C’est une maison qui met l’allemand et surtout les relations franco-allemandes au coeur de Dijon. Ici, on peut suivre des cours d’allemand, assister à des événements culturels, trouver des infos sur l’Allemagne, se renseigner sur les possibilités de mobilité. La saison se termine traditionnellement par une grande fête d’été pour les Journées de Rhénanie-Palatinat, dans le parc de la Maison. « C’est très populaire, c’est bondé ! » se félicite Bernhard Schaupp, directeur de l’établissement et consul honoraire d’Allemagne. Tout cela dans un but, cultiver l’amitié franco-allemande.
Cette histoire remonte à un partenariat né en 1962 entre la Bourgogne et le Land allemand de Rhénanie-Palatinat, situé au sud-ouest du pays. « A un moment, les élus se sont dit que pour mieux travailler et créer des liens entre institutions et société civile, il fallait un établissement, relate Bernhard Schaupp. La Maison de Rhénanie-Palatinat a été inaugurée en 1991 puis a déménagé en 1996 à l’adresse actuelle, 29 rue Buffon. Entre-temps, en 1994, une Maison de Bourgogne a été créée à Mayence. C’est notre équivalent et notre partenaire privilégié ».
Pour les jeunes, la Maison est un facilitateur de mobilité : elle accompagne la recherche de stages, informe sur les programmes existants, gère deux programmes de volontriats franco-allemands - l’un écologique, l’autre culturel. « On accompagne une soixantaine de Français et autant d’Allemands » estime Bernhard Schaupp. Le consul honoraire insiste : « On travaille plus avec l’idée d’ouverture que de promotion de la culture allemande. Quand on organise un événement, j’essaie de trouver un lien avec les relations franco-allemandes. Quand on fait venir un ensemble de musique allemand, on essaie de se demander comment en profiter pour sensibiliser le public à ces relations et pourquoi elles existent ».
En janvier, la Maison va accueillir Klaus Jöken, traducteur allemand d’Astérix. « Vous savez, il y a des Allemands qui pensent qu’Astérix est allemand ! » note au passage Bernard Schaupp. Les conférences sont proposées autour de 3 thématiques principales : l’Europe, la formation à la démocratie, le travail de mémoire. « Il y a quelques années, on pouvait se dire qu’il n’y avait plus besoin de ce travail de mémoire. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il y a nécessité de le relancer ». Bernhard Schaupp estime que le contact humain et direct est primordial. « C’est comme ça que l’on transmet des messages, que l’on fait des projets. J’aime bien l’idée de Maison, avec des portes ouvertes vers plein de champs différents. On a fait deux fois des parlements franco-allemands avec des jeunes qui ont débattu et adopté des résolutions qui sont allées jusqu’au Landtag. C’était intéressant de voir ces jeunes, d’entendre leurs réflexions, peut-être pour bâtir d’autres projets. Il faut toujours être en mouvement et à l’écoute ». S’ouvrir, c’est changer de regard. « Lors d’une conférence, dans le public, il y avait la fille d’un couple de déportés, élevée dans la haine de l’Allemagne. Elle est venue me voir pour dire, « j’ai compris autre chose et je vais revenir ». Je peux comprendre ses parents et son éducation, mais on a su la toucher lors de cette conférence et si ce n’est qu’un tout petit truc, c’est déjà quand même quelque chose ».
S.P.
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