janvier 2008

Yules cisèle sa pop à l’ancienne

Leur premier album vient de paraître en sortie nationale. “The Release” contient 12 titres qui confirment les éloges que le duo originaire de Lure avait suscités sur scène.
Photo Yves Petit
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La musique de Yules vient de loin. Lorsqu’on leur pose la question, Bertrand et Guillaume Charret n’hésitent pas longtemps : “Léonard Cohen, Simon and Garfunkel, Dylan. Nos parents nous ont élevés à ça”. Ils la définissent simplement comme “un mélange de pop et de folk avec comme seul souci le songwriting”.
Un souci exigeant : même si un 5 titres et un 3 titres ont précédé ce premier album, il leur a fallu du temps pour se décider à sortir un disque. “On n’était jamais satisfaits de ce qu’on faisait, on était trop perfectionnistes. Finalement on a su se dire qu’il fallait bien accepter les défauts si on voulait sortir quelque chose” relate Guillaume. Ils ont bien fait ; le résultat nommé "the Release" vaut le détour. 
De l’adolescence bercée des vinyles familiaux à “The Release”, le chemin a cependant emprunté des détours : une période blues-rock que Bertrand et Guillaume préfèrent laisser dans l’ombre, ou un passage expérimental electro, déjà sous le nom de Yules jusqu’en 2003. “L’electro c’était simple. On bossait plus les sons que les harmonies. Aujourd’hui, on écrit et on joue en acoustique, c’est plus naturel. De toutes façons, on n’a jamais lâché les vieux disques”
Yules est né en 1999. Le nom vient d’une naissance, celle du fils de Bertrand, Jules, dont un changement de lettre a servi d’intitulé au duo, alors en renaissance d’inspiration. “Au départ, ce nom ne voulait rien dire mais il nous satisfaisait car il ne sonnait pas particulièrement français ni anglais. Par la suite, on a découvert que Yules est le nom de génies aériens vivant dans les arbres, dans la mythologie scandinave. Cela nous convient assez”. Débarrassé des machines, le duo a fait un retour vers les instruments traditionnels : Guillaume, 30 ans, aux chant et guitare, tandis que Bertrand, 34 ans, est crédité de basse, piano, glockenspiel. Récemment, un essai avec Julien Woittequand, batteur ayant officié avec Aldebert, a laissé entendre un son encore plus chaleureux pour la scène. Dans la décision de sortir un disque a aussi joué le hasard de rencontres qui, de fil en aiguille, les ont amenés sur le label Booster Prod. “On marche au feeling, au coup de cœur. A un moment, je me suis demandé si je n’allais pas arrêter la musique indique Bertrand. Mais on peut encore faire des rencontres humaines dans ce milieu, avec une mentalité qui n’interfère pas avec nos convictions”.
Que ce soit pour les clips ou la pochette du disque réalisée par Chloé Vernier, étudiante aux beaux-arts, c’est toujours l’affectif, l’accord de fonctionnement que Guillaume et Bertrand privilégient. Pas besoin de concessions si elle heurtent leurs principes. “Cela fait 15 ans qu’on fait de la musique. Si on voulait vivre mieux, on aurait arrêté”. Citer Simon and Garfunkel comme référence montre que l’air du temps n’est pas trop leur souci. “Notre but, c’est faire ce qu’on aime et rester honnêtes”.

   "La pop est anglaise
   comme le flamenco espagnol"


Dans le monde d’internet, qui représente “un bel outil permettant des découvertes”, ils restent attachés à l’objet disque, avec pochette et livret. Chanter en français sous prétexte d’avoir plus de chances d’être diffusé ne les intéresse pas plus. “D’abord les paroles me viennent naturellement en anglais explique Guillaume. C’est une langue très musicale en raison de sa poésie et de sa simplicité. Ensuite, quand on revendique tous ces artistes anglo-saxons on ne peut qu’écrire en anglais. La pop est anglaise comme le flamenco est espagnol”. C’est lui qui est principalement à la base des chansons. Mais sa principale grille critique demeure son frère aîné. “J’écris et je lui soumets. A chaque fois j’ai le trac”. Si elle passe cet unique obstacle, la chanson est adoptée. Tous deux se complètent. L’un rebondit sur une phrase de l’autre, prolonge ou confirme ses dires. Ils s’entendent à demi-mot dans un humour décontracté et pince sans rire, dont le clip de Desperation land donne un bon aperçu. Lorsqu’on leur demande leurs goûts du moment, ils partagent la réponse : “Ray Lamontagne, Josh Ritter, Josh Rouse, Calexico”.
“On aime les mêmes choses, on s’influence l’un l’autre. Dans notre histoire familiale, c’est la musique qui nous a rapprochés”

Stéphane Paris

En savoir plus
yuleslesite.com 



"The Release"
Dès sa sortie, l’album “The Release” a été “Coup de coeur” de la Fnac, catégorie rock indépendant. Tous les commentaires parus reconnaissent des qualités au CD. Et tous suscitent invariablement une floraison de “name dropping” : au gré des chroniqueurs Shins, Magic Numbers, Kings of Convenience, Ed Harcourt, Randy Newman, Travis, Scud Mountain Boys, Herman Düne sont cités. On ira même jusqu’à évoquer John Lennon surgissant au milieu de “This is my Xmas song”. Point commun de ce panel : le sens mélodique, le refrain qui accroche. “The release” en compte son lot : “Carry on”, “Desperation land”, “Warning to the powerful orators” ou “the Unconscious master” ont ce quelque chose qui capte l’attention.  Sur d’autres morceaux, piano et guitare adoptent une tonalité très mélancolique, certains passages ne dépareillant pas de l’actuelle scène americana, dont l’instrumentation minimum fait souvent le maximum en termes d’émotion. “Musicalement, nous sommes plus proches de Nashville que de Lure” admet le duo. Il est vrai que les influences de ce courant ont depuis longtemps dépassé les frontières du Middle West. Après tout, Syd Matters est un groupe français et Locust Fudge, à la proximité encore plus évidente, un duo d’outre-Rhin. “En Allemagne, il y a une audience beaucoup plus ouverte à l’americana” déclare Guillaume. Ce n’est pas sans raison que l’album sortira début 2008 en Allemagne et en Autriche.

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