Lorsqu’on pose la question de leurs influences, les deux cousines citent Wet Leg, Thérapie Taxi, La Femme, Fiddlehead et
« beaucoup Turnstile » (1). Apolline Magnet et Zoé Barge partagent avec le groupe hardcore de Baltimore un goût prononcé pour l’énergie délivrée dans des capsules rapidement et rondement menées, traversées de pulsions électriques roboratives.
Les impulsions imprimées aux refrains de leurs singles
Oulala ou
C’est Ok, le groove communicatif de
Mode Avion, les rythmes sautillants sont de bon augure pour la scène. Ça tombe bien pour le public de la région qui va pouvoir les apprécier cet été aux Eurockéennes, à la Paille ou à Détonation.
« Quand on a reçu le coup de fil des Eurockéennes, on a quand même crié ! Nos parents y sont allés tellement de fois. On n’en revient toujours pas, mais on a hâte d’être à ces festivals. »
Le succès est venu assez vit puisqu’elles ont débuté fin 2021 et ont à leur actif un EP 7 titres et quelques singles. L’an dernier, elles ont été sélectionnées au Fair et aux Inouïs du Printemps de Bourges,
« qui nous a bien boostées ». Le duo aujourd’hui clermontois a débuté à Nevers (Apolline en est originaire, Zoé vient de Vichy).
« Au départ, j’ai proposé à Zoé de faire des reprises dans les bars et restaus. L’envie de faire des compos est venue assez vite et rapidement on a été accompagnées par le Café Charbon, qui nous a mis en relation avec Nicolas Steib ». Le Lyonnais fait aujourd’hui office de 3e membre du groupe, à la fois manager et compositeur associé. Sur scène, toutes deux se partagent le chant, Apolline est à la basse, Zoé à la guitare.
« Un duo de meufs ! Il y en a en Angleterre, aux Etats-Unis, moins en France. C’est forcément plus difficile sur plein d’aspect, aussi bien sur la sécurité que la crédibilité. En tant que femmes, on doit plus prouver... » Rester à deux sur scène leur apporte une cohésion à laquelle elles tiennent.
« C’est comme ça qu’on kiffe. D’ailleurs on a beaucoup de retours du public sur notre complicité sur scène. Etre juste nous deux, notre ordi, nos instruments, c’est un challenge pour la scène et les compos. On doit faire attention à pas en mettre trop. »
Groupe communicant
Toutes deux écrivent. Leurs textes paraissent aussi spontanée que la musique, c’est celle de leur génération de jeunes femmes de 20 ans qui parlent de leur quotidien, sans rien s’interdire. Exemple avec
C’est OK :
« Ce morceau, c’est votre feu vert pour accepter vos contradictions, vos pensées intrusives, votre chaos intérieur, sans culpabilité » notent-elles sur Facebook.
« On écrit nos morceaux comme on écrit sur Snap, rient-elles.
On écrit avec sincérité, sur des thèmes qui nous touchent. Cela dit, notre public est très intergénérationnel ». Le nom du groupe est lié à l’écriture :
« On a un copycount où on écrit tout ce qui nous arrive, notre quotidien comme les choses qui nous révoltent. J’avais noté le nom Copycat dans ce carnet pour un autre projet » indique Apolline.
Pour l’instant, le Français est de mise.
« On écoute beaucoup de choses en anglais, mais on kiffe d’écrire en français. C’est une belle langue et c’est hyper challengeant. Et puis, avec des textes en français, il y a vraiment une communication de ouf. Ça donne un tout autre impact ».
Leur identité vient d’une spontanéité, née de l’écoute de beaucoup de choses,
« pas forcément rock ». C’est moins la catégorie musicale que l’effet qui les intéresse.
« S’il faut définir, on préfère dire pop vénère plutôt que rock ! Quand un truc nous plaît, qu’il sonne bien, on l’utilise. Par exemple, on a pas mal de parties parlées, car on aime bien le rythme que ça crée. On aime bien les rythmes entraînants qui donnent envie de danser. On ne veut pas faire de la musique dépressive, il est important de garder l’espoir. Il y a peu de temps, une femme nous a écrit après un concert : « j’ai pleuré, j’ai dansé, j’ai crié ! » C’est cool de pouvoir donner ce mélange d’émotions. »
S.P.
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