Pour Loli Jean-Baptiste, la direction artistique d’un festival est une nouvelle casquette dans un parcours qui en compte déjà beaucoup : comédienne, metteuse en scène, enseignante à l’Université Marie & Louis Pasteur où elle a soutenu une thèse sur le théâtre démontable ambulant forain, intervenante, donnant par exemple des cours au lycée Cuvier à Belfort. A tel point qu’elle pense arrêter son activité universitaire.
« Je suis curieuse, j’aime faire plein de choses. J’aime autant mettre en scène que jouer et ça donne une légitimité pour enseigner. A l’université, j’ai même pris la responsabilité de la licence. Tout se répond très bien, mais la direction artistique du festival demande encore plus de temps et là, je dois quand même faire des choix. Je veux essayer d’aller vers l’intermittence, sans abandonner la transmission et l’animation d’ateliers ». Le
festival des Nuits de Joux se déroule entre le 24 juillet et le 10 août, mais le travail induit est beaucoup plus large que cette période.
« De toute façon, dès qu’on peut, on va voir des spectacles, parce que c’est notre métier et par passion ».
Elle date son attirance pour le théâtre de son enfance dans le Jura (elle est née à Dole il y a 30 ans).
« Dès 8 ans, j’ai été inscrite à un cours de théâtre et ça m’a plu tout de suite. Ensuite, j’ai toujours voulu travailler dans le milieu du théâtre. Au début, c’était comédienne. J’ai pris goût à la mise en scène quand Aurélien Deque m’a demandé de m’associer à celle du Roi Lear par la compagnie du Bondinho, dont je fais aujourd’hui partie. »
Après le bac L option arts plastiques, elle a entamé son cursus universitaire en même temps qu’un parcours au conservatoire à rayonnement régional du Grand Besançon lui donnant un certificat étude théâtrale. En cours de route, elle a également accompli un service civique, à la fédération des arts de la rue. Sa première expérience professionnelle, c’était avec Thierry Combe et le
Pocket Théâtre, compagnie jurassienne très orientée sur les arts de rue depuis 20 ans.
Ce domaine du spectacle de rue l’attire particulièrement.
« Je crois que ce qui m’a rapidement plu dans le théâtre, c’est d’être avec plein de gens. L’effet troupe, le partage, c’est unique. En ce qui concerne les arts de la rue, j’aime bien ce qui n’est pas conventionnel. Il y a un rapport différent, sincère, vivant avec le public. Avec Aurélien Deque, on se retrouve sur certaines valeurs, notamment la culture en ruralité pour des personnes qui n’y ont pas forcément accès. On aime bien s’appuyer sur des textes classiques et dire qu’ils ont des problématiques actuelles, qu’ils sont pour tout le monde. La notion de théâtre populaire m’intéresse. Il faut l’ouvrir au maximum de gens ! »
Avec la compagnie du Bondinho, elle participe à
L’Homme des bois, dans une écriture adaptée, avec récolte de la parole d’habitants à propos du rapport à la nature et de la cabane d’enfance. Pour Nuits de Joux, Loli met en scène
Sous l’armure, d’après un conte contemporain de Catherine Anne. Il y est question de stéréotypes de genre, de choix et d’émancipation, dans un dispositif immersif à 360 °, renforçant l’implication du public.
« On parle d’un festival qui a 50 ans, qui est ancré dans son territoire en lien avec un lieu d’histoire, le château de Joux. On veut renforcer ces aspects, rester proches des gens. Et faire une programmation ouverte sur la jeunesse, en donnant la chance à de nouvelles compagnies comme les Cas Brioles, qui sont dans leur première année d’intervention ».
S.P.
Commentaires
Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.