mars 2022

Handicap : s’insérer grâce au chantier nautique de Deluz

Alexy, 22 ans, et Christopher, 31 ans, tous deux en situation de légère déficience intellectuelle, entretiennent des bateaux sur le chantier nautique d’insertion de Deluz, près de Besançon.
Photo Mathieu Cugnot
Handicap : s’insérer grâce au chantier nautique de Deluz

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Masque sur le nez et ponceuse en main, Christopher polit la coque d’un petit bateau électrique. Il passe régulièrement la main dessus, pour contrôler le résultat. Depuis 2 ans, le jeune homme de 31 ans travaille sur le chantier nautique de Deluz. Dans un immense hangar au bord du canal du Rhône au Rhin, l’entreprise Solidarité Doubs Handicap (SDH), établissement public médico-social, emploie des personnes handicapées pour entretenir les bateaux des plaisanciers.
Comme Christopher, Alexy, 22 ans, souffre d’une légère déficience intellectuelle. Il a également des problèmes de vue. Penché et concentré, il s’applique à lasurer les mains courantes en bois d’un bateau. Voilà à peine un mois qu’il a rejoint l’équipe du chantier nautique. Avant, il travaillait au Centre des handicapés au travail (CHAT) de Besançon, un autre Esat (établissement et service d’aide par le travail) géré par SDH, mais il a eu envie de changer. « Ici, les tâches sont plus variées, s’enthousiasme-t-il, j’apprends de nouvelles choses. »
En deux ans, Christopher a lui aussi pu acquérir de nouvelles connaissances au sein du chantier : « Je connais différents types de bateaux, de moteurs », liste-t-il. « J’adapte les activités que je leur confie à leurs compétences, détaille Claude Matrot, gérant du site. Certaines tâches sont trop complexes, mais il y en a plein qu’ils peuvent faire », assure-t-il. Aujourd’hui, pour rentrer un bateau dans le hangar, Christopher s’active : il guide Claude, lui passe une échelle, enlève les supports qui bloquaient l’embarcation…

Un rythme plus lent

« Nous avançons à un rythme plus lent qu’un chantier classique, concède Claude, mais le travail fourni n’est pas de moins bonne qualité. Notre structure est là pour protéger les travailleurs, faire preuve de patience et de bienveillance envers eux », ajoute-t-il. Christopher confirme : dans le « milieu ordinaire », où il a travaillé quelques mois, il avait « du mal à suivre la cadence ». Titulaire d’un CAP de peintre en bâtiment, le jeune homme a eu du mal à retrouver du travail. Au chantier nautique, il renoue avec le milieu professionnel : les collègues, les horaires… « Il est tous les jours à l’heure », observe Claude Matrot.

Objectif : le milieu ordinaire

Seul détenteur du permis de conduire parmi ses collègues, Christopher les transporte lors de leur pause déjeuner. « Son comportement a évolué en deux ans, rapporte également son responsable : lorsqu’il est arrivé au chantier, il restait souvent dans son coin, ou charriait les autres. Ici, il a trouvé une ambiance familiale qui lui convient. » Pour Alexy aussi, bien s’entendre avec ses collègues est un point primordial. Jusqu’à présent, ce nouveau poste lui convient. « L’objectif du chantier est qu’ils acquièrent une certaine autonomie afin de retourner dans le milieu ordinaire, expose Claude Matrot, mais ce n’est pas toujours possible. » Alexy a déjà un projet défini : il aimerait travailler dans une casse automobile. « C’est un rêve depuis tout petit », confie-t-il. Mais il a peur qu’on lui reproche de « ne pas aller assez vite ». Ici, il reprend confiance en lui : « Je me rends compte que je me débrouille bien », sourit-il.

Camille Jourdan
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