mai 2009

Dans la carrosserie, «il faut être tâtillon»

Carrossier-peintre : une profession accessible rapidement avec un CAP ou un bac pro.
Photo Laurent Cheviet
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Yannick et Jérôme Vuillemot viennent d’ouvrir un garage à Chalezeule, à côté de Besançon. Ils ont repris et adapté une entreprise, ce qui leur permet de bénéficier d’une clientèle déjà acquise. Jérôme travaille depuis  bientôt 15 ans dans la carrosserie. Il a passé 2 CAP en carrosserie et en peinture au CFA Hilaire de Chardonnet, en étant en apprentissage au garage Vallier à Saône. “J’ai tout appris là-bas. Ensuite, j’ai fait plusieurs garages avant d’ouvrir celui-là avec mon frère. On voulait se mettre à notre compte pour avoir plus de responsabilités et être nos propres patrons”. Une situation qu’il ne recommande pas sans expérience. “Le plus dur, c’est le début. Je pense qu’il faut au moins 5 ans d’expérience en carrosserie pour être à peu près opérationnel. En peinture, c’est encore pire : en général, on expérimente toutes les erreurs par soi-même”
Ils ont ouvert leur garage au mois d’octobre, pas au meilleur moment en termes de conjoncture économique. Pourtant, la crise, ils ne connaissent pas pour le moment. Ce qui peut s’expliquer : pour ne pas avoir à acheter de nouvelles voitures, les particuliers préfèrent entretenir le mieux possible celui qu’ils ont. “On est blindés de boulot depuis qu’on a commencé annonce Yannick. La carrosserie se développe et je suis tout le temps occupé. Pourtant, il y a beaucoup de concurrence”. 

   
Débosseler, planer, remodeler...

Le carrossier répare les véhicules accidentés. Il peut  être amené à ajuster le soubassement du véhicule. De plus en plus souvent, au lieu de débosseler, planer, redresser, remodeler, il remplace l’élément de carrosserie abîmé. Il travaille le métal comme le plastique, de plus en plus présent. Il en profite pour mettre aux normes actuelles le véhicule accidenté. Une grosse partie du travail consiste à peindre les éléments pour retrouver l’esthétique d’origine. Le métier n’est donc pas aussi monotone qu’on pourrait le croire. “Ce ne sont jamais les mêmes chocs, donc pas les mêmes choses à faire. Et suivant la marque des véhicules, le travail est plus ou moins compliqué. Donc je ne dirais pas que c’est routinier. Au contraire, il faut une bonne capacité d’adaptation”.  
Il faut travailler debout ou accroupi, avec des produits parfois toxiques et dans des locaux bruyants lorsqu’il s’agit de grands garages. Mais ce n’est pas ce que Yannick retiendrait en priorité : “en carrosserie, tout est visuel alors il faut se mettre à la place des clients, être encore plus tâtillon, maniaque qu’eux. En peinture, le plus dur est de trouver la bonne teinte, même si on a des codes couleurs. Les pires sont les blancs”. Physiquement, le travail a évolué “même si c’est dur de poncer pendant 8 h”.
Mais comme partout les techniques et la technologie évoluent : banc au laser, appareils à souder plus performant, peinture à l’eau, ponçage à sec, matériel de verrinage afin de tirer la tôle pour la redresser. “Cela permet de gagner du temps mais de manière générale, il faut aller plus vite qu’avant constate Yannick Vuillemot. Pour des petits chocs, je peux faire 4 à 6 voitures dans la semaine. Pour un gros choc, une seule”. 
S’il a un conseil à donner aux jeunes, c’est de faire leur apprentissage dans un petit garage : “l’apprentissage, c’est le plus important. On apprend mieux et plus vite dans les petits garages à la campagne car on nous confie plus facilement des tâches, même si ça ne rigole pas tout le temps !”

S.P.



Salaire
Un carrossier débutant commence généralement au smic, 1320 euros brut par mois mais il existe des variations d’un garage à l’autre. Il est possible de gagner plus en étant indépendant, mais la fourchette est large en fonction de l’emplacement et de la clientèle.

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