février 2013

Carbon Airways prend son envol

Eléonore a 16 ans, son frère Enguérand, 15. En un an, ils sont devenus une des sensations de la scène electro française.
Photo Yves Petit

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Carbon Airways, c’est d’abord un contraste. Un contraste entre deux lycéens comme les autres, sympas, les pieds sur terre, pas perturbés par ce qui leur arrive et leur musique, qu’ils qualifient eux-mêmes « d’electro punk hardcore ». Ce sont pourtant bien eux qui ont étonné les Transmusicales, conquis les Eurockéennes, été invités au gigantesque festival electro Ultra music à Miami, où ils étaient programmés le même jour que Justice, Fatboy Slim ou Carl Cox.

Les sources
«Au départ, on a commencé la musique à 6 et 7 ans en faisant du violon et du violoncelle au Conservatoire. Par la suite, on a joué de la basse et de la guitare et commencé à faire des duos ensemble. Comme on ne pouvait s’enregistrer, on a commandé un ordinateur et des logiciels à Noël 2009. En même temps, on écoutait beaucoup de choses. En fouillant dans les CD de nos parents, on a découvert Pink Floyd, Prong, Soul Wax, Ministry. Ensuite on a complété notre culture musicale avec Internet».

Le nom
«Le carbone est à l’origine du vivant sur la planète. Quand il se cristallise, il forme du diamant, matière qui sert à écouter les disques vinyles. Airways, c’est la voie aérienne, l’évasion».

Les débuts
«En 2009, aux Eurockéennes, on a vu the Prodigy et on a pris une claque énorme. C’est ce qui nous a donné envie de nous lancer. On a commencé à composer et nos parents nous ont encouragés à continuer. Pour l’anecdote, en 2009 on a également vu Cypress Hill et 3 ans après on se retrouvait avec eux dans la programmation. Tout a vraiment commencé lors d’un concert au Marquis à Besançon. Le programmateur de la soirée nous a conseillé de prendre contact avec le Citron vert, association locale de musique electro. Ils ont cru en nous et c’est comme ça qu’on s’est retrouvés aux Transmusicales. Là-bas, on a été repérés et invités à l’Ultra music festival de Miami. Depuis, on a un tourneur professionnel à Montpellier et on a signé avec Polydor-Universal. Tout ça s’est fait de rencontre en rencontre, c’est un milieu où tout le monde se connaît. Pour le label, on avait plusieurs propositions mais on a choisi Polydor car il y avait une volonté d’accompagnement dans le perfectionnement technique et un respect de notre identité musicale. On garde une liberté dans ce que l’on fait».

La scène
«Le plus impressionnant, c’était les Transmusicales parce que c’était la première fois que l’on jouait devant autant de monde. Miami aussi c’était quelque chose ! En général, on ne se pose pas trop de question. On évolue sur scène au feeling, à l’intuition. Il y a certains gestes que l’on refait parce qu’on se dit après coup que c’était pas mal».

La notoriété
«Au Conservatoire ou au lycée, on ne nous en parle pas trop. Certains savent ce qu’on fait, mais sans plus. De notre côté, on est tranquille, on profite de ce qu’on vit. Ce n’est que du bonheur».

La musique
«On aime beaucoup de styles et on aime mélanger des sons qui viennent du hardcore, du rap, du rock psychédélique. On écoute toujours pas mal de choses, en ce moment surtout du rap, de l’electro, du dubstep. Actuellement, on aime bien Dog Blood, Ratking, Rick Ross, Foreign Beggars ou encore « Sweden » de Two Fingers.
Mais pour composer, on part de ce qui est dans nos têtes, sans penser à telle ou telle influence. On expérimente beaucoup en se concentrant sur ce qui nous vient, même si tous les artistes ont des influences. Comme la semaine, on ne fait que se croiser, on compose surtout le week-end».

Stéphane Paris
Infos
www.carbonairways.com

Playlist des antécédents
L'electropunk a une histoire. Résumé en 15 titres.
1977 Suicide (Ghost rider)
Pourtant fondé sur une base minimale, ce duo est l’un des plus séminaux de la musique actuelle, influençant tous les genres electro (et au-delà) qui les ont suivis. Punk ? Ils utilisaient le mot sur leurs tracts à New York au tout début des années 70. La recette : Alan Vega aux voix, cris, hurlements, Martin Rev dans la salle des machines. C’est tout. Incompris en 77, invités à la fondation Cartier 30 ans plus tard.

