Son instagram, c’est
romano.handicapable. Un pseudo très volontariste.
« Je suis quelqu’un de très autonome » affirme-t-il.
« Quand on est en situation de handicap, beaucoup d’endroits ne sont pas adaptés et je trouve que les choses ne s’améliorent pas beaucoup. Rien n’est facile et rien n’est facilité. Mais je veux oeuvrer en faveur de l’inclusion et montrer qu’en situation de handicap, on peut s’en sortir ». Trottoirs trop petits ou encombrés, logements et transports en commun peu adaptés, les exemples d’obstacles quotidiens lui viennent facilement à l’esprit.
« Souvent, c’est mon père qui me véhicule. Je suis apte à passer le permis, mais il faudrait un aménagement pour la voiture qui coûte environ 100 000 euros, donc ce n’est pas possible ».
Malgré les obstacles, Romain Vuillemey a mené à bien ses études, avec une scolarité qu’il a pu suivre normalement : passionné d’informatique, il a obtenu un bac pro avec mention. Un service civique à France Travail Lure qui
« s’est super bien passé » le motive pour chercher un emploi activement, même s’il sait que
« le handicap est la première cause de discrimination en France. Je suis en pleine recherche mais je reçois énormément de refus ».
Multisportif
Sa volonté, il la prouve dans le domaine sportif. Il pratique le frame running, le para athlétisme et surtout la boxe fauteuil, sport dans lequel il a été champion régional, champion interacadémique et champion de France UNSS avec un de ses meilleurs amis (NDLR : la boxe fauteuil se pratique avec un coéquipier). Il a également gagné la coupe de France de para karaté contact,
« mais ça prend trop de temps ». Dernièrement, il a terminé 3e du triathlon du Lion. L’année prochaine, il prévoit déjà de faire son premier marathon à Paris et les 24 h de l'INSA de Lyon à vélo avec un deux sièges
« pour que je pédale avec un coéquipier ». Il aimerait aussi participer aux Jeux paralympiques, en athlétisme. Il fait tout ça en espérant contribuer à
« faire changer les mentalités vis-à-vis du handicap » mais aussi pour la dépense physique.
« Mon sport principal, c’est la boxe. J’ai commencé il y a 7 ans dans mon lycée Denis Diderot à Bavilliers dit le jeune homme de Plancher-Bas.
C’est un prof d’EPS, Vincent Jeudy, qui m’a fait découvrir la boxe en fauteuil. J’ai essayé une demi-heure et ça m’a plu ». Depuis, il a poursuivi au
Belfort Boxing Glacis. « Ce qui me plaît, c’est le dépassement de soi, la possibilité de se défouler. C’est aussi un sport qui mêle toutes les classes sociales, une discipline individuelle mais avec un esprit collectif. Au club, il y a beaucoup de personnes en situation de handicap et on s’entraîne avec les valides ».
Le sport est aussi une pratique particulièrement utile à sa santé.
« Je suis né avec une hernie diaphragmatique générale qui a nécessité deux opérations dont une deux jours après ma naissance. Cela a généré des problèmes de dos et de poumon. J’ai été opéré du dos pour une scoliose, j’ai eu des tiges de croissance et 3 anneaux crâniens pour redresser la colonne, j’ai porté un corset pendant 7 ans, résume-t-il.
Dans cette situation, faire du sport m’aide à augmenter la capacité respiratoire. Mon chirurgien me l’avait également conseillé pour me muscler le dos ».
Il s’entraîne deux fois 1 h 30 par semaine, sans compter ses autres disciplines.
« Je trouve que c’est quand même pratique dans le Territoire de Belfort. Ce n’est pas grand, mais il y a beaucoup de structures sportives et elles sont bien adaptées ».
S.P .
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