mai 2020

Pro des jeux vidéos

Champion du monde du Gran Turismo en 2018, Vincent Rigaud, étudiant originaire de Besançon, fait aujourd'hui partie d'une équipe internationale. Il raconte le quotidien intensif d'un e-sportif. « L’entraînement est le plus important ».
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A quel âge as-tu commencé à jouer aux jeux vidéo ?
J’ai commencé à jouer aux jeux vidéo vers l’âge de 7-8 ans. Aujourd’hui, j’y passe beaucoup plus de temps que lorsque j’étais en primaire/collège/lycée, car à cette période on me demandait de faire d’abord mon travail scolaire. Je pense que c’est une bonne chose que les jeunes de nos jours ne passent pas à côté de leurs études prébac pour trop jouer aux jeux vidéos.

Comment s’est fait le passage d'amateur à pro ?
Depuis mes 7-8 ans je joue aux jeux de la franchise (série d’un même jeu ndlr) Gran Turismo et à 20 ans, lorsque je jouais à ce jeu, j’ai été repéré par une équipe d’e-sport. Ensuite, je me suis qualifié pour une compétition retransmise à la télévision dans laquelle je n’ai pas brillé du tout, mais je me suis entraîné pour progresser jusqu’à réussir à me qualifier pour les finales mondiales du championnat officiel.

Quel est ton palmarès ?
En 2018, j’ai été champion du monde du championnat des constructeurs FIA/Gran Turismo Sport (Fédération internationale de l’automobile ndlr). C’était le premier championnat de sim-racing (compétition virtuelle) organisé en partenariat officiel avec la FIA, nous étions donc les premiers joueurs à recevoir une récompense au gala annuel de la FIA en compagnie des pilotes du monde réel. Cette victoire s’est faite en équipe avec un joueur Japonais et un Américain qui s’étaient eux aussi qualifiés dans leur région respective.

Y a-t-il un tournoi, un championnat qui t’a marqué ?
Cette finale mondiale 2018 du championnat FIA/GTC, car j’y ai en quelque sorte réalisé un rêve d’enfant qui était de devenir pilote de course, donc gagner l’honneur d’aller recevoir une récompense au gala annuel de la FIA était mon moyen de toucher du doigt ce rêve.

Comment pratiques-tu l’esport ?
Depuis 2019, je fais partie d’une équipe d’esport (je suis passé par 3 équipes différentes) basée au Canada possédant des joueurs et équipes évoluant sur de nombreux jeux différents. Je fais partie de leur pôle sim-racing, avec d’autres pilotes virtuels venant d’Angleterre et de France. J’y suis entré à la suite de mon départ de ma précédente équipe, ils m’ont contacté et m’ont proposé un contrat. J’ai reçu du matériel de nos sponsors mais je ne suis pas rémunéré.

Est-ce compliqué d’allier vie étudiante/professionnelle avec l’e-sport ?
Oui c’est assez compliqué, l’un des meilleurs alliés d’un joueur professionnel est le temps qu’il a à consacrer à son entraînement, donc avec les cours et le fait que je ne puisse jouer que les week-ends c’est assez difficile de se maintenir à un bon niveau. En 2018 je me suis qualifié pour la finale mondiale en jouant en moyenne 8 h par jour durant toutes mes vacances d’été et en ne prenant qu’un seul jour de pause. Maintenant que je joue plus pour le plaisir je ne passe plus autant de temps à m’entraîner.

Pour les tournois, comment te prépares-tu ?
En général, on reçoit le programme de l’événement quelques jours avant de partir, cela nous laisse le temps pour s’entraîner sur les différentes courses de la compétition. On s’essaie de trouver quelques partenaires d’entraînement afin de s’entraider et de trouver les petits détails qui feront la différence le jour de la compétition. Je n’ai pas de diététicien ou de coach mental car je joue depuis chez moi, mais de nombreuses équipes professionnelles ont ce que l’on appelle des « gaming-houses » dans lesquelles les joueurs vivent et s’entraînent et ont recours à ce type de personnes pour aider leurs joueurs à se maintenir en forme et pouvoir ainsi être à 100 % en toute circonstance.

Comment vois-tu l’avenir?
Si j’arrive à la fin de mes études de langues (je suis étudiant en LLCE anglais (1)), je pense devenir professeur ou traducteur. Pour ce qui est de l’e-sport, je continue d’essayer de trouver des opportunités qui me permettent de continuer à prendre du plaisir dans ce monde (peut-être commentateur ou analyste). Mais je ne mise pas tout sur l’e-sport, étant donné que c’est un domaine en plein développement où rien n’est réellement assuré.

Y-a-t-il une lassitude qui s’est créée ou qui peut se créer dans le futur à pratiquer l’esport ?
Je pense que tant que lorsque l’on aime ce qu’on fait il n’y a pas de problème de lassitude. Evidemment parfois on voit certains joueurs professionnels changer de jeu mais cela est, je pense, plus dû à un effet de « mode » ou bien encore qu’ils s’y sentent plus à l’aise.

Quel avis as-tu sur l’e-sport aux Jeux olympiques ?
Je suis bien évidemment pour, mais le plus important est de trouver le/les jeux qui seraient adaptés à ce genre d’événement. Je me doute qu’il existe de nombreuses contraintes mais je pense que dans un futur proche on pourra assister à des compétitions e-sport aux Jeux.

Si un jeune amateur voulait devenir professionnel comme toi, quels conseils lui donnerais-tu ?
Tout d’abord je dirai qu’il faut accepter le fait qu’on ne peut pas être excellent si l’on ne passe pas un minimum de temps à s’entraîner. Evidemment certains auront plus de facilités que d’autres mais l’entraînement est le plus important. Il faut aussi observer, moi-même j’analysais les rediffusions de certains joueurs afin de m’approprier les techniques qu’ils utilisaient et qui leur donnaient un avantage sur moi.
Le plus compliqué dans le monde de l’esport est je dirais le faible effectif de gamers qui parviennent réellement à devenir professionnels. En devenant champion du monde en 2018 je n’ai pas gagné d’argent, et je ne suis pas rémunéré par ma structure, nous recevons du matériel de nos sponsors mais pas d’argent. En général plus un jeu est populaire, plus les sponsors sont prêts à payer des joueurs pour qu’ils les représentent, plus il y a de joueurs et donc de candidats potentiels qui peuvent être meilleurs que vous.

Recueilli par Mathilde Etienne
En photo
Vincent Rigaud (à g. sur la 2e photo) champion du monde 2018 avec le Japonais Kanata Kawakami et de l’Américain Tyrell Meadows,

(1)
Langues, littératures et civilisations étrangères.

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