1978 The Screamers (The scream)
Le terme synth punk leur sied. Guitare sommaire, éructations en guise de chant d’un côté, descente de notes de synthé de l’autre. «This is a song about a scream that turned sour» : dans l’aigreur, le groupe n’oublie pas de faire des jeux de mots.

1978 Throbbing Gristle (United)
Bruitiste, punk, electro ? Avant tout étrange comme son leader Genesis P. Orridge. Musicalement, la première version du groupe  associait des éléments traiditionnels à des sons, des samples et beaucoup de synthés.

1978 Cabaret Voltaire (Nag nag nag)
Comme le punk en tant que genre musical était essentiellement porté sur le line-up classique «chant», basse, guitare, batterie, l’apport de machines a très vite généré la naissance du terme postpunk. Mais l’esprit demeure (les punks ayant un peu de mal à admettre les synthés, Cabaret Voltaire comme leurs contemporains anglais Throbbing Gristle sont en quelque sorte les punks des punks).

1979 The Units (I-night)
L’un des premiers groupes américains à œuvrer dans le synthpunk. Le synthé vrille dans les stridences pour accentuer la voix agressive.

1981 DAF (Liebe auf den ersten Blick)
Par l’intermédiaire des synthés, le punk fait le grand écart entre Kraftwerk et la new-wave. Le chant, allemand et contestataire. L’idée : refuser le rock anglais, bras avancé de la culture américaine. Sinon il est question d’amitié franco-allemande et de coup de foudre.

1981 Einstürzende Neubautent (Kollaps)
Après la vague krautrock, ces Allemands s’emparent du genre pour le mener à la création d’un autre, l’indus (pour industriel). Est-ce punk ? C’est aussi radical et menaçant en tout cas. Est-ce de la musique ? Pas toujours.

1989 Nine Inch Nails (Head like a hole)
Venu de l’underground, Trent Reznor a porté son groupe en tête de gondole internationale en associant – et en adoucissant, d’où le succès - sons indus, gimmicks Red Hot Chilli Peppers et chant agressif.

1995 Atari Teenage Riot (Speed)
Plus hardcore que punk et plus techno qu’electro : le groupe allemand d’Alec Empire potentialise le genre.

1996 The Prodigy (Firestarter)
L’apparence de Liam Howlett fait directement référence à la scène punk. La musique, elle, s’empare des bases posées par les Chemical Brothers pour les pousser dans les cordes.

1999 The Dust Brothers (Stealing fat)
Un duo de producteurs américains qui a débuté dans les années 80, travaillé dans le hip-hop ou le rock et dont leur travail sur la BO de «the Fight club» est représentatif du durcissement de l’electro. Une influence notable quand on sait que les Chemical Brothers ont d’abord voulu s’appeler comme eux, en hommage.

2000 Horse the Band (Secret rhythm of the universe)
La guitare grince, le tempo accélère et ralentit sans vraiment de raison, le chant hasardeux est accompagné de chœurs étranges avant des riffs et des breaks posés comme ça. L'approximatif est punk. On a parlé de nintendocore à leur sujet.

2004 Ministry (No W)
Venu de la new wave, Al Jourgensen et ses comparses de Chicago sont passés à un mix metal/indus, en conservant le goût des synthés.

2004 Death From Above 1979 (Cold war)
Ces Canadiens rattroupent les influences. Sur ce titre, le chant oscille entre scène hardcore et pop-punk, la batterie est punk, la basse postpunk et certains passages viennent grunge. Ce qui peut expliquer un filed under noise pop.

2006 MSTRKRFT (Easy love)
On a dérivé. Ces Canadiens annoncent de l’electro house ou du dance punk, selon. C’est donc une sorte de ramification electropunk. Les choses se brouillent, surtout qu’il leur arrive de remixer du hip-hop, du heavy rock, de la pop, ce qui leur passe sous la main.

2005 Soulwax (Any minute now)
Avec ces Belges, le genre adopte ses contours : beaucoup plus electro que punk, dont il reste essentiellement l’énergie.


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