novembre 1995

Le contenu compte plus que la forme

Un CV doit être bref et mettre en valeur ce qui importe à l'entreprise formation et expériences. Deux mots peuvent résumer les nécessités de la lettre de motivation : efficacité et concision. En ce qui concerne l'entretien, l'employeur ne cherche pas à piéger le candidat : juste à essayer de percevoir son comportement dans les relations humaines.

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Curriculum vitae

Faut-il tout dire dans un CV ? La réponse penche plutôt vers le oui, notamment en ce qui concerne la formation et les diverses expériences. « Si le cursus est inscrit dans une logique, ne faire apparaître que les deux derniers niveaux de diplômes conseille Didier Nicvert. Mais on rencontre de plus en plus de jeunes ayant suivi un parcours moins linéaire, avec un CAP, une 1re d'adaptation et un bac pro, puis un DUT. Cette démarche est intéressante et mérite d'être mise en valeur ».
En général, la personne qui reçoit le CV dispose de peu de temps : elle doit voir en un coup d'oeil ce qui est important. « Un CV ne devrait pas dépasser un 21x29,7 avec un rapide état civil rappelle Béatrice Godard de l'Union patronale du Doubs. Mieux vaut une continuité chronolgique. Mettre en valeur les points forts en commençant par la fin. Mettre d'abord les expériences professionnelles puis les formations ». « C'est le contenu qui importe déclare Jean-Louis Blot. La forme, ça fait partie de l'air du temps. On sacrifie l'être au paraître. Mais une entreprise va sélectionner en fonction du contenu : il faut être très clair sur le niveau de formation, l'expérience, les autres activités. Mettre en évidence les points essentiels : niveau de formation et spécialisations, dont les langues, expériences professionnelles dont stages et emplois d'été, vécu niveau des autres activités ».
Dans ce cadre, il est souvent intéressant de souligner des connaissances particulières comme le note Didier Nicvert : « Il y a des compétences qui ne semblent pas avoir de rapport avec le poste proposé et qui pourtant peuvent être appréciées. Dans une entreprise, il existe des postes aujourd'hui et des opportunités pour demain ».
Enfin, tous les détails ne sont pas nécessaires, notamment s'ils peuvent constituer un obstacle : dans ce cas, il vaut mieux attendre l'entretien pour en discuter : ainsi en va-t-il des périodes de chômage si elles sont de longue durée, de l'âge, de la situation familiale.
Quant à la photo, elle n'est pas conseillée sauf s'il s'agit d'un poste de commercial.

Lettre de motivation

La lettre de motivation doit juste faire passer quelques idées clés, en trois pavés brefs : pourquoi on écrit, un bref développement sur qui on est, ce que l'on recherche, ses motivations et une phrase indiquant que l'on reste à la disposition de l'employeur pour le rencontrer, avec une formule de politesse. Pour le reste, il n'y a pas de règles. C'est là que les recruteurs ressentent le plus l'absence de personnalité, les modèles de tournures ou de lettres recopiées. Or, s'il y avait un modèle, il serait connu. Selon Béatrice Godard, « cette lettre est le complément indispensable du CV qui montre comment la personne s'exprime. C'est l'occasion de renforcer ou ajouter les points qui semblent positifs ». Dans la forme, elle doit au moins être propre, lisible, sans faute d'orthographe : signe d'une application, d'un intérêt porté à la personne qui va la recevoir et donc à l'entreprise. « Je reçois des lettres sur papier demi format découpées à la main, d'autres sont illisibles... s'étonne encore Didier Nicvert. L'a priori n'est pas favorable. Il faut veiller également aux fautes d'orthographe, qui, bien que parfois pardonnables, peuvent généralement être évitées par une lecture attentive ou le recours au dictionnaire ». A ce titre, les fautes d'orthographe sont symboliques des techniques de recherche d'emploi. Certains n'y attachent pas d' importance, d'autres oui. Comme il n'y a aucun moyen de savoir si tel ou tel employeur y fera attention, autant ne pas en faire, pour être sûr de bien tomber. Sans oublier que l'on est toujours en concurrence avec d'autres postulants. Sur le fond, la lettre doit être claire et courte, aller à l'essentiel. Un recto suffit car elle est souvent lue en diagonale, en lecture rapide. « De toute façon, le chef d'entreprise n'ira pas plus loin que 25 lignes » précise Béatrice Godard. La lettre est le moyen par lequel il se fait une idée de vous et songera à vous contacter ou non ultérieurement. « Le CV et la lettre doivent donner envie de rencontrer la personne » insiste Didier Nicvert. Bernard Sohm conseille, même si ce n'est pas facile, « d'essayer de dire en quoi je suis différent et en quoi je peux intéresser l'entreprise ».

