février 2026

Lucie Nolet, internationale au service de la JDA Dijon Basket Fauteuil

Si elle est l’une des meilleures joueuses européennes, la jeune femme originaire de Montbard insiste surtout sur l’idée collective.
Photo Vincent Arbelet

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Refaire du sport après un grave accident de la route demande beaucoup de ténacité et de force de caractère. Lucie Nolet n’en manque pas. Elle l’a vécu en 2015. Devenue paraplégique, après un an et demi de rééduction, elle a débuté la basket fauteuil.  D’abord en loisir, mais très vite au plus haut niveau puisqu’elle est devenue internationale en 2018. « Elle a été reconnue meilleure joueuse à son poste lors du dernier championnat d’Europe rappelle Damien Lordel, son entraîneur à la JDA Dijon basket fauteuil. Comme il lui reste une grosse marge de progression, je pense qu’elle peut devenir une des meilleures du monde ».
Lucie, elle, garde la tête sur les épaules, parlant avant tout de dépense physique : « Avant mon accident, je faisais du handball à Montbard. Après, ce qui me manquait le plus, c’était le sport, l’activité physique. Quand on m’a fait découvrir le basket fauteuil pendant ma rééducation, j’ai tout de suite adhéré. Aujourd’hui, je m’entraîne beaucoup, mais c’est d’abord par plaisir ». Adjointe administrative au rectorat de Dijon, elle n’est soutenue, en tant que sportive de haut niveau, que par la Ville et le Team Sport Dijon.

Marathon et trail

Avide de défis physiques, elle a aussi accompli le marathon des sables Crazy Loops en 2024 et un trail à Courchevel l’an dernier, aidée par son frère et sa belle-sœur. « C’est dur, mais j’ai envie d’en refaire. J’aime tester, voir jusqu’où mon corps peut aller, mais j’aime surtout l’idée du défi sportif à partager en famille. On a le même objectif, on est dans l’échange, on passe de bons moments ».
C’est aussi ce qu’elle retient du basket fauteuil, un sport qui a la particularité d’associer personnes handicapées et valides, hommes et femmes (sauf au niveau international). « La mixité, c’est super intéressant, on est moins physique, mais on s’adapte techniquement. Je m’éclate parce qu’on forme une très bonne équipe, on s’entend très bien, on partage beaucoup de choses ensemble. J’ai apprécié ce sport dès le début car c’était ce qui se rapprochait le plus du hand. C’est aussi la discipline handisport qui se rapproche le plus de sa discipline mère. J’y ai retrouvé les sensations du hand, le jeu avec le ballon, le collectif. On joue même beaucoup plus collectif, car les 1 contre 1 sont très compliqués ». Bien s’entendre est une nécessité. Après avoir grimpé un échelon l’an dernier, l’équipe évolue en nationale 2, impliquant des déplacements longs et des week-ends tous ensemble. « Elle fait passer le collectif avant la performance individuelle insiste Damien Lordel. Elle a une grande compréhension du jeu et une capacité à décider rapidement. Pour moi, l’excellence, c’est de faire briller son équipe. Alors que le basket est l’une des disciplines collectives les plus individualistes, Lucie sait faire passer l’équipe avant les stats et la performance personnelle ». Son coach et coéquipier vante également « sa grosse capacité de travail et de recherche de l’amélioration » et, sans surprise, « une grosse capacité de résilience ».
Personnellement, Lucie Nolet se projette sur les prochains Jeux. Mais avant ça, elle met encore en avant son équipe : « On veut faire une aussi belle année que la saison dernière et pourquoi pas faire le final four. Je veux être la meilleure possible pour aider à atteindre ces objectifs ».

S.P.






Les prochains matches à domicile de la JDA Dijon basket fauteuil : le 16 janvier à 20 h contre ASPHA Strasbourg, le 31 janvier à 19 h 30 contre l’US Vandoeuvre, le 14 février à 19 h 30 contre Paris basket. 
En photo
Lucie Nolet (à gauche) à l'entraînement avec sa coéquipière Catheline Ramonet, jeune valide qui pratique le basket fauteuil depuis 5 ans. « Le plus difficile, c'est d'apprendre le maintien du fauteuil et du ballon.»

JDA Dijon basket fauteuil

S’il est satisfait des résultats du club, Damien Lordel met surtout en avant les valeurs du club, dans un sport qui fait de « l’inclusion inversée » (les valides s’adaptent et non l’inverse). « Notre ADN, c’est d’être un club formateur, de favoriser l’éclosion des jeunes. On a formé 7 internationaux en 15 ans, c’est une reconnaissance. On est aussi un club traditionnellement à forte dominante féminine, c’est aussi un choix auquel on tient ».

Suivre le club :
Les matches à domicile ont lieu au gymnase Jean-Marc Boivin, 22 rue de la Côte d’Or.
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