Restée fidèle à Montbéliard et à son mentor JeanLouis Petitot, qui se souvient parfaitement avoir découvert un jour « une petite fille de 9 ans qui faisait de la danse et qui voulait gagner des coupes », Eva Lacheray revient sur sa première expérience olympique, à Paris, qui a laissé plus de traces que prévu, et évoque la saison à venir, sa vie d’entrepreneuse (elle est titulaire d’un DUT Techniques de commercialisation) et ses projets pour l’après-carrière.
Eva, comment se présente cette saison ?
Je pars pour des étapes de coupe du monde qui me permettront, j’espère, de me qualifier pour les championnats d’Europe organisés cette année en France, à Antony (Hauts-de-Seine) en juin, et pour les « Monde » à Hong Kong fin juillet. Pour l’instant, je suis dans les points mais la route est encore longue.
Comment s’est passée la période post JO 2024 ?
Cela a été compliqué de « repartir » après les JO. En fait, tout le monde m’avait dit que cela serait difficile mais je ne l’ai pas cru parce que je n’avais pas surperformé, je ne m’étais pas plantée non plus. Alors j’ai repris très vite l’entraînement car j’en avais envie. Mais en fait j’ai repris trop tôt. C’était une erreur car deux mois après, je n’en pouvais plus. Le coach de l’Insep (1) m’a renvoyée chez moi, à Montbéliard, en me disant « tu ne vas pas bien, pars. Tu n’es plus heureuse à l’entraînement, ça se voit ! » Cette période difficile a duré un bon moment, de février à juin 2025. Puis je suis retournée à l’Insep pour les échéances de fin de saison.
« Il m’apporte tellement »
Vous êtes restée fidèle au même coach depuis le début…
Oui. C’est Jean-Louis qui m’a formée, qui m’a fait évoluer, qui me connaît le mieux. Toutes mes victoires sont les siennes. Il m’apporte tellement… J’ai besoin de lui pour performer. Quand cela ne va pas, il sait me remettre sur les rails car il me connaît par cœur. Escrimement parlant (sic), ça marche très bien entre nous, on se comprend. La Eva de 15 ans et la Eva de 25 ans n’est pas la même personne et il s’adapte.
Vous bénéficiez du soutien de vos mécènes…
Oui. Ils sont exceptionnels, ils m’aident énormément.
Pourquoi avez-vous créé votre propre entreprise ?
En 2023, nous avons lancé, avec ma coéquipière de l’Equipe de France Jeanne Maréchal, l’entreprise EJ Unlimited. Nous faisons de la formation continue pour adultes. L’idée, c’est de transmettre aux collaborateurs d’entreprise, aux managers et aux dirigeants les soft skills qui font les champions : coaching, gestion du stress, gestion de l’échec, confiance en soi, des éléments que nous, sportifs, travaillons au quotidien parce que nous sommes bien entourés.
Comment envisagez-vous l’après-carrière ?
Je veux développer cette société d’abord. Ensuite, j’ai plein d’idées, peut-être trop ! Mes parents tiennent une boulangerie et s’apprêtent à prendre leur retraite, ça me fait un pincement au cœur alors pourquoi pas ouvrir aussi une boulangerie... Je me verrais bien aussi m’orienter sur la nutrition sportive. Je suis accompagnée par une naturopathe et je trouve que c’est un métier génial. C’est encore vague mais je ferai des choix.
Recueilli par Christophe Bidal
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