septembre 2020

Enzo Lucia, photographe de jadis

Ce Bourguignon de 25 ans, installé à Chalon-sur-Saône, sillonne la France pour tirer le portrait comme on le faisait autrefois.
Photo Apolline Cornuet
Enzo Lucia, photographe de jadis Enzo Lucia, photographe de jadis Enzo Lucia, photographe de jadis

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Au volant de son van, Enzo Lucia parcourt les routes de France, de Suisse et de Belgique. Dans son coffre, un appareil photo à soufflet de 1910, une chambre noire portative, de l’éclairage, des chimies faites maison… Bref, un véritable studio photo ambulant qu’il installe, le temps d’un week-end, dans des boutiques de tatouage, dans des friperies, dans des bars, ou lors de festivals de musique, de motos… Ce qu’il propose : se faire tirer le portrait à l’ancienne.
Le Bourguignon de 25 ans réalise des portraits au collodion humide. Un procédé mis au point en 1850 qui permet d’obtenir des clichés en noir et blanc d’une finesse incroyable. « Le résultat est fou, s’enthousiasme le jeune homme. Ça a une vraie valeur pour moi de se faire tirer le portrait comme à l’époque, en prenant le temps. On obtient une image unique, qui ne bouge pas dans le temps, que l’on exposera peut-être dans son salon et qui va se transmettre. Chose qu’on n’a plus maintenant avec le numérique : on prend une photo, on la met sur une clef USB, et au bout de dix ans, on ne sait même plus où elle est… »
Pour réaliser ces photos, il commence par étendre une émulsion, qui s’appelle le collodion - un mélange d’alcool à 95 %, avec une faible pourcentage d’éther et de sel chimique, sur une plaque de verre ou de métal. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’argent pendant trois minutes, pour la rendre photosensible. Puis, elle est placée dans l’appareil. Viennent alors la prise de vue et le développement de la photo en chambre noire. Toutes ces étapes doivent être réalisées en moins de dix minutes, au risque que la plaque sèche si c’est davantage. Cette technique, complexe et artisanale, demande beaucoup de travail et des jours de préparation.

Photographe autodidacte

S’il manie aujourd’hui très bien les appareils photos de jadis, il a commencé la photo, à 12 ans, avec un simple appareil photo numérique. « J’ai fait pas mal de photos de sport, surtout dans le skate et le BMX car ce sont mes centres d’intérêt, détaille le natif de Chalon-sur-Saône. C’est quelque chose d’hyper esthétique que j’adore shooter. Petit à petit, j’ai fait des portraits de gens qui m’entouraient. »
Puis, il découvre l’argentique et passe des heures en chambre noire. « J’ai trouvé ça tout de suite 1000 fois plus intéressant que le numérique. L’image est beaucoup plus mise en valeur, et puis, il y a un taf énorme derrière. »
Cet autodidacte se passionne pour la photo mais a du mal à imaginer qu’on puisse vivre de cette activité. À l’époque, l’adolescent se voit plutôt travailler dans l’industrie du skate. Après le collège à Givry, il passe un bac pro commerce dans sa ville natale. Il travaille ensuite dans une boutique de skate à Chalon, puis dans le magasin d’une célèbre marque appréciée des skaters à Lille et à Lyon. À 23 ans, un peu las du commerce, il s’envole pour Montréal, au Québec, pour travailler dans une boutique de photo. « On faisait tout à la main, on réparait des argentiques, on en vendait... C’était vraiment axé sur la photographie alternative et ancienne », indique-t-il.

Un studio photo permanent à Chalon-sur-Saône

De retour en France après plus d’un an au Canada, il se penche sur le collodion humide. Pendant des mois, il se documente et expérimente. « C’est comme ça que j’ai monté le studio, en même temps que j’apprenais, relate-t-il. Ça a été un peu long et même aujourd’hui, je peux être surpris et je continue d’apprendre. »
Il vit maintenant de son activité. Et si être sur la route le fait vibrer, il compte aussi ouvrir un studio photo à Chalon, où l’on pourra venir se faire photographier. Il aimerait également y proposer des ateliers « pour faire découvrir les techniques de tirages alternatifs que l’on peut reproduire chez soi ».
Il a trouvé un local en plein centre-ville, qu’il rénove en vue d’une ouverture en décembre, idéalement. Il n’est pas revenu là par hasard : Chalon est la ville où il est né, mais c’est aussi le berceau de Nicéphore Niepce, l'inventeur de la photographie. « J’ai vraiment envie de faire vivre la photographie ici, explique-t-il. Il y a un passé extraordinaire et sincèrement, presque personne n’est au courant. »
En savoir plus
enzolucia.com

Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Des mentions au concours de piano d'Epinal


mai 2022
Des élèves bisontins de Christine Lambert ont participé au programme piano du concours artistique d'Epinal, le 3 avril. Avec des belles prestations puisque Minh-Long Ngo a obtenu la mention bien à l'unanimité, Leila Boudot et Ernad Husejinovic ont obtenu la mention très bien et Anh-Khoa Ngo la mention très bien à l'unanimité.

Marion Roch rend hommage aux soignants


juillet 2020
La Bisontine Marion Roch vient de faire paraître "Les 1000 pieuvres" chanson dédiée aux soignants, auxquels tous les profits générés seront reversés. Une chanson écrite en deux étapes : en 2016, elle découvre le quotidien des soignants lorsqu'elle accompagne pendant 5 mois sa grand-mère à l'hôpital. Début 2020, lorsqu'on parle une fois de plus des conditions difficiles des soignants, elle reprend ses idées, recueille des témoignages et écrit cette chanson. Sans se douter qu'elle allait sortir en pleine crise sanitaire, troisième référence inopinée de son texte. Disponible en single, à écouter et partager sur youtube

« Citadelle »


décembre 2019
On vous laisse apprécier ici le nouveau morceau electro de l'artiste bisontin Sorg, "Citadelle", hommage à sa ville, accompagné d'une réalisation 100% locale : morceau produit et mixé par Sorg, masterisé par Thomas Fournier, visuel réalisé par Ornella Salvi, prises drones par Jean-Philippe Putaud (Apollo77) et réalisation et montage de la vidéo par Christophe Roy (MS Studio / Mesh Photography).

Great hat persévère


novembre 2018
Après "Namantius", l’association de cinéma bisontine a poursuivi ses activités, en tournant notamment "Clair obscur", un court métrage sur Gustave Courbet lors de son retour à Ornans pour peindre son tableau "Enterrement à Ornans". Originalité du projet, il a été mené en partenariat avec l'école de musique Amuso qui joue la musique en direct lors des projections."Clair obscur" est passé par un financement participatif sur ulule.

#Quiproquo


octobre 2018
Un film d'action de 26 mn tourné à Besançon à partir d'une histoire vraie. Le 3e court métrage de Liil Serge Mbeutcha est dans son genre une réussite : scènes d'action très pros, images et montage soignés. Armé de l'enthousiasme et du dynamisme permettant de franchir les obstacles compliqués qui émaillent toute réalisation cinéma, le jeune homme est près pour se lancer dans le long. Trailer ici.
Voir tout