février 2021

Fatoumata Sylla : « C’est un voyage de rencontrer des gens »

Après plusieurs expériences de cadre salariée, cette Bisontine s'apprête à lancer Toc & Miam avec l'ambition de générer du lien social convivial.
Photo Yves Petit

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Toc & Miam
Toc & Miam est une plateforme permettant des échanges, des contacts, des rencontres autour d’un repas. Son but est de lutter contre la solitude en contribuant à créer du lien social. Elle mettra en contact des personnes qui souhaitent recevoir des gens chez elles pour un repas et des invités qui partagent ce moment pour le prix d’un repas chez soi. L’activité est en cours de création ; je pense la lancer au mois d’avril, une fois que la plateforme sera totalement prête et sécurisée. Mais je précise que ce n’est pas un site de rencontre. Dans un premier temps, il faudra un minimum de 3 personnes pour rendre effectif un rendez-vous.

Parcours
J’ai eu un bac scientifique au lycée Victor Hugo à Besançon, puis j’ai suivi une prépa commerciale option scientifique au lycée Carnot, à Dijon. J’ai intégré l’ICN Business school de Nancy et ensuite j’ai occupé plusieurs postes de cadre dans la grande distribution.
A un moment, j’ai trouvé qu’il y avait un manque de sens à mon travail, mais ce sont surtout le suicide de deux proches et mon implication bénévole avec SOS Amitié qui m’ont donné l’idée de Toc & Miam. Des éléments qui m’ont fait comprendre qu’on peut être facilement affecté, perdre le goût de vivre, déprimer. A SOS Amitié, je me suis aperçue que le sentiment de solitude frappait des gens de tous âges, de tous types de situation. Je me souviens d’un chef d’entreprise qui voulait juste parler à quelqu’un, sans l’étiquette chef d’entreprise. On a tendance à croire que les jeunes ont beaucoup d’amis, mais eux aussi connaissent la solitude et la précarité, comme on le voit chez les étudiants. A une époque, j’avais un logement en Airbnb et il m’arrivait de proposer à mes hôtes de partager le repas moyennant une somme modique. Cela a donné lieu à des moments de partage merveilleux. Dans de nombreuses cultures, le repas est un moment privilégié de convivialité. C’est un voyage de rencontrer des gens ! Et les échanges peuvent permettre de relativiser, de trouver des solutions, d’avoir la reconnaissance du regard de l’autre. C’est comme ça que j’ai commencé à penser à Toc & Miam. De retour à Besançon, quand j’ai cherché des sites de ce type, je n’en ai trouvé que 2 mais c’était basé sur la gastronomie avec des tarifs de restaurant. Toc & Miam veut plutôt utiliser le repas au service du lien social.

Création
Lorsque j’ai décidé de me lancer, j’ai contacté la BGE qui m’a suivie pendant un an pour faire le business plan, les études marché, affiner le projet. J’ai eu la chance d’être encouragée par des prix Talents des cités aux niveaux local, régional et national ! Cela m’a permis d’avoir de la visibilité, des fonds pour lancer l’activité, un réseau d’experts. Cela m’a surtout donné beaucoup de confiance. Je vais aussi pouvoir intégrer Les Docks numériques, incubateur de startups, dont le but est d’aider et conseiller les entrepreneurs à se lancer. La principale difficulté rencontrée a été de me séparer d’un associé initial. Je pensais qu’être deux donnerait plus de poids et de facilité, mais en fait nos idées ne collaient pas. Alors j’ai dû faire seule. Cela dit, je ne me suis jamais mis de limite car je connais mon « pourquoi ». Je pense qu’un entrepreneur qui a un « pourquoi » trouve souvent le « comment ».

Etre cheffe d’entreprise
J’ai eu droit aux remarques : « on ne voit pas souvent des jeunes femmes de 30 ans qui se lancent seules dans un environnement tech ». Mais je n’y prête pas beaucoup d’attention. Peut-être que mes expériences d’avant m’ont forgée. J’ai vécu un entretien d’embauche où l’on n’a pas hésité à me dire : « on vous a sélectionnée sur la photo » ! A un moment, je me disais que si j’étais un homme, ce serait plus facile. Mais c’est commencer à se bloquer soi-même. Or l’entrepreneuriat, c’est surmonter les obstacles et les freins. Alors je me suis convaincue de ne plus me mettre de barrières, de ne pas tenir compte des remarques. Déjà qu’il y a le syndrome de l’imposteur, la peur de l’échec mais aussi celle de la réussite, la question de savoir si on aura les épaules, la solitude ! Autant ne pas en rajouter.

Salariat vs entrepreneuriat
J’ai vu des gens en CDI se faire virer du jour au lendemain alors il n’y a pas plus de sécurité dans l’un que dans l’autre. L’aspect psychologique est important : j’étais bien payée mais je tournais en rond et j’étais restreinte dans mon besoin de créativité et d’initiatives. Quand on ne trouve plus de sens, quand on s’ennuie, quand on va à reculons, l’argent ne fait pas tout ! D’un autre côté, l’entrepreunariat, c’est aventureux et plein d’imprévus, il faut avoir le mental pour ça.
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