Huit médailles glanées lors du SIA 2026, c’est l’exploit réalisé par la distillerie Marguet Champreux*, basée aux Granges Narboz (Doubs). « Généralement, on revient avec deux ou trois médailles, mais pas huit, réagit Antonin Marguet. Cela n’était jamais arrivé ! On est contents car cela signifie qu’on a de bons produits. Pour les absinthes, on s’y attendait parce qu’on sait qu’elles plaisent beaucoup. En revanche, pour les whiskies et le jus de pomme, qu’on vient de sortir, c’est une surprise. Notre Sapinette et notre Génépi ont été aussi récompensés » détaille le jeune apprenti, fils du patron Stéphane Marguet.
« L’apprentissage, je conseille ! »
Ce dernier avait lancé l’aventure en 2015, associé à Jérôme Champreux. Les deux amis, tous deux passionnés de spiritueux de caractère, cherchaient à faire revivre un savoir-faire artisanal local en créant des breuvages authentiques, empreints de terroir et d’histoire. Ils se sont séparés en 2018 et Marguet Champreux a racheté la marque Ducret deux ans plus tard. En 2025, la société a lancé avec succès les « Epicuriades », un gigantesque banquet peuplé de produits « made in Franche-Comté ».
Antonin termine son apprentissage en bac pro métiers de la vente et du commerce à Pontarlier, un cursus qu’il conseille vivement aux élèves qui n’aiment pas trop les cours « normaux » et qui veulent apprendre en pratiquant. Il s’occupera du développement commercial une fois son examen obtenu, dans quelques semaines. En attendant, il travaille à la production avec le salarié de l’entreprise. « Nous sommes trois. Je gère aussi les visites de la distillerie. Mon père, lui, est sur la route pour rencontrer les clients. »
IGP en vue
Même si les temps ont changé, les alcools forts étant moins prisés que par le passé, « il y a toujours du boulot » explique Antonin. « On fait des spiritueux, absinthes et anisés, de l’eau de vie, comme par exemple de la gentiane, et des liqueurs de menthe, de citron, de sapin. La mode maintenant, ce sont les liqueurs, des produits plus légers. »
La clientèle est essentiellement professionnelle (grandes surfaces, caves à vin, bars et restaurants, épiceries), locale, même si la société exporte un peu, surtout de l’absinthe, en Allemagne et en Tchéquie. « Cela ne représente qu’une petite part de notre chiffre d’affaires » explique Antonin.
Quant à la concurrence, elle est plutôt dense, avec cinq producteurs uniquement dans le haut Doubs. « Mais on s’entend tous bien, surtout qu’on est en train de solliciter une IGP** ensemble ! »
Christophe BIDAL
Commentaires
Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.