C’est un moment furtif mais que Gabin Mathé savoure toujours :
« Être en l’air, avoir l’impression de voler, d’être en apesanteur. Passer au dessus de la barre, et voir qu’elle reste en place. » L’année passée, le perchiste a battu son record : un saut à 5,51 mètres de haut.
Cette discipline, il a commencé à la pratiquer au collège. Depuis, il s’entraîne avec « Raph », Jean-François Raffalli. Cet ex-athlète de haut niveau dirige le
Club Athlétique des Eaux-Vives de Cercy-la-Tour, dans la Nièvre, où Gabin a fait ses gammes.
Un goût prononcé pour la compétition
Pendant des années, le jeune Bourguignon a concilié perche et rugby - sport qu’il avait commencé à 4 ans.
« J’ai toujours adoré la compet’, se souvient-il.
En classe de première, j’ai commencé à performer à la perche, en passant la barre des 4m80. Mais j’avais peur de me blesser au rugby. » Alors, il a décidé de mettre de côté le ballon ovale pour se consacrer à la perche. Sans regret.
Une fois son bac en poche, il s’est lancé dans un BTS en analyse et comptabilité d’une entreprise agricole. Pour concilier ses études avec le sport, il a préféré les étaler sur trois ans plutôt que sur deux. La semaine, il est à l’internat, au lycée agricole de Challuy, dans la Nièvre. Le week-end, de retour chez ses parents, à Montambert, à 60 kilomètres de là. Et qu’il soit à l’internat ou à l’école, c’est séance de sport quotidienne, avec un entraînement plus léger le dimanche.
Forcément, sa vie est assez différente de ses camarades de classe. Quand les autres étudiants partent en soirée, lui décline.
« Certains me demandent si ça ne me saoûle pas, raconte-t-il.
Je refuse parfois avec un pincement au coeur mais ma façon à moi de profiter et d’être épanoui, c’est de me concentrer sur le sport. » Lorsqu’il n’est pas en cours ou en train de s’entraîner, il aime donner un coup de main à son père, éleveur de charolaises.
« Ça me permet de penser à autre chose que la perche, et de garder les pieds sur terre. »
Les JO en ligne de mire
Jusqu’à présent, ses performances lui ont permis de participer à des compétitions internationales au Pérou et en Israël. La performances dont il est le plus fier ? Son titre de champion de France juniors (moins de 20 ans) en 2024.
En 2028, il espère se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles, et en 2032, à ceux de Brisbane. Et pourquoi pas avec sa petite soeur, Adèle, 19 ans, elle aussi perchiste.
Parmi les sportifs qui l’inspirent figurent Renaud Lavillenie et le Nivernais Jules Cyprès.
« Tous les deux n’avaient pas de capacités physiques hors normes mais ils ont travaillé dur, n’ont jamais baissé les bras. Je me reconnais là-dedans. »
En juin, Gabin termine son BTS. Et ensuite ?
« Je ne sais pas encore… peut-être continuer les études, ou bien trouver du travail mais à temps partiel. » Car sa priorité, c’est la perche. Il rêve de pouvoir s’y consacrer pendant une dizaine d’années.
« Mais les perchistes qui vivent de leur sport sont rares. Il faut vraiment être parmi les meilleurs, être dans le Top 5 en France, et trouver des sponsors, des équipementiers… »
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