Leur mission autour du vélo est à la croisée de l’animation, de la solidarité et de la cohésion sociale. Depuis le mois d’août, Rui Duarte Ramos et Mathieu Salomon sont en service civique au sein du
groupe Profession sport loisirs, spécialisé dans l’animation et le sport, à Besançon. Ni l’un ni l’autre ne connaissaient ces deux domaines. Rui, venu de Porto il y a une quinzaine d’années, a fait des études d’informatique jusqu’en BTS. Mathieu, lui, a suivi un CAP cuisine, perturbé par des problèmes « dis ». Ils se sont rencontrés dans un groupe France Travail où ils ont monté un diaporama de sensibilisation au harcèlement (voir ci-contre).
Les deux jeunes gens de 24 et 21 ans, se sont pris au jeu avec un fort sentiment de se rendre utile. A tel point qu’ils envisagent l’un et l’autre d’orienter leur parcours vers ce domaine, en se qualifiant avec PSL.Ils disent beaucoup apprécier leurs missions, en ayant beaucoup acquis. Jean-Charles Galmiche, leur tuteur en tant que coordinateur du service mobilité douce de PSL, détaille :
« C’est vrai qu’on fait beaucoup de choses, avec 2 équipes basées à Besançon et Montbéliard ! Les 3 principales étant l’atelier de réparation gratuit dans les quartiers prioritaires de la ville, un module d’apprentissage du vélo pour adultes et un autre pour les élèves de CM1, CM2, 6e ». A côté de cela, le service gère le dispositif vélogarde du Département sur la véloroute.
« On l’a fait surtout l’été explique Mathieu.
On circulait entre Avanne et St-Vit et Besançon et Deluz pour répondre aux demandes de renseignements et s’assurer que la voie était praticable ». Moins habitué au vélo que Mathieu, Rui a dû se mettre à pédaler plusieurs heures de la journée,
« mais finalement, c’était super sympa. J’ai découvert qu’on peut prendre du plaisir en travaillant. Etre à vélo change les idées, mentalement, ça fait du bien ».
C’est au contact des adultes apprenant à faire du vélo qu’ils ont surtout appris, à travers une mission valorisante pour eux. Le service mobilité douce de PSL parvient à 80 % de réussite assez rapidement.
« Il a fallu qu’on apprenne les techniques d’apprentissage pour les aider au mieux. Notre public était constitué à 90 % de femmes, de tous âges, avec des séances d’1 h 30, parfois en utilisant l’anglais. Il faut de la patience, savoir gérer la peur, avec des personnes qui sont parfois en réapprentissage parce qu’elles sont tombées. Au fil du temps, j’ai acquis une technique qui me permet de les aider au mieux » relate Rui.
« Moi c’était plutôt dialoguer qui me faisait un peu peur au début déclare Mathieu.
Au fur et à mesure, ça m’a permis de prendre confiance en moi ». C’est encore plus vrai sur la partie réparation où il faut expliquer ce que l’on fait et comment.
« Au début, j’étais perdu admet Rui
et puis j’ai appris. J’ai eu un déclic quand je me suis aperçu que ça s’apparentait à l’informatique sur certains aspects… En tout cas, je ne voulais pas m’attacher à un seul métier, je voulais expérimenter, élargir mes centres d’intérêts et avec ce service civique, je suis servi ». Mathieu insiste sur le côté social.
« On n’est pas isolé et dans l’équipe, le courant passe bien ». Il ajoute qu’ils ont eu l’occasion de faire des animations périscolaires ou des après-midi jeux et réparations sur les haltes fluviales de Besançon et Deluz. Autant d’occasions d’être en contact avec le public et de
« prendre de l’assurance ».
S.P.
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