Les chiens ne font pas des chats et les badistes font des badistes. Anna Tatranova, originaire de Villers-le-Lac et née il y a 22 ans de parents internationaux ukrainiens, Natalya et Konstantyn, installés dans le haut Doubs à l’issue de leur carrière, tape ses premiers volants en même temps qu’elle apprend à marcher.
Après de nombreuses saisons
au club de Morteau, la jeune joueuse très prometteuse connaît ses premières sélections nationales en U15 puis intègre assez naturellement
le pôle France de Bordeaux à 17 ans. Elle y séjourne trois ans avant de rejoindre
l’Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep), à Paris, considéré comme la fabrique à champions du sport français.
« Je m’entraîne avec un coach suédois, Henri Hurskainen, qui a été 34e mondial en 2014. J’ai une chambre individuelle, la cantine, le centre médical, l’espace de récupération... Tout est au même endroit. Avec mes coéquipières (ndlr : néanmoins concurrentes !)
et les autres sportifs, l’ambiance est cool car on est tous dans le même monde, on suit les résultats des copains. »
Un héritage sportif
Le championnat interclubs rythme son quotidien. Anna évolue sous les couleurs du
VGA Stella Saint-Maur (Val-de-Marne) en top 12 et se définit comme une joueuse défensive et contre-attaquante. Elle a pris la tête des bilans français mais continue visiblement à ne pas se la prendre.
« Mes parents, qui ont connu le top 20 mondial, viennent me voir jouer et m’apportent un avis de spécialiste extérieur sur mes performances, de manière bienveillante, et je pense que c’est un plus. »
LA fait rêver
Les « Europe » organisés en début d’année en Espagne se sont plutôt bien passés, avec une défaite honorable en 8e de finale face à la tête de série numéro 8. L’avenir semble s’écrire en caractère gras, avec d’abord le déplacement à New Delhi en août prochain, pour les championnats du monde (du 17 au 23). Pas vraiment un bad trip… Et les JO 2028 arriveront vite. Los Angeles, ville vibrante, culturelle et cosmopolite, fait saliver tout le monde, les anciens qui se souviennent des exploits athlétiques de Carl Lewis, et les jeunes, bercés par les clichés glamour d'Hollywood, Berverly Hills et Santa Monica...
Les derniers JO, à Paris, étaient arrivés un peu tôt pour Anna, qui s’était contentée des gradins, avant de disputer ses premiers mondiaux il y a un an, au même endroit. Cette première expérience inoubliable, dans une très grande salle
« que je n’ai pas trop mal gérée » permet d’envisager l’avenir avec optimisme. A partir d’avril 2027, les résultats commenceront à compter pour la qualification aux Jeux.
« Aujourd’hui, je suis numéro 1 française, mais il n’y aura qu’une seule place » explique-t-elle, prudente et consciente du travail à fournir pour réaliser un premier rêve et plus tard, pour intégrer le top 10 mondial. Avant de mettre à profit ses études et devenir peut-être architecte d’intérieur, une fois les raquettes et les projectiles en plumes de canard remisés dans la housse.
Christophe Bidal
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