mai 2021

« Même jeune, on peut faire avancer les projets »

Dylan Demarche, 23 ans, est maire de Vellexon-Queutrey-et-Vaudey.
Photo Laurent Cheviet

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Quand, comment et pourquoi avez-vous eu envie de vous impliquer dans la vie politique ?
Depuis mon plus jeune âge, je m’y intéresse et j’ai pris une carte dès mes 16 ans. C’est d’abord le bien commun, l’intérêt général qui me tient à cœur et c’est aussi pur cela que je me suis engagé comme pompier volontaire à Gray. J’ai aussi envie de changer les choses. Je ne me serais pas engagé si tout me convenait. Concrètement, je me suis porté candidat quand le précédent maire a dit qu’il ne se représenterait pas. Je n’ai pas vraiment cru à l’éventuelle mise sous tutelle par la préfecture mais comme personne ne voulait prendre la suite, je me suis dit pourquoi pas moi. J’ai essayé de faire la liste la plus utile, avec des gens qui se complètent et des personnes expérimentées. Je pense par exemple qu’on est complémentaires avec mon adjointe Michelle Mallegol, qui connaît bien la gestion municipale. J’ai envie de mener à bien des défis qui ne sont pas du tout politiques mais des choses très concrètes pour la commune : le réseau d’eau à refaire, des trottoirs, un CCAS que j’espère mettre en place.  Notre commune est petite (487 hts) mais elle a ses écoles, son périscolaire, l’eau en régie directe, une agence postale, une église…  On a les contraintes d’une ville de 1500 hts mais pas les mêmes services municipaux. Tout cela demande de l’implication. J’apprends sur le tas !

Etre jeune est-il un handicap ?
J’ai commencé à 21 ans et on sentait les gens frileux par rapport à ça. Mais j’ai surtout mis en avant une équipe et une dynamique que je voulais créer. Un maire ne travaille pas tout seul. Cela dit, les jeunes qui ont envie de s’engager peuvent y arriver. J’aimerais en impliquer d’autres.

Comment voyez-vous votre rôle d’élu ?
D’abord comme celui d’aider les gens. Essayer d’être à l’écoute, disponible sans être à disposition, de trouver des solutions aux problèmes. L’avantage ici est que l’on connaît tout le monde et qu’il y a un esprit de solidarité entre les habitants. Au début de la crise sanitaire, lorsqu’on a voulu fabriquer des masques en tissu, on a eu 30 bénévoles ! On est fait pour vivre en société, une commune est comme une grande famille où il faut que chacun mette du sien. Mon rôle est aussi d’être chef d’orchestre, d’organiser les choses pour que tout fonctionne.

Quelles sont vos principales tâches ? Quel temps y consacrez-vous ?
Si je comptais ! Je pense que c’est au moins 40 h par semaine. En moyenne, j’ai 3 ou 4 rendez-vous par jour. Il y a beaucoup d’administratif pur et dur qui prend un temps important. Une décision, c’est beaucoup de formulaires à remplir. Le suivi des gros projets demande également beaucoup de temps. Il y a également 6 conseils municipaux par an. Je fais aussi partie de l’association des maires de Haute-Saône. Et puis il y a des impondérables. Dernièrement, il y a eu un signalement de mal-logement. Dans ce cas, c’est au maire de faire l’inspection. Il faut aller sur place, faire un PV de constatation, mettre en demeure le propriétaire. C’est compliqué et cela demande du temps. Mais je répète que l’important est l’équipe municipale, qui permet de se répartir les rôles.

Après presque un an d’exercice, est-ce que cela correspond à ce que vous imaginiez ? Avez-vous eu des surprises, des déceptions ?
Oui, cela correspond mais j’avais sous-estimé les lourdeurs administratives. L’autre jour, on a dû envoyer 1,5 kg de papier à la préfecture. C’est fatigant, c’est trop bureaucratique. On a l’impression qu’il y a toujours plus de normes et d’obligations. Mais le plus compliqué est peut-être de devoir mettre d’équerre le budget.

Ces fonctions vous plaisent-elles ?
Bien sûr car beaucoup de choses ont avancé. Mais un an, c’est peu alors qu’on est obligé de raisonner à long terme sur les gros projets, ceux qui me tiennent à cœur. Il se réfléchissent sur une dizaine d’années, au-delà du mandat. Le réseau d’eau, c’est un peu les travaux du siècle ici ! Les parcelles forestières, ça se gère sur du très long terme. Alors j’essaie toujours de me poser la question de ce que sera la commune dans 20 ans. Il faut se projeter sur un temps plus long qu’un mandat de 6 ans. Mais je ne me pose pas la question d’un autre mandat ou d’autres charges électorales. Pour l’instant, j’ai de quoi faire ! Je me rends compte aussi que je suis mieux sur le terrain que dans un bureau. C’est peut-être un retour aux sources. Je suis d’une famille d’anciens bûcherons.

Recueilli par Stéphane Paris
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