Entretien d'embauche

L'entretien d'embauche doit permettre à l'employeur de répondre à plusieurs questions : le candidat est-il capable de passer d'une démarche individuelle (l'école) à une démarche collective (l'entreprise) ? Est-ce qu'il va s'adapter facilement et rapidement à la culture de mon entreprise ? Est-ce qu'il saura évoluer ? Ce n'est plus le cursus qui l'intéresse mais la personne. Les employeurs savent peu ou prou à quel niveau moyen de connaissances correspond le CV : si vous êtes arrivé à l'entretien, c'est qu'il convient. En outre, en réponse à une annonce, il y a toujours 20 personnes possédant le même niveau de base. Le candidat doit donc apporter autre chose : son comportement, son idée du travail, sa motivation, son autonomie, son potentiel. Il vient présenter un vécu : « En plus des diplômes, voilà qui je suis ». Ce que souligne Jean-Louis Blot : « Je ne recrute pas des diplômés. Le diplôme n'est qu'une clé. Il faut regarder derrière la porte et derrière, c'est l'individu. J'ai déjà embauché des gens qui n'ont pas de diplôme : ce ne sont pas les plus mauvais. Beaucoup de gens sont doués d'une intelligence concrète alors que l'enseignement de l'Education nationale fonctionne sur l'intelligence abstraite. Cette pédagogie ne leur est pas adaptée, ça ne veut pas dire qu'ils ne s'adapteront pas à l'entreprise ». Bernard Sohm, lui, essaye de « voir la facilité d'expression orale, la manière dont le candidat réfléchit sur ce qu'il a fait, la facilité d'entrée en communication avec quelqu'un d'autre, voir en quoi il a été passionné par quelque chose ». Dans ce cadre, l'essentiel tient dans les relations humaines, car il s'agit de pouvoir s'intégrer à un milieu existant. L'entretien est aussi là pour préciser et expliquer un parcours. Il n'est pas interdit de bifurquer, il faut pouvoir l'expliquer. « Répondre aux «pourquoi» est une façon de se préparer à l'entretien pense Jean-Louis Blot. Savoir notamment pourquoi on est là. Ce qui suppose un projet professionnel, qui doit être sous jacent à la recherche d'emploi et s'élaborer à partir de la question : qu'est-ce que j'ai envie de faire ? ».
Selon Didier Nicvert, le premier contact est important car « il donne un bon ou mauvais a priori ». L'apparence n'est pas éliminatoire, mais il faut toujours penser que plusieurs personnes se présentent pour un poste et que le choix peut se faire sur un détail. S'il est fort déconseillé d'apparaître trop sûr de soi, arrogant, d'avoir tout vu, l'émotion n'est pas une tare : « On sait bien que l'entretien est une chose qu'on redoute et on est rarement au sommet de sa forme. L'émotion montre aussi qu'on a le sens de ce que représente la situation ». « Ce n'est pas une question de vêtements précise Bernard Sohm. C'est surtout un savoir être : ouvert, prêt à répondre aux ques-tions, avec politesse. C'est l'effort de se présenter à quelqu'un d'autre, révélateur d'une adaptation. Dans une entreprise, on ne peut pas se permettre de laisser-aller, en particulier pour les conditions et la sécurité du travail. Il faut donc faire un effort ». 
Sur la question parfois posée du salaire, plusieurs avis. Soit répondre par une fourchette, en rapport avec le poste en question. Soit reposer la question en demandant ce que propose l'em-ployeur. De toute façon, ne pas mettre de prétentions salariales sur le CV et la lettre.
Enfin, lors de l'entre-tien, un employeur ne cherche généralement pas à piéger le candidat. Les questions comme « quelles sont vos qualités et vos défauts ? » servent plutôt à voir une réaction. Il ne s'agit pas demettre le candidat mal à l'aise mais de savoir comment il réagit. Pour ce qui est des qualités et défauts, Christiane Rainone, de l'Union patronale, préconise par exemple de parler d'abord des défauts en les expliquant par une qualité et surtout de ne pas oublier ensuite les qualités.

S.P
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