai écrit en avril-mai l’an dernier. Ça m’est venu facilement parce que je suis repartie d’un journal intime que j’avais au collège.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Je pense avoir réussi à surmonter, mais ça a été long. Concernant l’agression sexuelle, j’ai fait une amnésie traumatique pendant 3 ans. Je ne me souviens ni du visage, ni du nom de l’agresseur. Après l’année de 3e, il y a eu le lycée, avec une nouvelle classe, des nouvelles personnes qui ne venaient pas forcément du collège. Ça m’a aidé à recommencer, même si j’étais stressée à l’idée d’entrer dans un établissement scolaire. Comme il ne se passait plus rien, ça aide. J’ai aussi changé de club de sport. Puis il y a eu la fac, ce n’est plus du tout le même environnement et j’ai commencé à vraiment aller mieux. Quand j’ai entendu parler du service santé étudiant, j’y suis allée et depuis, je suis suivie par une psychologue. Ce service est très utile et en plus il est gratuit. On a droit à des séances prises en charge, c’est appréciable.

Que souhaitez-vous dire aux victimes de harcèlement scolaire ?
Je pense qu’il faut en parler, demander de l’aide. Essayer de ne pas avoir peur ou honte. Se dire que ce n’est pas de sa faute et qu’il y a toujours une solution pour s’en sortir. En ce qui me concerne, j’ai vu des émissions sur le sujet, lu des livres et je pense qu’on parle un peu plus de ce sujet. Cela permet de se rendre compte que ça peut arriver à n’importe qui et que les victimes n’ont pas à culpabiliser.

Recueillir par S.P.

Elodie Pégeot, Survivante, 108 p. Le Lys bleu éditions, 13 euros.

Lire aussi
Harcèlement, cyberharcèlement : parole aux victimes

Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Harcèlement aidez-moi


mai 2026
Victime de harcèlement à l’école primaire et au collège, Gabriel Bitaudeau, un jeune vendéen de 18 ans, a créé cette plateforme en ligne pour permettre aux élèves et aux parents de signaler des situations de harcèlement. harcelement-aidez-moi.fr

Phare, dispositif de lutte contre le harcèlement à l'école


mai 2026
Mis en place depuis 2021, généralisé aux écoles et collèges en 2022, Phare est étendu aux lycées depuis 2023. C’est un plan de prévention du harcèlement autour de 5 piliers :
    1. Éduquer pour prévenir
    2. Former une communauté protectrice autour des élèves ;
    3. Intervenir efficacement sur les situations de harcèlement ;
    4. Associer les parents et les partenaires de l’école ;
    5. Mobiliser les instances de démocratie scolaire (CVC, CVL) et le comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement.
Il s’appuie aujourd’hui sur un réseau de responsables académiques et départementaux.

Harcèlement scolaire


avril 2026
Définition selon le site service public :
Un élève est victime de harcèlement scolaire lorsqu'il subit, de manière répétée, des violences verbales, morales ou physiques de la part d'un ou plusieurs autres élèves. Ces actes sont, par exemple, des insultes, des moqueries, des brimades, des rejets d'un groupe, des bousculades, des coups, des vols. Le harcèlement scolaire peut être commis à l'intérieur ou en dehors de l'établissement scolaire. Le harcèlement scolaire entraîne une dégradation des conditions de vie de l'élève. Cela se manifeste notamment par l'anxiété, la chute des résultats scolaires et la dépression.

Harcèlement


avril 2026
Des numéros pour vous aider
3018 : ligne nationale d’urgence contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement
3114 : numéro national de prévention du suicide
112 : numéro européen réservé aux urgences
116 006 pour les proches ou victimes de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, au sein de la famille ou en dehors, d'un accident de la route, d'un vol ou d'une escroquerie, ou de n'importe quel autre fait qui vous a porté préjudice
17 : police secours

France Victimes


avril 2026
L’association d'accueil, d'aide et de conseils aux victimes est présente à Dijon, Besançon, Montbéliard, Pontarlier, Lons-le-Saunier, Nevers, Vesoul, Mâcon, Chalon-sur-Saône, Auxerre, Valdoie. Sa mission consiste à assurer aide et assistance juridiques, sociales et psychologiques aux victimes. Adresses sur france-victimes.fr
Voir tout