Pour les gamers, son métier est un rêve : Steeelback, pseudo de Pierre Medjaldi, vit à temps plein de ses performances en jeu vidéo depuis 2015. Un passe-temps devenu profession sans être vraiment une vocation. «
Plus jeune, je jouais à des jeux FPS comme Call of Duty. Je me suis mis à jouer à League of Legends juste parce que mes amis jouaient. J’ai rapidement commencé à performer et à monter, monter, monter. Ce n’était pas vraiment mon but, mais c’est simplement que je n’aime pas perdre, donc je donnais tout pour gagner ! Je me suis retrouvé tout à coup très haut. A 18 ans, j’avais deux comptes dans le top 50 européen et j’ai été repéré par Fnatic. Mais ce n’était vraiment pas un but. J’ai eu la chance d’être bon rapidement. » Son orientation s’en est trouvée modifiée.
« J’étais quand même attiré par l’ordinateur. J’ai fait des études en STI. Comme la scène LOL s’est rapidement développée, j’ai bifurqué naturellement sans que cela soit mon objectif n°1. »
Une vie de sportif
Steeelback, son pseudo, est dérivé de Switchback, un jeu auquel Pierre Medjaldi jouait beaucoup petit. Aujourd’hui dans l’équipe
Skillcamp, il a fait de League of Legends son quotidien. Une année de compétition est organisée en 3 phase de 3 mois entrecoupées de périodes de pause, pendant lesquelles il faut s’entretenir, ne pas perdre le niveau. Il note que depuis ses débuts, les pratiques ont évolué avec un besoin grandissant de sérieux et d'organisation. Etre joueur d’esport, c’est s’entraîner, se préparer athlétiquement, tactiquement, mentalement.
« En ce moment, ma journée type, 6 jours sur 7, est la suivante : je me lève à 9 h, je fais du sport jusqu’à 11 h 30 – 12 h et l’après-midi, je m’entraîne de 13 à 23 h, avec des pauses. Il faut se discipliner sur la diététique, la récupération, le sommeil. Dès que je dors moins, je vois une différence nette dans mes performances ». Il a parfois des entraînements en groupe à Strasbourg, où son équipe est basée.
« On a un coach, un assistant coach, un manager pour la logistique. Certaines équipes ont même des psychologues » précise-t-il. Il faut aussi compter les déplacements, lors d’événements esport en scène.
« Mais ça a des avantages. Depuis que je suis dans le circuit pro, j’ai pu voyager dans de nombreux pays. »
Et comme toute pratique sportive, la blessure guette.
« J’ai eu des complications à cause de ma posture. Mais c’est comme tout, quand on fait quelque chose de répétitif, il faut y faire très attention. J’ai aussi eu des vertiges, des acouphènes à cause du casque, alors aujourd’hui je privilégie le haut parleur. Il faut aussi faire attention à la distance de l’écran, utiliser des lunettes contre la lumière bleue... » A 29 ans, il ne se sent pas encore à l’âge de la retraite sportive.
« L’envie de jouer est toujours là. Je ne ressens pas non plus une grande différence avec les plus jeunes. De toute façon, si c’était le cas, je ne pourrais plus jouer. Je vois ceux qui arrivent, ils se donnent à fond et en font beaucoup, beaucoup. Plus âgé, on arrive à mieux se discipliner. Un jeu comme League of Legends demande de l’expérience, ce qui permet de compenser par rapport aux réflexes des jeunes. Il y en a que j’essaie de conseiller, pour leur donner de la confiance et les aider face à la pression. Ça me plaît et je me dis pourquoi pas devenir coach quand j’arrêterai. C’est quelque chose qui me tente et en plus, on en manque ».
S.P.
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